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Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu'à ce qu'un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu'un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu'à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l'avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l'équilibre entre les deux mondes.



Se rendre au cinéma pour voir un film d'épouvante récent est devenu une véritable épreuve.‭ ‬Entre de trop rares bonnes surprises‭ (‬j'ai beaucoup aimé‭ ‬"It follows",‭ ‬par exemple‭)‬,‭ ‬il faut quand même se farcir toute une brochette d'oeuvres plus ou moins mauvaises,‭ ‬d'autant plus difficiles à trier que certaines sont mystérieusement accueillies de façon positive‭ (‬je ne comprends toujours pas le succès de‭ ‬"Conjuring" ou de‭ "‬Mister Babadook"‭)‬.‭ ‬Alors quand‭ "‬The Door" arrive,‭ ‬avec en tête d'affiche l'une des actrices les plus irritantes de ces dernières années‭ (‬Sarah Wayne Callies,‭ ‬qui a donné des envies de baffes aux fans de‭ "‬Prison Break" et de‭ "‬The Walking dead‭") ‬et une réputation désastreuse,‭ ‬c'est à reculons que l'on décide de se déplacer quand même...



Produit par Alexandre Aja,‭ ‬ce qui n'est pas vraiment un gage de qualité,‭ ‬The Door nous propose‭ ‬de suivre une famille américaine installée en Inde,‭ ‬avec la possibilité,‭ ‬comme l'avait fait le remake de‭ "‬The Grudge" il y a quelques années,‭ ‬d'évoquer les thèmes du dépaysement,‭ ‬du choc des cultures,‭ ‬de la confrontation entre le rationnel occidental et les superstitions locales.‭ ‬Hélas,‭ ‬si nous aurons droit à quelques éléments issus du folklore indien‭ (‬les Aghoris,‭ ‬l'idée de réincarnation...‭)‬,‭ ‬le film choisit d'ignorer tout cela,‭ ‬se contentant d'aligner paresseusement les idées empruntées ailleurs.



On retrouve ainsi un peu de cinéma d'épouvante américain‭ (‬de‭ "‬Simetierre" à‭ "‬L'Exorciste"‭)‬,‭ ‬un peu d'européen ou de japonais‭ (‬le fantastique naissant avec le drame familial rappelle‭ ‬"L'Orphelinat" ou‭ "‬Dark Water",‭ ‬et le démon lorgne clairement du côté de Sadako et de Kayako‭)‬,‭ ‬pour un résultat sans imagination ni identité.‭ ‬The Door aligne les clichés,‭ ‬multiplie les jump-scares...‭ ‬et enfonce toutes les portes ouvertes.‭ ‬Oui,‭ ‬le fantôme jouera à cache-cache,‭ ‬fera bouger quelques objets,‭ ‬s'essaiera à la musique,‭ ‬tandis que le démon se contentera de faire peur à l'héroïne,‭ ‬le tout sous l'oeil méfiant de la domestique,‭ ‬qui après avoir expliqué à Sarah Wayne Callies comment communiquer avec son fils décédé,‭ ‬lui reprochera d'avoir ouvert la porte :‭ ‬mais tu t'attendais à quoi,‭ ‬connasse ‭? ‬Tu pensais que ta gentille patronne occidentale suicidaire,‭ ‬qui n'en a rien à foutre de tes croyances,‭ ‬obéirait bien gentiment à une instruction formulée du bout des lèvres et résisterait à l'envie d'ouvrir la porte au fils dont elle se sent responsable du décès ‭? ‬Alors que tu ne l'as absolument pas prévenu des conséquences ‭? ‬Alors que la porte en question est l'unique issue du temple ‭?



Trop banal et stéréotypé pour faire peur, le film se plante également sur l'aspect dramatique : à aucun moment on ne ressent de la peine pour cette mère qui a perdu son fils et se sent coupable de l'avoir abandonné. Là encore, on nage en plein déjà vu et au milieu des clichés, un peu comme dans Babadook. Il faut dire aussi que le choix de Sarah Wayne Callies dans le rôle est une monumentale erreur, le spectateur ne pouvant à aucun moment s'identifier à l'actrice qu'il a si souvent détestée par le passé, quand bien même son interprétation n'est pas totalement honteuse.

Je ne pourrai donc que vous conseiller d'éviter ce film, nouvelle entrée sans saveur dans la longue liste des films d'épouvante contemporain aussi vite oubliés que vus. Dommage, car il y avait sans doute de belles possibilités avec l'aspect dramatique couplé à l'aspect fantastique, ou avec le folklore indien...








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