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Dans la ville de New York, le policier Ralph Sarchie enquête sur une série de crimes. Très vite, ce dernier va comprendre que tous ces crimes perpétrés sont en lien avec une seule et même personne : un ancien militaire parti en Iraq en 2010 avec les Forces Armées Américaines. Cet homme, inquiétant et difficile à trouver dans le grand labyrinthe urbain que forme la Grosse Pomme, possèderait ses victimes pour leur faire faire des actes abominables. Aidé par un prêtre spécialisé dans les rituels d’exorcisme, le lieutenant Sarchie va tenter de lutter contre cette vague de crimes.



Attention : cette critique contient un léger spoiler sur ses trois derniers paragraphes.


Réalisateur de quelques films fantastiques dont nous retiendrons principalement "sinister" et "l’exorcisme d’Emily Rose", Scott Derrickson nous livre un nouveau film de possession intitulé "délivre-nous du mal".
Pas autant médiatisé que son "sinister", ce film n’est pas resté à l’affiche très longtemps au cinéma et sa sortie en dvd/blu-ray a été des plus discrètes sur le marché français. Etonnant de voir le cirque médiatique qu’ont fait des "the baby", "Annabelle" et autre "ouija" et "paranormal activity" alors que ce "délivre-nous du mal" est de bien meilleure qualité assurément !

Des défauts, il y en a dans ce film de Scott Derrickson c’est indéniable (et nous allons le voir en toute fin de chronique) mais ce dernier possède également quelques qualités que nous aimerions bien voir dans toute cette masse de films traitant d’exorcisme et de possession que l’on nous balance chaque année au cinéma et en festival.

Car oui, soyons francs : les films de possession et d’exorcisme ont le vent en poupe depuis pas mal d’année maintenant, à tel point que le public est proche de l’overdose. Scènes vues et revues, scénarios souvent bâclés et sans grande originalité, frissons quasi inexistants... Tant de choses qui malheureusement se répètent bien trop souvent ces dernières années dans ce sous-genre surexploité. Un spectacle d’autant plus triste que la plupart de ces films font de bien jolies recettes et trompent les amateurs que nous sommes, toujours plein d’espoir de voir enfin un film sortir du lot. Des espoirs souvent anéantis par des productions à la qualité bien loin de nos attentes...



Alors, certes, une poignée de films traitant de possession et d’exorcisme parviennent encore à nous surprendre et à nous enthousiasmer un temps soit peu comme ce fut justement le cas de "l’exorcisme d’Emily Rose" de Scott Derrickson avec son scénario axé sur une affaire portée au tribunal ou encore "le projet atticus" avec ses approches scientifiques et politico-économiques.

Inspiré du livre "beware the night" de Ralph Sarchie et Lisa Collier Cool (dont il ne gardera pas le titre en raison d’importantes modifications apportées par Scott Derrickson et son compère Paul Harris Boardman), "délivre-nous du mal" parvient comme les deux films précédemment cités à tirer son épingle du jeu en sortant quelque peu des sentiers maintes fois battus dans ce sous-genre horrifique.

Alors que cette énième phrase "tirée d’une histoire vraie" aurait pu en rebuter plus d’un, nous constatons avec surprise que le film bénéficie d’un traitement plus original que la majeure partie des films du moment. Cette intrigue sous fond d’enquête policière retient notre attention pendant 1h30 environ, le spectateur étant invité à suivre le déroulement d’une enquête qui ne manque pas de rebondissements. De la découverte de nouveaux indices et de nouvelles victimes en passant par des rencontres avec de nouveaux personnages et des altercations avec d’autres, "délivre-nous du mal" nous tient en haleine jusqu’à son final sans le moindre problème. L’ambiance fort angoissante de certains passages (une traque dans un zoo en pleine nuit, la visite d’un sous-sol d’une maison apparemment hantée, la visualisation des enregistrements effrayants de caméras de surveillance, une marche inquiétante le long de cellules renfermant des malades mentaux et rappelant "le silence des agneaux"...), des jumpscares souvent efficaces disséminés un peu partout et des possédés parfois terrifiants donnent au film de Scott Derrickson un plus non négligeable pour ce qui est de l’aspect « frayeur ».



Le casting quant à lui tient plutôt bien la route. En effet, même si Eric Bana ("chopper", "la chute du faucon noir", "Troie", "Munich"...) assure le minimum syndical dans le rôle du lieutenant Sarchie, nos possédés sont eux réellement effrayants (brutaux et passant leur temps à se gratter, ces derniers sont de véritables piles sur pattes par moments) et parviennent à apporter au film un souffle de terreur supplémentaire comme dit ci-dessus (mention spéciale à certains maquillages fort réussis).

Fort intéressant durant 1h30, le film le sera malheureusement beaucoup moins dans son final. Manquant d’originalité et comportant la scène presqu’inévitable de l’exorcisme que l’on retrouve habituellement dans ce genre de production, les 25 dernières minutes de "délivre-nous du mal" s’avèrent bien peu palpitantes et viendraient presque gâcher tout le travail effectué jusque-là. Parfois risible (une musique inappropriée) et souffrant d’un déjà-vu déstabilisant, cet exorcisme ne retiendra notre attention que pour son découpage en plusieurs actes, chose peu habituelle dirons-nous. Les deux compères scénaristes ne nous épargneront pas non plus la morale chrétienne et un happy-end ridicule sous fond de musique qui ne l’est pas moins... Mais alors quelle déception après tant de bonnes choses!!!



Alors que nous étions en droit de nous attendre à une intrigue soutenue et palpitante du début à la fin, "délivre-nous du mal" se termine donc sur un énorme air de déjà-vu. Un sentiment de trahison nous parcourant quand nous nous nous rendons compte que nous avons été entraînés durant 1h30 dans une enquête policière tenant la route et s’avérant fort plaisante pour finalement aboutir à un classique exorcisme et à un happy-end à la limite du supportable (d’autant plus que certaines questions restent sans réponse...).

Un film qui aurait pu devenir un fier représentant du renouveau des films de possession si cette fin trop convenue n’était pas apparue. Enfin, ne boudons toutefois pas le reste du travail (1h30 quand-même !) qui s’avère de fort honnête facture et nous offre un réel bain de fraîcheur dans tout ce déjà-vu qui pullule dans le sous-genre horrifique des films d’exorcisme.