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Greta, une jeune américaine voulant fuir un passé douloureux et débarquant du Montana, est engagée comme baby-sitter par un vieux couple d'anglais. Mais quel n’est pas son étonnement quand elle découvre qu’elle est chargée de garder Brahms, un garçon de huit ans qui n'est autre qu'une poupée ! Croyant tout d'abord à une mauvaise blague, Greta joue l’indifférente au début, puis va se laisser prendre au jeu. Une fois les parents du petit garçon de porcelaine partis en vacances, la jeune femme va également découvrir qu'il y a des règles bien strictes à respecter avec Brahms et que celui-ci lui réserve bien des surprises dans une grande bâtisse anglaise forcément angoissante…



Les courts et longs-métrages avec des poupées ou marionnettes meurtrières ont connu des fortunes diverses : de "La poupée vivante", un épisode effrayant de la série mythique « La quatrième dimension » avec Telly Savalas de 1968, en passant par le pas mal "Magic" tourné en 1978 avec Anthony Hopkins à l’angoissant "Dolls" de Brian Yuzna en 1987, le genre n'a cessé d'inspirer les réalisateurs de films de genre avec plus ou moins de réussite. Que ce soit avec la saga des "Puppet Master" ou celle des "Chucky", on a vu à travers certains opus qu’il y avait à boire et à manger, autrement dit que c’était très inégal. Et ce n’est pas le succès mitigé de "Dead silence" de James Wan en 2007 et le ratage complet de Leonetti avec "Annabelle" en 2014 qui vont prouver le contraire. Pourtant certains s’obstinent et espèrent que la marionnette de porcelaine recèle toujours un potentiel d'angoisse toujours exploitable ! Et quand on apprend que c’est William Brent Bell qui est aux commandes du prochain, on pouvait attendre le pire. Effectivement, voir le réalisateur des pitoyables "Stay Alive", "Devil Inside" et "Wer" s'attaquer au genre des poupées maléfiques n’augurait rien de bon si ce n’est de visionner un énième navet horrifique !



Le gros problème des films de poupées maléfiques, c'est qu'avant d'espérer voir de nos propres yeux le jouet en action (si jamais c'est le cas, parce que dans "Annabelle", on attend encore !), il faut fournir de quoi sustenter le spectateur comme on dit ! Et là, on ne peut pas dire que William Brent Bell soit un expert en la matière ! Que dire en effet des dix premières minutes lors desquelles chaque personnage humain prend la poupée du petit garçon de porcelaine qu’il traite comme un enfant de huit ans !? Risibles !? Que dire également des dizaines de « Y a quelqu’un ? » prononcés par l’héroïne, de son histoire d’amour superficielle avec le livreur de denrées local, de ses réactions complètement incohérentes, des rires et autres pleurs d'enfant entendus çà et là dans les couloirs de la demeure anglaise, des plans fixes et inutiles sur le visage de la poupée. Superfétatoires !? Oui en effet, on pourrait dire ça, il faut bien meubler jusqu’au twist final ma bonne dame ! Nous y reviendrons…



Ainsi, entre deux, trois clichés inhérents à ce type de métrage et des ressorts scénaristiques ultra prévisibles, il ne se passe rien ou presque à l’écran : on s’ennuie ferme alors que la tension ne monte pas, bien que la baby-sitter se retrouve seule dans la grande maison avec la poupée, on finit par faire du sur place jusqu’à la fin et ce, à la différence de "La dame en noir" qui avait su exploiter une situation similaire mais avec plus de maîtrise. En effet, le manoir anglais isolé dans une forêt, n’avait rien de plus classique, mais il présentait un certain charme avec son décor intérieur rempli de boiseries, son ton résolument britannique et l'atmosphère étrange qui en ressortait. Le tout est de plus rattrapé par une bande-son qui vous laissera sans voix car on y trouvera, entre autres réjouissances auditives, du Mozart ainsi que du…Brahms, ça ne s’invente pas !

En outre, la bande-annonce nous faisait miroiter un film bourré de règles à suivre comme : ne pas cacher le visage de Brahms, ne pas le laisser seul ou bien lui donner à manger, lui souhaiter bonne nuit en lui faisant un bisou et ne pas gaspiller la nourriture. Or, ce règlement intérieur a vu ses nombreux points presque tous être non honorés et on s’inquiète quant à ce non respect mais il ne se passe rien et surtout il n’arrive rien de fâcheux à Greta à ce sujet à part un vol de chaussures ! Si ça, ça n’est pas de la publicité mensongère mes amis, je veux bien qu’on me coupe…la barbe !

Mais parlons du gros point faible de The Boy : son twist final ! Alors certes, il est plutôt sympa et assez bien géré mais il ne surprendra que les non-initiés en la matière, pour les autres "Le sous sol de la peur" ou plus récemment "The pact" ou encore "Housebound", entre autres, sont passés par là avant ! Cette fin ne donnera donc jamais l'ampleur suffisante à ce The Boy pour qu'il nous laisse cette réelle impression de bon film de « poupées meurtrières ». Au lieu de cela, on aura plutôt le sentiment d’avoir visionné un "Annabelle" bis en à peine mieux, c’est dire !

Côté casting, le film est l’occasion de voir sur grand écran la très belle Lauren Cohan, assez connue dans le milieu des séries télévisées comme "Chuck", "The Walking Dead" et "Supernatural" et qui commence tout juste à percer au cinéma avec "Batman VS Superman : l’aube de la justice", dans un tout petit rôle. Ici, elle interprète le rôle principal de la jeune américaine débarquant en Angleterre afin de garder la poupée d’un couple de personnes âgées. Malgré cette cocasserie, elle va se prêter au jeu. Certes, elle ne manque pas de charme et on est assez content de voir sa carrière décoller enfin mais bon elle n’est pas non plus transcendante dans un registre maintes fois exploité auparavant et ne sert finalement que de faire-valoir au garçon de porcelaine, véritable « star » du film ! Notons également la présence anecdotique de Rupert Evans ("The canal") et de Jim Norton ("Harry Potter et la chambre des secrets") dans une distribution réduite à la portion congrue.



Ainsi, à part le joli minois de Lauren Cohan, il n'y a donc pas grand-chose à garder de ce The Boy : d’énormes ficelles scénaristiques, très peu de rebondissements, de gros problèmes de rythme, trop peu d’angoisse. Bref, si un film d'horreur ne fait plus peur, à quoi bon !? En définitive, The Boy n’incarne ni plus ni moins qu’un ixième long-métrage mou du genou comme il en pleut depuis le début des années 2000 essayant de réinventer le genre tant bien que mal, mais avec une mise en scène trop linéaire et trop peu d'inventivité.









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