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Alors que zombies, vampires et humains vivent en cohabitation sur Terre, l’arrivée d’extraterrestres va provoquer le chaos dans la population…



Robbie Pickering est encore un illustre inconnu chez nous mais cet américain a pourtant les capacités d’apporter quelques bonnes choses au cinéma. En témoignent ses quelques scénarios (dont l’un finira par faire l’objet de son premier film, "natural selection") qui figurent aujourd’hui sur la « liste noire d’Hollywood », une blacklist qui recense des scénarios jugés intéressants mais qui ne réussissent pourtant pas à être produits.
En 2015, il se voit confier les rennes d’un scénario blacklisté par Hollywood justement, celui de "freaks of nature", une comédie fantastique produite par Columbia Pictures & Sony Pictures Entertainment.

C’est avec ces quelques informations sur le réalisateur et avec le résumé très bref mais ô combien savoureux de ce long-métrage que je me suis rendu à la Nuit Décalée de l’édition 2016 du Festival de Gérardmer dont le film de Robbie Pickering assurait l’ouverture.

Une chose est sûre : "freaks of nature" se démarque de bon nombre de comédies fantastiques de par son originalité et son audace. Faire se côtoyer comme si de rien n’était humains, vampires et zombies puis les confronter à des Aliens envahisseurs pour enfin balancer sur scène un loup-garou héroïque (je n’en dirai pas plus) : il faut bien avouer que c’est un projet carrément déjanté mais surtout hautement risqué (la mayonnaise peut-elle prendre face à ce scénario des plus tordus?) pour lequel nous comprenons aisément sa présence sur une liste de scénarios difficilement adaptable sur grand écran.



Car effectivement "freaks of nature" est une sorte de pari fou, un gros bordel scénaristique carrément jouissif qui trouvera sans peine son public.

Même si l’on pourra peut-être reprocher au film de Robbie Pickering de s’essouffler par moments (certains passages un brin trop portés sur la romance et l’émotionnel cassent quelque peu le rythme du film, tout comme plusieurs gags qui tombent à l’eau ou ne produisent pas l’effet escompté auprès du public), "freaks of nature" a toutefois le mérite de toujours retomber sur ses pattes et de nous entraîner toujours plus loin dans cette aventure farfelue, accumulant les péripéties dingos et les idées saugrenues.

Bastonnade « braveheartienne » entre trois clans (les zombies, les vampires et les humains) virant dans le grand n’importe quoi, romance vampirique revisitée et apportant son petit grain de folie, invasion extraterrestre avec comme seul échappatoire le fait de se mettre à poil pour ne pas être perçu par les Aliens… Quel plaisir de voir autant de générosité dans un scénario, autant de conneries à se mettre sous la dent, et ce sans jamais tomber dans le rasoir ou le trop-plein, chose que votre rédacteur redoutait quelque peu au départ en lisant le résumé de "freaks of nature".

Non, nous avons là une comédie fantastique qui tient très bien la route et répond parfaitement à son cahier des charges. C’est suffisamment rythmé (et ce n’est pas les quelques baisses (très courtes) de rythme par-ci par-là qui vont nous empêcher de rester en haleine), drôle et inventif (dommage cependant que la fin du film ne soit pas plus travaillé à mon goût) pour que nous nous laissions emporter dans cet univers déjanté aux nombreux clins d’œil ("la guerre des mondes", "twilight", "american pie"…) en compagnie de personnages haut en couleur.



La galerie des personnages est en effet un important atout de "freaks of nature". Stéréotypés au possible, nos clans sont diamétralement opposés et nous sont présentés de la façon suivante : des zombies écervelés incapables de raisonner et ne passant leur temps qu’à manger de la cervelle (à la vue de ces zombies côtoyables, nous pensons d’ailleurs fortement à notre gentil "Fido" ou encore à ce bon vieux Bud dans "le jour des morts-vivants"), des vampires séducteurs mais aux tempéraments parfois incontrôlables, et enfin au milieu de tout ce beau monde les humains qui ne sont pas les mieux lotis (des drogués, des sportifs sans cervelle, des riches vantards…).

A la manière d’un teen movie (dont notre film ici se rapproche sur pas mal de points), nous retrouvons un trio de héros fort stéréotypes eux aussi : le timide et puceau Dag, l’intello mal-aimé et violenté Ned, et enfin la belle et incomprise Petra. Peu aidés par des parents à moitié cinglés (des hippies chez Dag et des crétins finis fans de baseball chez Ned), nos jeunes héros se cherchent, tentent des choses pour sortir de cette routine qui ne leur convient pas : ainsi Petra flirte avec des vampires (elle veut connaître le grand amour et sortir de cette fausse image de salope que l’on donne d’elle), le malheureux Ned tente sa chance du côté des zombies (car ces derniers ne souffrent jamais, ne sont soumis à aucun stress et vivent finalement pleinement leur vie de merde) tandis que notre cher Dag, personnage principal du film, tente le tout pour le coup avec sa charmante voisine (des situations diverses et variées qui permettront notamment au film d’instaurer une petite morale, un message sur la tolérance, sur l’importance et le respect de la diversité, la culture des différences).

Des histoires différentes donc mais qui vont finir par se croiser, lors d’une énorme baston où tout ce petit monde va se défoncer pour notre plus grand plaisir (impossible pour moi de ne pas penser à ce moment à l’un de mes petits protégés, "plaga zombie zona mutante"), survenue suite à l’arrivée de nos extra-terrestres aux motivations encore inconnues à ce moment.

L’occasion de vous parler à présent en quelques lignes de la qualité des effets spéciaux et des maquillages dans "freaks of nature". Là encore, l’équipe du film a réalisé du bon travail : propres et soignés, les maquillages des vampires et des zombies sont de très bonne facture tandis que nos Aliens sont plutôt bien modélisés (des sortes de robots présentant de longs tentacules et ayant la capacité de téléporter leurs victimes). Ajoutez à cela quelques petits passages sanglants propres aux divers univers de nos monstres mythiques (nos vampires qui se délectent de sang frais, nos zombies qui extirpent les boyaux d’un humain…) et vous obtenez là un joyeux cocktail d’effets spéciaux.



Drôle, inventif, rythmé et surtout carrément jouissif, voilà comment nous pourrions résumer ce très sympathique "freaks of nature". Même si nous pourrons reprocher au film de Robbie Pickering de manquer de souffle lors de très courtes périodes ou encore de présenter une fin pas aussi féroce et originale que nous l’aurions peut-être espérer, ne boudons pas notre plaisir devant cette comédie fantastique réussie et fort distrayante!








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