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Des chercheurs du laboratoire secret, Bentan Labs, célèbrent l'achèvement de leur dernier projet d'arme : un type inconnu de moisissure capable de se propager et de consommer tout type de végétation et idéal pour attaquer les stocks de nourriture de l'ennemi. Lorsqu'un promoteur est accidentellement infecté, les spores de moisissure sont lâchés dans l'établissement. Le personnel infecté commence à muter et les survivants se rendent compte que la moisissure est en fait une créature extraterrestre. Pour éviter une mort atroce, les scientifiques restants doivent unir leurs forces avec Toxic, un mercenaire qui a infiltré le bâtiment pour une mission sécrète...



Pour les fans des films Necrostorm, c'est toujours un bonheur de voir une nouvelle sortie inattendue. Surtout quand le métrage en question prévoit de plonger incessamment dans le gore craspec mêlant numérique et effets plastiques pour un rendu stylisé unique.

Les moins initiés ont certainement eu un aperçu avec "Adam Chaplin" (bien que peu aient eu l'occasion de voir la version rallongée 2 fois plus gore que l'originale disponible en vente sur le site officiel) mais ne devraient pas s'arrêter à ce film horrifique rempli de bastons ultra-gore car leur meilleur bébé reste indiscutablement le splatter "Taeter City" qui est un véritable bijou en termes de divertissement et d'éclaboussures au point d'être devenu certainement un des films les plus gore jamais réalisés.

Enchaînant sur le film d'angoisse (accompagné de sa dose de gore également) avec le sympathique "Hotel Inferno" et le film de gangster avec le très brutal "Infidus", cette fois-ci Giulio De Santi se lance (avec un certain Neil Meschino) dans l'horreur biologique où le laboratoire Bentan Labs sera l'unique lieu de l'action.



Abordant le thème de la contamination engendrant la mutation, le duo se jette à nouveau dans les jets d'éclaboussures à la "Taeter City" avec autant de générosité que possible. Après une présentation simple de plusieurs personnages à l'origine de la création de cette moisissure répugnante, le film versera dans le gore-fest après la première demi-heure. L'histoire se résume à un concept vu et revu dans de nombreux films de contamination mais prend la peine de caricaturer les personnages sans se prendre la tête (une femme scientifique au milieu de plusieurs hommes qui, cette fois, ne la font pas chier, un politicien drogué, dégoûtant et repoussant, un leader méchant communiquant à travers un écran télé, un colonel cliché mais qui deviendra de plus en plus intéressant et attachant, une espèce de colosse immonde au cheveux long donnant l'impression d'être là pour la promo de "Gorebreaker" (le jeu vidéo s'avérant être l'évolution de "Death Cargo"), ainsi qu'un mercenaire mystérieux plutôt classe et viril, Toxic.... voilà, on a l'équipe de choc...hum).

Certains dialogues sont volontairement absurdes et tombent dans la petite comédie discrète pour nous permettre d'attendre sagement le gros bordel qui suivra. Et quand ce dernier arrive, on se réjouit de revoir les bonnes vieilles éclaboussures des premiers films de Necrostorm avec les chairs qui explosent, se liquéfient, s'écrasent et se vident jusqu'à repeindre les murs. La couleur verte rajoutée au sang due à la bactérie fera légèrement penser à "Poultrygeist: the night of the chicken dead" et rendra certaines séquences particulièrement nauséeuses et trash à souhait.

Les réalisateurs reprennent les mêmes ingrédients et livrent un huis clos ultra-gore, déjanté et surtout bien crade.



On remarque notamment une bande sonore et une ambiance se rapprochant du cinéma de Carpenter, et certaines mutations confirment que l'inspiration vient tout droit du film "The Thing". On en attendait pas plus de la production Necrostorm : des scientifiques se retrouvant bêtement dans la mouise pour tous finir inévitablement contaminés par les spores éparpillés dans l'air et des geysers de litres de sang et de pourritures verdâtres bien visqueuses allant même s'étaler sur le visage des protagonistes à la manière d'"Evil Dead".

Tout ça dans un univers de science-fiction remodelé à l'ancienne et des effets 3D donnant l'impression d'être dans un jeu vidéo et conservant le charme d'une série B des années 80 comme l'a si bien fait "Taeter City". Seules quelques longueurs perturberont le rythme du métrage avant de virer dans le carnage total dans le dernier quart-d'heure pour offrir un final grand-guignolesque qui redonne du souffle au cinéma gore d'aujourd'hui. Qu'est-ce que ça fait du bien de voir que certaines productions indépendantes conservent leurs recettes initiales pour y rajouter quelques sauces supplémentaires tout en restant fidèles à leurs fans !

"The Mildew from planet Xonader" n'est pas dépourvu de défauts certes, mais ils montrent à quel point les séries B indépendantes peuvent être bien meilleures que celles qui s'obligent à s'imposer des limites pour respecter les règles de la censure. Ici, c'est carte blanche, on déverse autant de gore et de substances visqueuses que possible, on n'hésite pas à montrer de la tripaille éparpillée et liquéfiée, on ne se prive pas d'insérer quelques scènes trash bien crades et immondes pour le plus grand plaisir des vrais amateurs de gore et on livre le tout en alternant les éclairages verts et rouges pour un rendu visuel futuriste.
Toutefois, certains défauts attachants reviennent, comme l'explosion finale numérique qui termine sur une image badass avec Toxic, ou encore les décors et accessoires limités en termes de qualité dû au manque du budget. Mais quand il s'agit d'un film Necrostorm, on pardonne vite car ça fait intégralement partie de leur univers de science-fiction horrifique.



Même si certains seront malheureusement agacés par la lenteur de la première partie ou la faiblesse de l'intrigue qui tente pourtant de se développer, il est fort probable qu'ils changeront d'humeur une fois que la moisissure viendra changer l'organisme de chaque personnage de manière toujours aussi variée et sans jamais tomber dans l'avarice en ce qui concerne les éclaboussures et les apparitions monstrueuses de la bête visqueuse. Dans tous les cas, les amateurs d'hémoglobines seront amusés et ravis d'être entraînés dans ce petit laboratoire où le danger biologique omniprésent s'apprête à réduire la chair humaine en bouillie.

Certainement le meilleur film de Necrostorm depuis "Taeter City", sans pour autant le surpasser et sans être aussi barré et déjanté que lui. Mais quand même... ça fait du bien de revenir dans le côté fun de la maison de production.








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