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Réalisation
James P. Mercurio

Scénariste
Solomon Grey

Date de sortie
2013

Genre
torture porn

Tagline


Cast
Katie Keene
Peter Nikkos
David Kallaway


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
/

Effets spéciaux



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(1 vote)
Une fille se fait kidnapper et torturer par une équipe spécialisée dans la réalisation de snuff movies dans un bâtiment abandonné. Elle devra se battre dans un enfer post-industriel afin d'éviter le tournage brutal de sa propre mort...



Resté dans le silence total pendant 2 ans après la sortie officielle du trailer, "Last Girl" était le film attendu qui attirait le regard de tout fan de film d'horreur tant sa bande annonce dévoilait quelque chose de colossal.

Un found footage à l'ambiance terrifiante, au suspense étouffant et à la violence brutale. La maison de production Renegade Video tenu par Jorje Krippe, est à l'origine de cette œuvre et s'est fait connaître grâce à plusieurs réalisations de faux snuffs très (trop) réalistes et devenus maintenant introuvables.

Ces vidéos aux titres numérotés ont, du jour au lendemain, été supprimés et aucune information nous permettait de nous renseigner sur la sortie DVD officielle de "Last Girl". Quelques doutes sont apparus concernant la situation du réalisateur Jorje Krippe, de l'authenticité des vidéos de Renegade, du réalisme qui pouvait éventuellement s'avérer être du réel pur et simple, etc. Le site officiel annonçait d'ailleurs que les collaborateurs possédaient les films les plus extrêmes et les plus obscurs qui soient et que, sous demande, certains métrage pourraient être envoyés numériquement aux intéressés (y compris les vidéos de renegade).



Qui plus est, une des actrices de "Last Girl" correspondait à un profil d'une jeune fille disparue dans une région de Detroit en 2010. Des recherches ont a priori été effectuées et le long-métrage orchestré par James P. Mercurio (ayant pour le coup collaboré avec Jorje Krippe) ne devenait à présent qu'une légende car plus personne n'espérait la sortie du moindre support de ce film.

La frustration de chaque fan impatient de mettre la main sur l'œuvre ne pouvait qu'être partiellement adoucie par le visionnage du surprenant trailer. En 2015, le DVD sort enfin sans la moindre explication qui justifiait l'absence de toute nouvelle de la part du réalisateur ou de la firme. Enfin, ce film attendu comme le messie qui allait redonner du panache à cette misérable mode du found footage, sous-genre majoritairement exploité par des cinéastes sans talent, voit enfin le jour. Mais finalement, le résultat prouve que les œuvres peuvent être beaucoup moins excitantes, effrayantes et surprenantes que les anecdotes qui tournent autour.

La déception sera lourde à supporter...



Après une introduction efficace et perverse, l'histoire se centre sur un homme forcé par l'organisation spécialisée dans le snuff de capturer une prostituée et filmer sa mise à mort afin que lui et sa famille soient libérés et épargnés. Chose faite, une femme se fait emmener de force dans le lieu abandonné où les membres de l'organisation procèdent à leur activité. Les décors du film seront, par ailleurs, irréprochables car le lieu-dit n'est autre que le Lee Plaza Hotel actuellement abandonné. L'endroit idéal pour un film de cette trempe en effet et l'effort sur les éclairages ne pourra qu'accentuer l'oppression que l'on peut ressentir à l'intérieur de ce bâtiment sordide délabré.

Mais là où ça va gâcher la crédibilité du film loin d'avoir le même impact que les vidéos renegade, c'est avant tout dans le jeu d'acteur plus que douteux et la folie excessive d'un des bourreaux qui pourra rappeler à certains les criminels nazis complètement déjantés de "Hate Crime". Un autre élément va nuire à l'efficacité de l'œuvre, ce sont les meurtres... Non seulement il y en a très très peu, mais ils sont en plus de ça filmés en hors-champ (même si le cadrage reste correct pour offrir certains plans angoissants, aucune sensation de malaise ne sera ressentie lors des exécutions suggérées).

Certaines vidéos renegade sont d'ailleurs incluses n'importe comment dans "Last Girl" mais ont été charcutées et auto-censurées sans raison apparente. (J'ai personnellement visionné toutes les vidéos en question il y a deux ou trois ans et la différence est énorme...) On peut comprendre qu'elles soient incluses dans le scénario afin de les relier à l'organisme criminelle du bâtiment en ruines, mais en termes de réalisme et de violence malsaine, tout est devenu inoffensif.

Ils ont réussi à gâcher un potentiel pareil alors que le reste du film se résume à parcourir les couloirs (inquiétants certes) de l'hôtel en tombant sur 2 ou 3 corps mutilés et en début de décomposition. Le climat est morbide et vraiment sinistre, mais trop de séquences traînent en longueur, le rythme est lent et est pratiquement dépourvu de climax, le gore est totalement absent, le visage flouté de chaque agresseur ne permet pas de rendre l'ensemble plus crédible et au final ce qui reste agréable à voir ce sont les décors glauques et les éclairages qui installent une atmosphère particulièrement malsaine.



La fille nommée #12 tente de s'enfuir pendant 45 minutes et... c'est tout. Rien de spécial à retenir de ce "Last Girl" qui aurait pourtant pu être un monstre de l'horreur en termes de violence visuelle et psychologique, d'angoisse, de peur, de suspense anxiogène, etc. "Last Girl" aurait dû finalement rester dans l'obscurité car c'est là où il avait le plus de charme. Maintenant que le support DVD est sorti, plus personne n'en parle car chaque intéressé a dû être retourné par la faiblesse et le résultat décevant de cet énième found footage ne se démarquant finalement pas des autres navets sans idée et sans impact. Quelques beaux et glauques plans séquences à sauver, mais c'est tout. Le métrage n'est qu'un autre film mineur indépendant qui aurait pu devenir un summum du cinéma d'épouvante à la violence psychologique étouffante. Dommage, quelques intentions étaient plutôt bonnes mais l'ensemble donne l'impression que le réalisateur n'osait pas assumer la barbarie de son film et s'est plutôt concentré pour le rendre accessible au grand public. Un triste gâchis...








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