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Réalisation
Paul Hyett

Scénariste
Paul Hyett, Conal Palmer, Adrian Rigelsford

Date de sortie
2012

Genre
torture porn

Tagline


Cast
Rosie Day
Sean Pertwee
Jemma Powell
Daniel Vivian


Pays
Angleterre

Production


Musique
Paul E. Francis

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4
(2 votes)
1996, pendant le conflit des Balkans au cœur d'un pays en guerre, se trouve The Seasoning House, ancien bâtiment industriel, dans lequel des jeunes filles arrachées à leur famille, sont séquestrées, droguées et livrées sexuellement à des criminels de guerre. L'une d'elles, Angel, en séduisant involontairement le propriétaire de la maison de passe, gagne un peu de liberté. Elle réussit à quitter sa chambre par les conduits d'aération pour se déplacer secrètement dans le bâtiment. Là dans son monde de silence, elle observe... elle écoute... et prépare sa vengeance...



Cela fait pas mal de temps que le maquilleur Paul E. Francis souhaitait se lancer dans la réalisation d'un long-métrage, et il faut dire qu'avec "The Seasoning House" il commence fort...très fort !

Ce film d'horreur dramatique britannique ne ménage aucunement le spectateur et le pousse directement dans un cauchemars réaliste et fortement malsain en lui faisant visiter les couloirs sombres et jaunâtres d'un bâtiment tenu par un proxénète cachant des jeunes filles chacune dans une chambre afin de les prostituer et d'évacuer les pulsions sexuelles malsaines des clients militaires présents aux alentours du bordel situé dans les Balkans.

A mi-chemin entre "Hostel" et le sous-genre Rape and Revenge, le film débouche sur des scènes atroces et à la limite du soutenable tellement le réalisme élève l'intensité de chaque scène tout en évitant de tomber dans le torture-porn facile à exploiter quand il s'agit de parler de séquestration, viol et tabassage de jeunes filles (vu l'âge qu'elles devraient avoir, il est fort probable qu'on frôle la pédophilie) dans une barbarie plus ou moins gratuite (si c'est pour justifier les conditions des femmes dans le conflit Bosnie-Herzégovine tout en dénonçant soit disant les crimes de guerre ou autre, je pense qu'il aurait été plus judicieux de développer le scénario du film et le message qu'on essaie de lui extérioriser, plutôt que de poursuivre les scènes extrêmes par un simple survival horror movie).



Bref, quand on apprécie le véritable cinéma horrifique, on doit savoir que la violence dans un film d'horreur n'a pas à avoir l'obligation de se justifier que ce soit dans un film grand public ou pas. C'est pour cela que "The Seasoning House" n'a pas à être vu par le public lambda tellement les séquences trash s'accumulent et tentent de nous retourner l'estomac sans jamais adoucir les angles pour y laisser un quelconque espoir.

La personnage principale sourde et muette, Angel, sera d'ailleurs l'héroïne qui sera chargée de droguer et soigner les jeunes filles après et avant chaque visite d'un homme aux couilles bien remplies. Son passé montrant le meurtre de sa mère explique pourquoi son esprit a l'air vidé de tout espoir tout en sachant que Victor, le propriétaire du bâtiment sordide, l'écarte de toutes ces autres filles ligotées à leur lit n'ayant plus que la force de pleurer et gémir constamment.

Un film dramatique psychologique souvent très poignant jusqu'à ce que l'arrivée d'une petite poignée de militaires fasse tomber le drame dans l'horreur pure.



L'un d'eux, un colosse imposant et fait que de muscles, aura droit à subir le premier acte de vengeance d'Angel, offrant aux spectateurs une séquence généreuse en gore. Se cachant ensuite dans les conduits d'aération afin d'échapper aux autres criminels de guerre découvrant leur camarade baignant nu dans son propre sang, la petite se verra traquée tout le reste du film au point de faire de ce dernier, un simple survival horror movie.

La chasse à l'homme est ouverte. Et c'est là que la prise au sérieux du réalisateur pose problème : on ne retrace pas des faits historiques et réels dans un déchaînement de violence car ça ne fait que ré-ouvrir la plaie inutilement. C'est bien beau de se documenter sur les conditions de vie de la femme à l'époque du conflits des Balkans, mais exploiter ce sujet pour ne réaliser qu'un film d'horreur extrême sans idée profonde et avec des pseudo-dénonciations de la guerre, barbarie humaine, drogue et autres conneries vues et revues en particulier dans les "torture-porn movies" dans le but de tenter de justifier une violence représentée tellement forte à l'écran qu'elle deviendrait insoutenable tient tout simplement du foutage de gueule.

C'est du même niveau que la justification bidon de la scène du viol du nouveau-né de "A Serbian Film", on n'y croit pas une seule seconde et on sait que le réalisateur voulait simplement éviter d'être mal vu après la diffusion de "The Seasoning House".

Quand on veut faire un film d'horreur extrême avec des séquences de viol atroces et sans aucune subtilité, on assume. Ou bien il suffisait de le réaliser dans la forme documentaire comme l'a si bien fait Andrey Iskanov avec "Philosophy of a Knife".

Ici, on n'a droit qu'à un survival et un enchaînement de morts violentes, pour le coup très efficaces même si le dernier quart-d'heure perd en intensité petit à petit jusqu'à finir sur une conclusion proche de celle d'"Eden Lake" avec beaucoup moins d'impact et plus d'ironie.



Un film pessimiste, légèrement prétentieux MAIS avec une démarche honnête et une réussite dans la mise en scène et dans l'approche frontale absolument dérangeante de l'œuvre. Le côté historique, les faits réels et la prise du premier degré, on s'en fout au final car ce film n'a finalement rien à raconter, nous sommes face à une simple série B ultra-violente et extrêmement dérangeante.

A chacun donc de se placer dans l'angle qu'il veut pour réceptionner le film, tout en sachant évidemment que le grand public sera limite scandalisé par les atrocités déballées à l'écran. Pour ceux qui apprécient le cinéma extrême psychologique, "The Seasoning House" est à ne pas manquer car il a au moins l'audace d'y aller fort avec un sujet très sensible sans y apporter une quelconque valeur morale.

Mais s'il vous plait, ne tombons pas dans la ringardise en déballant des explications de beaufs qui tentent d'intellectualiser une violence censée retracer des faits réels et regardons-le comme un pur divertissement cinématographique choc sans avoir à insulter l'Histoire.








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