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Réalisation
Michael Todd Schneider

Scénariste
Michael Todd Schneider

Date de sortie
2000

Genre
barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Michael Todd Schneider
Eric Boring
Tom Colbert


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
/

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.4
(3 votes)
Jeffrey, un patient ayant des visions inquiétantes se fait suivre par son psychiatre. Il entraîne ce dernier dans un séjour hallucinatoire en enfer qui permettra également de se libérer de sa cellule de psychiatrie...



Tourné, monté et remonté sur 7 années, "I Never left the white room" est le premier film du réalisateur Michael Todd Schneider, créateur de la firme Maggot Films dont certains titres de ses œuvres ont dû faire écho aux plus grands amateurs d'horreur underground ("His Devil's Night", "Our Devil's Night", "...And Then I helped", "Manna", etc.), y compris celui-ci.

Conçu à la base comme un projet d'école sous le titre de "My Crepitus", il est devenu la plus grande référence de la firme Maggot Films car c'est certainement le seul qui se rapproche fortement de l'hallucinante et démoniaque promo vidéo de la maison indépendante en termes d'effets de montage et d'ambiance (à visionner impérativement).

Evidemment pour justifier une expérimentation hermétique complètement déjantée, infernale et hallucinatoire, rien ne vaut le thème de la schizophrénie pour emporter la folie dans chaque plan étrange que l'on souhaite partager avec le spectateur afin de la rendre aussi fou que le personnage principal du film interprété par Michael Todd Schneider lui-même.



Mais il est important de noter que ce type de film sera loin de séduire le public lambda ne serait-ce que pour la forte déviance et violence qui y règnent constamment ou l'aspect clippesque et expérimental de ce film d'horreur bizarre.

Dans la forme, la qualité d'images est volontairement affreuse et ces dernières donnent l'impression d'avoir été enregistrées sur une vieille VHS poussiéreuse (ceux qui ont vu les deux premiers "August Underground" sauront à quoi s'attendre en termes de photographie granuleuse). Seulement, des effets de filtres et de montage particulier sont utilisés sur ces images toutes aussi troublantes et dérangeantes les unes que les autres.

Nos yeux peuvent néanmoins vite s'adapter (on en a la capacité devant "Begotten", alors pourquoi pas ici !?) et le style underground du film finira par séduire les adeptes des films les plus obscurs. L'œuvre sera ensuite à prendre comme un trip sous LSD enchaînant des images troublantes de suicide, de nécrophilie, de mutilations, de viols ou encore de séquences cauchemardesques donnant l'impression d'avoir été réalisées par un vrai sataniste (le final de "Lord of Salem" peut donc clairement aller se rhabiller).



C'est comme si Fred Vogel, Lucifer Valentine et Jimmy Screamerclauz s'étaient réunis pour offrir un cocktail de folie pure.
Sur un rythme parfois énervé, le film tient sur une durée raisonnable de 1h15, et même s'il peut paraître long, certaines scènes d'atrocité sont toutefois indispensables pour leur perversion et l'horreur malsaine et surréalistes qu'elles dévoilent. Les plus marquantes restent la scène d'un démon à la tête ensanglantée qui viole un cadavre de femme, la scène de voyeurisme dans la douche riche en fluides corporels de toutes sortes, le défonçage de visage à coups de hache ou encore les nombreuses séquences cauchemardesques au jeu d'éclairage coloré, montées comme des clips sonores impressionnants et déstabilisants. Le tout dans un environnement poisseux, sale et industriel. On peut en conclure que le travail sur l'atmosphère générale du film est une bien belle réussite.

Mais à retenir que "I never left the white room" ne mise ni sur la profondeur, ni sur des métaphores, ni sur des symboles, ni sur une quelconque histoire linéaire pour se donner un intérêt. Tout est purement expérimental et ne tente que de plonger le spectateur dans un univers crade et glauque aux images horrifiques saturées et intensifiées par les effets de montage. Le film ne repose donc pas sur une intrigue, mais plutôt sur une cause : celle de la folie paroxystique d'un personnage désaxé et complètement absorbé dans la démence la plus totale (les séquences finales attireront sans aucun doute l'attention de chacun).



Au final, cette expérience n'est pas à juger selon son amateurisme, la qualité des images, de l'horreur, etc. mais plutôt du ressenti de chacun face à son étrangeté, son mystère et son psychédélisme sinistre. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a bien plus de matières d'ambition que dans les autres films du réalisateur (même si un film comme "His Devil's Night" est un poil plus accessible pour ceux qui ont du mal avec l'expérimentation et le cinéma amateur). Car même si le gore y est autant présent que la nudité explicite, ce sera un aperçu différent pour ceux qui décident de tester cet OFNI malade, extrême mais saisissant (il ne restera pas dans nos mémoires pour autant). Un simple cauchemar étrange à vivre. Une descente dans les enfers les plus sales et répugnants.








Du même réalisateur :

HIS DEVIL'S NIGHT