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Une équipe de télévision spécialisée dans le paranormal (Michelle la présentatrice, Ricky le caméraman, Jack le perchiste) accompagnée de deux acteurs (Bruce Barton et Candy Vixen, la jeune conquête du producteur) mobilisés pour reconstituer les scènes et de Gavin Gorman, un spécialiste des martiens, arrive sur Scalleum, une île au large des côtes du Pays de Galles. Tout ce beau monde se retrouve là afin de faire un reportage sur Cat Williams, une jeune fille qui se serait fait enlever et violer par des extraterrestres et sur Angelo Jones, son petit ami disparu. En arrivant sur place, ils découvrent les trois frères très ruraux et « sympathiques » de la soit disant victime qui ne s’expriment qu’en gaélique sous-titré. Mais le pire est à venir…



Pour ceux qui l’ignoreraient (et on les comprendrait !) ou bien alors pour les férus de géographie fictive, Scalleum est une île agricole au large de la côte nord du Pays de Galles, uniquement accessible à marée basse. L'île abrite également un ancien cercle de pierres (« The Devil’s Teeth »), sorte de construction mégalithique préhistorique, offrant le cadre sinistre à l'enlèvement de la fille de ferme locale Cat et de son petit ami Angelo, un touriste en voyage. « Weird Worlde » est une émission de la télévision par câble qui a des problèmes avec son audimat. Menacée de perdre son emploi si les choses ne s’améliorent pas, la présentatrice Michelle Fox doit revenir aux studios avec quelque chose de spécial et d’attractif. Ainsi, son équipe de reporters cyniques accompagnée par deux acteurs afin de mettre en scène une reconstitution dramatique et d’un expert en OVNI, fonce droit sur l'île. Une fois arrivés dans cette communauté distante, tous ces protagonistes y découvrent une ferme alimentée par du fumier et de très tordus agriculteurs du cru. L'équipe de télévision ne croit pas un traitre mot de l'histoire de Cat, mais Michelle fera tout pour sauver son emploi, même si pour cela, elle doit créer de fausses preuves comme des « cercles de culture », à l’instar de ceux vus dans "Signes" de Night Shyamalan. La tension monte jusqu’à ce que les vraies stars arrivent...les aliens bien sûr, et ils ne sont pas avenants, c’est le moins que l’on puisse dire ! Pour survivre, notre équipe éclectique va devoir se défendre avec toutes les armes que ses membres pourront trouver, que ce soit un marteau, une machette, une tronçonneuse, un fusil à pompe et même une moissonneuse-batteuse ! Vont-ils survivre à la menace extraterrestre ?



Voici donc le script écervelé mais très efficace pondu par le père West, qui endosse la double casquette réalisateur/scénariste. C’est peut-être léger mais c’est largement suffisant en ce qui concerne nos attentes envers une série B dont l’intention est avant tout de nous divertir. De plus, ça nous rappelle les scripts d’un Peter Jackson séminal qui, avec ses formidables "Bad taste" et "Braindead", avait obtenu les bonnes grâces des pontes d’Hollywood. Et on a bien vu ce que ça lui a apporté ensuite ! Chez nous, Jake West est avant tout connu pour son très amateur "Razor blade", une revisite du thème des vampires chez les lesbiennes gothiques, fort apprécié par les fans de pellicules de série Z underground. S’étant fait remarquer par le milieu du Bis et du cinéma de genre, il se verra alors confié la réalisation de quelques documentaires (sur "Evil dead", "Hellraiser", "Bubba Ho-Tep", notamment) pour de belles éditions DVD. C’est cet apprentissage qui permettra à West de se faire la main et d’accoucher quelques années plus tard de son second long-métrage, Evil aliens, une vraie série B à petit budget qui lui ouvrira les portes des studios américains pour de futures réalisations.

En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que West s’y connaît en matière de gore ! Evil aliens commence en effet par un assassinat à l’aide d’une sonde électrique anale et continue par un implant de fœtus sauvage sans fécondation, le tout en l'absence d’anesthésie qu’elle soit locale ou générale ! Puis la boucherie continuera avec force effusions d’hémoglobine et autre geysers de liquide vital sanguinolent ! Les bras seront tranchés, les jambes découpées, les têtes explosées ou décapitées, les yeux énucléés voire avalés par mégarde (!), les colonnes vertébrales seront arrachées, les anus seront empalés et les panses finiront transpercées soit de l’intérieur lors d’un accouchement express, soit de l’extérieur, libérant pour l’occasion les intestins du malheureux à qui cela arrive ! Mais les extraterrestres en prendront également pour leur grade notamment lors d’une « cultissime » scène de fauchage par moissonneuse-batteuse que ne renierait pas Peter Jackson ! Du lourd on vous dit, chers adulateurs de barbaque et tripailles !



Côté SFX, West privilégiera le homemade tant que possible et aura uniquement recours au numérique lorsqu’il ne pourra faire autrement. On verra ainsi pour seuls CGI l’intérieur et l’extérieur de deux vaisseaux spatiaux (pilotés en manipulant un cerveau géant !) qui notamment se crashent ou voient leur coque être sévèrement endommagée. Pour ce qui est du « fait maison », outre les effets trash susmentionnés, on retrouvera les aliens au look original certes, mais plutôt cheap. Ceux-ci sont en effet quasiment intégralement habillés en noir et affublés de casques dotés de grands tubes sur les côtés leur permettant de respirer sur notre chère Terre. Bref, on dirait de véritables « Predators » du pauvre !

Du côté des protagonistes, ceux-ci ne sont pas transcendants car caricaturaux mais demeurent plutôt agréables à suivre. On retrouve donc la présentatrice sexy mais prête à tout pour rapporter un scoop à la maison (Emily Booth, vue aussi dans "Doghouse", le dernier « bébé » de Jake West et "Cradle of fear", un autre fleuron du cinéma indépendant du sieur Chandon, pape du Bis amateur), le geek de service typique (un peu rondouillard avec boutons et lunettes, passionné d’informatique), la jolie bimbo qui a un nom à coucher dehors (Candy Vixen) et qui ne doit sa place que parce qu’elle couche avec le producteur selon lequel « elle est bonne » (actrice ou au lit ?), le gay excentrique adorant les combinaisons en latex, le caméraman accro à la cocaïne et accessoirement amant de Michelle ou encore le preneur de son au sale caractère. Sans oublier les fermiers traitant leur sœur Cat et les femmes en général comme des sous-êtres, superbes rednecks en puissance dont l’un ne s’exprime que par des râles et autres borborygmes peu civils.

Mais ce qui fait également le sel de ce petit métrage fauché, c’est l’humour qui s’en dégage. Que ce soit à travers des blagues de potaches ou bien de vannes tombant souvent à plat, ce film est cocasse. Cependant, soyez prévenus, les gags sont souvent au ras des pâquerettes et tournent fréquemment autour de ce qui se passe en-dessous de la ceinture : boutons d’acné percés en gros plan, pets et autres gags un peu scatologiques, femelle extraterrestre aux tétons cornus qui dépucelle notre geek de service en lui éjaculant sur le visage lors d’un coït dantesque ! Quoi qu’il en soit, on ne peut rester indifférent devant un tel déferlement de mauvais goût puéril qui a le mérite de rythmer le métrage entre deux scènes gore voire pendant ! Le film se terminera avec un extrait de talk-show extraterrestre rappelant ceux de Jerry Springer et dans lequel est invitée l’alien ayant dépucelé Gavin. Son hôte se comportera toutefois comme un mufle en lui coupant le son de son micro dès lors qu’elle se mettra à faire des révélations ! Comme quoi, il n’y pas que chez nous qu’on veut nous faire taire !



Si vous voulez voir une série Z qui tache aux dialogues sans finesse, alors Evil aliens est fait pour vous. En revanche, si vous détestez les films aux scénarii tirés par les cheveux et aux effets spéciaux cheap, passez votre chemin ! Il faut toutefois reconnaître que c’est drôle, référentiel et que côté gore, on en a pour notre argent ! Toutefois, qu’on ne se méprenne pas non plus, Evil aliens n’est pas un chef-d’œuvre car le script est simplissime, les acteurs pas toujours très bons et le côté « bricolé dans son garage » de la chose peut en laisser certains indifférents. Cependant, il faut louer l'envie du réalisateur compte tenu du faible budget dont il disposait et rien que pour ça, encourageons ce type de cinéma qui a le mérite d'exister en Europe ! Pour les fans comme moi, il est certain que l’on tient là un film qui pourrait être culte et qu’il est tout simplement incompréhensible qu’aucun DVD français ne soit apparu en dix ans !









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