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Nick Di Santo est doté de dons médiumniques : il a la capacité de prédire la mort de certaines personnes simplement en les touchant. Pour son vingt-troisième anniversaire, il est convoqué par sa mère à l'asile où elle a été placée depuis qu’il est enfant. Celle-ci lui révèlera alors que son père est peut-être encore en vie. Quand sa génitrice est retrouvée morte dans un incendie suspect, Nick est surpris d'apprendre par l'avocat de la famille, qu'il a hérité du titre de propriété de la bâtisse dont il dessine la façade depuis sa plus tendre enfance sans savoir pourquoi. Il espère également obtenir des indices sur l'identité de son paternel qu'il n'a jamais rencontré. Il part alors avec sa petite amie Eve, enceinte jusqu’aux dents et son meilleur ami, Ryan à la recherche de cette maison énigmatique. Mais une fois sur place, le groupe apprend que la baraque a disparu et a été embarquée puis déportée par une inondation, des kilomètres plus loin ! Une fois arrivés au nouvel emplacement grâce à trois arpenteurs-géomètres rencontrés par hasard, tout ce petit monde va s’apercevoir que l’habitation ambulante (répondant au doux nom de « Wormwood ») est maintenant habitée par une sorte de vagabond hostile se prénommant Seth, bien décidé à n’y laisser entrer personne…



En attendant le troisième opus de la saga ''Jeepers Creepers'' reporté maintes fois pour cause de manque de finances suffisantes, Victor Salva, le pédophile repenti, tourne des petites productions sortant directement en vidéo. Mais, et c’est tout à son honneur, il persiste néanmoins à tourner des long-métrages de genre et après un thriller horrifique titré ''Rosewood Lane'' diffusé dans un relatif anonymat, voici qu’il s’essaie, à l’instar d’un James Wan avec son ''Conjuring : les dossiers Warren'', au film de maison hanté. Fera-t-il patienter suffisamment ses fans avec cette nouvelle réalisation ?

En tout cas, ils en auront pour leur argent en ce qui concerne les thèmes fantastiques abordés. Vous aurez non seulement le droit à un médium qui peut pressentir la mort des gens rien qu’en les touchant (sympa le mec pour animer vos soirées !), mais également une maison hantée qui semble magique car elle arrive à changer d'emplacement toute seule (!), une téléportation mystérieuse de nos protagonistes vers une autre dimension où tout le monde semble les ignorer, une armée de fous claudiquant et maniant la hache avec dextérité, une équipe d’incubes dévorant les bébés, une entité diabolique qui semble vivre à l'intérieur des conduits d'aération à travers différents Etats d’Amérique et paraît être le grand manipulateur de tout ce qu’il se passe à l’écran, et bien sûr Tobin Bell, coiffure nuque longue version hobo préhistorique, pour faire bonne mesure.



Pour être sincère, Victor Salva est toujours un expert en représentation d’un certain type de monstre effrayant, et les hommes avec leurs haches ne nous feront pas mentir car ils sont effectivement uniques mais surtout inquiétants (cf. la jaquette française du métrage). Vêtus comme des sans-abris, ils vacillent de gauche à droite et peuvent jeter leur arme avec une précision mortelle, d’autant qu’ils semblent sans visage, ce qui les rend encore plus angoissants. Quand ils apparaissent à l'écran, Dark House (re)vient vraiment à la vie. Ces derniers répondent ainsi aux ordres de Seth, incarné par Tobin Bell, imposant et impénétrable à la fois. Toutefois, Salva ne peut s’empêcher d’instiller, comme souvent chez lui, un courant d'homo-érotisme notamment dans la relation entre Nick et Ryan, mais ce n’est pas si gênant que cela. Ce qui est le plus embêtant en revanche, c’est l’incohérence et le manque d’éclaircissement de certains points du script : le téléphone cellulaire d’un des personnages principaux ne peut naturellement pas émettre d’appel dans les bois, mais il permet de surfer sur Internet en trouvant des informations cruciales sur Google !, les pouvoirs de Nick sont constamment redéfinis (au début, il ne prévoit que la mort, puis il arrive à prédire l'avenir de son enfant à naître et finit par communiquer avec un arbre !), tandis que le grand méchant, qui est apparemment confiné dans les murs de la maison ancestrale, a apparemment la possibilité de visiter les systèmes de ventilation des asiles d'aliénés, des cabinets d’avocats et autres restaurants en bordure de route, sans jamais se faire attraper et surtout que l’on sache qui c’est !



Ces carences narratives auraient pu être permises si Dark House se montrait un peu plus ambitieux et moins confus. Mais il faut malheureusement ajouter à tout cela les sempiternelles mauvaises décisions des protagonistes de bon aloi dans ce genre de production (comme celle de rester dans la maison après avoir déjà été chassé par des types super dangereux ou celle d’ouvrir une porte qui n’est clairement pas destinée à l’être), quelques prophéties bibliques de mauvais augure (il ne suffit pas d’avoir des personnages avec un prénom qui est dans la Bible pour leur donner un background significatif !), un discours bancal sur la signification cosmique du nombre 23 (thème déjà exploré dans "Le nombre 23" de Joel Schumacher avec Jim Carrey, mais en mieux) et quelques rebondissements désagréables impliquant plusieurs personnages secondaires qui font qu’il devient vite évident que le scénario coécrit par Salva et Charles Agron a voulu donner une très bonne impression sans avoir les moyens suffisants de le faire.

Maintenant, Dark House est assez décent si l’on en juge son très faible budget (notons pour l’anecdote que Tobin Bell est l’un des producteurs du film). En effet, il est toujours très appréciable qu’un réalisateur renonce à des SFX de folie et autres actes de bravoure pyrotechniques exagérés pour faire dans le traditionnel avec des effets homemade. Car même si ce long-métrage comprend son lot de moments stupides, il y a vraiment de bonnes scènes de frayeur et surtout de meurtres dans Dark House, comme par exemple : une hache envoyée de très loin à travers le corps d’un type, un épluchage de visage sur un mort, un cœur arraché de sa poitrine ou encore une gorge écrasée. Et puis il faut noter au bénéfice du métrage, qu’il y a un sacré retournement de situation aux trois-quarts du film qui fait qu’on puisse avoir un net regain d’intérêt pour ce qui défile devant nos yeux, ce qui fut mon cas, même si le coup de la fin trop ouverte est un peu éculé voire peu à propos.

Côté acteurs, le trio formé par les interprètes principaux ne casse pas trois pattes à un canard tant ils paraissent interchangeables à l’envi, exception faite de la femme enceinte bien évidemment ! Il n’y a qu’à voir leur Curriculum Vitae respectif pour s’en apercevoir ! On se rattrapera donc sur les seconds rôles comme Zack Ward (vu dans ''Freddy contre Jason'', ''Resident evil apocalypse'', ''Transformers'', ''Alone in the dark 2'', ou encore l’excellent ''Postal''), Lesley-Anne Down (''Comtesse Dracula'', ''Jeanne, papesse du diable'', ''Frissons d’outre-tombe'', ''Nomads'') bien que son temps de jeu à l’écran soit très court et surtout Tobin Bell (le Jigsaw originel de la franchise ''Saw''), même si le look de ce dernier paraît de prime abord ridicule !



Mélangeant avec peu ou moins de réussite les univers de ''Silent Hill'' et ''Evil dead'' notamment, Dark House (intitulé également « Haunted » aux Etats-Unis), est somme toute un film confus qui ne sait pas vraiment ce qu'il veut être. Cependant, il a le mérite d’être par moments effrayant (cf. les scènes de course-poursuites entre nos héros et l’armée dirigée par Seth) mais aussi drôle (voir pour la première fois la tête de Tobin Bell en gros plan vaut le détour, tout comme est grande notre surprise quand le zoom est mis sur les hommes munis de leur hache se déplaçant comme des gorilles échappés d’un zoo !). Et puis après tout, il nous fait assez bien patienter en attendant inlassablement « Jeepers Creepers 3 : cathedral » !