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Alors en route pour un festival, une bande de jeunes croise la route d’un sinistre individu qui tente de les poignarder. L’arrivée de la Police mettra rapidement un terme à cette altercation et tout ce petit monde finira derrière les barreaux. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que cet homme étonnement calme emprisonné dans sa cellule est en fait le chef d’un trio de consanguins particulièrement sadiques et violents. Trois énergumènes que nos amis ne vont malheureusement pas tarder à rencontrer…



Ah, les "détour mortel" ! Saga devenue culte dans les années 2000 grâce tout particulièrement à deux premiers opus plutôt réussis, cette dernière nous livre les méfaits d’une famille consanguine particulièrement violente où barbarie, sadisme et démence semblent les mots qui nous viennent directement à l’esprit quand nous souhaitons qualifier ces tarés sacrément laids.

Alors que la saga battait son plein après deux premiers épisodes mémorables, un certain Declan O’Brien s’empara de la franchise pour donner naissance à trois volets de qualité nettement inférieure à ce que nous avions vu jusque là. Après un "détour mortel 3" médiocre (clairement l’épisode le moins réussi de la saga) qui ne donnait pas cher de la peau de notre réalisateur, c’est avec surprise (et beaucoup d’angoisse) que nous apprenions qu’il récidivait avec un quatrième opus. Un "détour mortel 4" pourtant plus convaincant, même si ce dernier ne restera pas dans les annales du Survival, et qui nous poussait donc à croire qu’un cinquième opus serait enfin le digne successeur des deux premiers !



Soyons honnêtes dès le début et ne vous laissons pas espérer trop longtemps : ce cinquième épisode des aventures de nos consanguins préférés en ce début de siècle vient se placer dans le bas du panier de la saga, plus précisément entre le troisième et le quatrième opus si je devais vous donner une échelle hédonique.

La première chose qui marque dans "détour mortel 5" est le lieu du tournage. S’éloigner de la forêt (terrain de chasse de nos consanguins depuis toujours : même l’hôpital du quatrième opus était entouré d’arbres), pourtant synonyme d’isolement et de perte de repères où chaque arbre peut cacher quelque chose ou quelqu’un (une tension plus palpable), était déjà une idée peu rassurante pour la suite des évènements (nous avions déjà vu Jason partir pour New York et le résultat avait été bien loin de nos attentes…). Mais en plus nous avons là comme décor une ville réduite à son strict minimum : nous ne verrons en effet de cette dernière qu’un commissariat (une grande pièce rassemblant bureaux et cellules plutôt !), une vulgaire chambre d’hôtel, un terrain de foot, le couloir d’une centrale électrique, un magasin fourre-tout et toujours les deux-trois mêmes rues (une étrange sensation d’être emprisonné alors que nous sommes en ville) ! Mince alors, ne pouvions-nous pas arpenter un peu plus les rues de cette bourgade en compagnie de nos consanguins cannibales et tuer les habitants se trouvant sur leur passage (comme l’avait entre autres fait un certain David Slade dans "30 jours de nuit") ? D’ailleurs, où sont donc les habitants de la ville de Fairlake qui accueille tout de même le second plus grand rassemblement de festivaliers déguisés façon Halloween le soir-là et que nous voyions au tout début du film ??? Personne, les rues sont désertes ! Incompréhensible…

D’ailleurs, cette étrangeté (pour ne pas dire cette énormité) n’est pas la seule que nous pourrons déplorer dans ce "détour mortel 5" qui nous offre un nombre incalculable d’incohérences. Passés les quelques clichés faciles mais que nous ne jugerons même plus (les jeunes drogués et leurs gonzesses bien foutues, les scènes de cul cache-misère, la romance impossible, les sempiternelles histoires racontées au sujet d’un massacre ayant eu lieu il y a fort bien longtemps…), ce sont surtout ces idioties scénaristiques qui gâchent quelque peu le spectacle : des victimes qui se laissent presque tuer (la chaîne qui me retient a beaucoup de jeu mais non je préfère rester où je suis pour que l’on puisse me rouler dessus plus facilement…) ou crever les yeux (la fille tient en joue un bonhomme et se retrouve les yeux crevés par ce dernier cinq secondes plus tard), la facilité déconcertante qu’ont nos consanguins à retrouver leurs proies dans cette ville (toc toc toc – « Oh bonjour monsieur le méchant ! Vous n’avez pas mis longtemps à me trouver ! »)

Déjà que le scénario n’est pas ce qu’il y a de plus élaboré, voir ce genre de bêtises énerve au plus haut point (vous ai-je parlé de ce couteau qui tombe comme par miracle d’une poche et qui comme par hasard tombera à pic quelques minutes plus tard quand notre belle brune se fera plaquée au sol par l’un de nos cannibales?) car encore une fois ce sont des écueils faciles à éviter qui donnent l’impression d’être pris pour des cons!



Bon, calmons-nous un peu, ce "détour mortel 5" n’est pas non plus ce que nous pourrions appeler « l’opus de trop » (cette expression avait en effet plus sa place après la projection de « détour mortel 3 » hum hum…) même si ce dernier déçoit beaucoup après la prestation moyenne mais pourtant prometteuse de l’épisode précédent (marqué par une atmosphère plus pesante rappelant le premier opus, des décors lugubres et des scènes sanglantes réussies et inventives).

A l’image de son prédécesseur, "détour mortel 5" conserve un rythme fort soutenu, proposant en cascade de nombreuses mises à mort, souvent inventives (même si parfois quelque peu tirées par les cheveux) et témoignant une fois de plus d’un sadisme et d’une folie à toute épreuve! Electrocution, crémation, martelage de jambes (peut-être la meilleure scène du film où nos trois demeurés explosent à coups de masse les genoux et tibias d’un pauvre type), éventrations, broyages (corps et têtes : tout y passe), arrachages d’oreilles (suivie d’une petite dégustation), extirpation de boyaux (en vue de les faire goûter à sa victime), couteau planté dans le crâne, coups de hache… Ce cinquième opus ne fait pas dans la dentelle pour le plus grand plaisir des amateurs de scènes sanglantes!

On retrouve à la barre nos trois personnages phares que sont One Eye, Saw Tooth et le charismatique et ricanant Three Finger. Toujours bêtes et méchants, nos trois consanguins s’en donnent donc à cœur joie et sont cette fois-ci guidés par un quatrième homme, normal celui-ci (d’un point de vue physique…), joué par un certain Doug Bradley (un grand ami de l’écrivain Clive Barker connu tout particulièrement pour son rôle de Pinhead dans la saga des "hellraiser"). Un nouveau personnage qui, même s’il ne semble pas apporter grand-chose à nos trois guignols mis à part un cerveau pour quatre, s’avère inquiétant de par son calme angoissant, ses sourires de coin peu rassurants et ce côté machiavélique et sournois rappelant un certain Hannibal Lecter (une personne dangereuse même derrière les barreaux d’une cellule).



Alors que nous pensions la filmographie de Declan O’Brien se bonifier au fil des épisodes de "détour mortel", ce cinquième opus est une bonne petite douche tiède (oui, froide serait peut-être trop méchant) après une préquelle honnête et laissant espérer beaucoup de bonnes choses pour sa suite.
Bourré d’incohérences flagrantes (gros point négatif de cet épisode) et piégé dans une ville ayant des airs de plateau de cinéma, "détour mortel 5" rame beaucoup (au point d’attaquer la falaise comme le disait une comédie française de la fin des années 70) mais parvient tout de même à nous sortir quelques cartes de sa manche en nous offrant une fois de plus un rythme fort soutenu (on ne s’ennuie pas une minute) et surtout de nombreux meurtres, sanglants et inventifs, perpétrés par nos trois consanguins emblématiques dirigés cette fois-ci par l’inquiétant et perfide Doug « Pinhead » Bradley!

Dommage d’avoir toutefois cette nette impression que cette saga, pourtant fort bien démarrée, ne nous tient à présent en haleine plus que par ses meurtres joyeusement sadiques et sanglants…








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