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Sous un paysage automnal, une femme en assassine une autre. Mais ce meurtre semble cacher de bien étranges motivations...



Les Anges de la Mort, une féerie morbide.

C'est avec ce titre et ce sous-titre présents sur l'affiche que nous faisons connaissance avec le premier court-métrage réalisé par le Suisse Joel Pfister. Un court d'une durée de 4 minutes et 32 secondes, réalisé dans le cadre d'un concours de court-métrage, celui de la 3ème édition du Festival de Courgemétrage. Le court est en noir et blanc, et ne contient aucun dialogue. Seule une musique viendra accompagner les images.



Première constatation, le noir et blanc est tout simplement somptueux. La luminosité, le contraste, tout est parfait et les images ont vraiment un superbe rendu.

Le court démarre de manière assez abrupte, par les images d'une femme vêtue de blanc, armant un pistolet et abattant froidement une femme vêtue de noir. Le coup de feu provoque le départ d'une musique assez criarde, relevant le caractère glacial de ce crime. Quelles sont donc les motivations d'un tel acte ? Un zoom arrière nous fait découvrir le corps sans vie de cette femme, bientôt entouré de plusieurs autres femmes qui se ruent d'un coup sur elle pour la dévorer et boire son sang. Une introduction efficace, rapide et concise, qui atteint son but : donner de l'intérêt aux images et nous donner envie d'en savoir plus.



La suite du court marquera clairement ses références. Le décor de l'Eglise collégial de Neuchâtel, avec ses ruines, ses vieilles pierres, ainsi que les ravissantes demoiselles habillées entièrement de blanc ou de noir qui vont parcourir ce décor, font baigner Les Anges de la Mort dans une atmosphère poético-gothique que n'aurait pas renié le Jean Rollin de "La Rose de Fer" ou du "Le Viol du Vampire" par exemple.

Bien que jamais clairement signifié (on ne voit quasiment jamais les dents de ces étranges jeunes femmes filmés en gros plan, même si elles ont bien des canines proéminentes, comme nous le montre des photos de plateaux...), le thème du vampirisme semble bien présent dans Les Anges de la Mort. La féerie morbide est effectivement au rendez-vous, la plupart des images étant accompagné par une très jolie partition musicale jouée au piano, ce qui renforce le côté gothique et triste de l'œuvre. Certains plans sont très réussis, comme celui où une jolie brune est accroupie en haut d'un muret et semble attendre sa prochaine proie, ou la séquence montrant une femme assise sur un banc lisant ce qui semble être une lettre d'adieu et d'où on aperçoit derrière elle les autres "femmes vampires".



Les actrices incarnant ces dernières sont charmantes, notamment Sibylle Thevenaz, la jolie blondinette qui commet le second crime, et leurs prestations, leurs poses, leurs garde-robes, donnent vraiment une "Jean Rollin's Touch" au court-métrage.

Le final du court est très intéressant, astucieux et donne un petit côté humour noir bienvenue.

Je ne sais pas si Joel Pfister a été limité niveau durée du court dans le cadre du concours. En tout cas, j'aurai vraiment aimé pour ma part qu'il dure beaucoup plus longtemps pour en apprendre plus sur ces demoiselles avides de sang mais qui possèdent quand même un côté fleur bleue malgré les actes qu'elles commettent.

Un très joli "conte macabre" pour ma part, dont le seul défaut est sa courte durée.








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