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Ancien soldat, Le Saint fait ses premiers pas dans la Police et se voit confier une mission délicate : assurer la protection d’un témoin important dans une grosse affaire mafieuse. Alors que le lieu du rendez-vous avec la dite-personne est annulé faute de sécurité, Le Saint choisit de retrouver son contact dans un ancien fort en pleine forêt. Ce qu’il ne sait malheureusement pas, c’est que cet endroit est en fait le terrain de jeu d’un groupe de chasseurs pas comme les autres…



Tourné en Lorraine et présenté en catégorie « hors-compétition » lors du 18ème Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, "the hunters" ne pouvait pour ses deux raisons ne pas être chroniqué par le rédacteur nancéien de l’équipe.

Souvent décrié, le film de Chris Briant accumule les mauvaises critiques, les moqueries et autres méchancetés à son égard. Dénoncé comme l’un des plus vilains films montrés à Gérardmer depuis les débuts du festival en 1994, "the hunters" avait de quoi faire reculer le public et notamment les adeptes de forums et autres pages Facebook dédiés au cinéma fantastique qui avaient de ce fait lu tant d’avis négatifs sur le film.

Pourtant, votre rédacteur se montrera bien plus clément à l’égard de ce petit "the hunters", comme vous le verrez dans cette critique ci-dessous.



Il faut bien l’admettre d’emblée, le film de Chris Briant ne brille certainement pas par son scénario. Simple, peu enclin à nous proposer beaucoup de péripéties, l’histoire de "the hunters" est on ne peut plus basique : prenez un flic courageux, plongez-le en pleine forêt et confrontez-le avec des chasseurs quelque peu fêlés du bocal et vous obtenez assez grossièrement le scénario de notre cocorico de film.

Mais, ce qui gêne le plus dans le scénario de "the hunters", ce n’est pas son manque d’originalité (souvenez-vous par exemple d’un autre survival forestier sorti deux ans plus tôt, le norvégien "manhunt" de Patrick Syversen : très bon et pourtant peu original) mais plutôt cette sensation que l’on a d’avoir droit à une quantité importante de scènes de remplissage quand on visionne le film.

Outre le fait de faire durer le film dans la longueur, plusieurs scènes viennent carrément casser le rythme de ce dernier (on nous plante une petite amourette entre deux tourtereaux alors que nous sommes en pleine chasse à l’homme !) et n’apportent clairement rien du tout au scénario : c’est le cas par exemple de la totalité des scènes où apparait la belle Dianna Agron (Quinn Fabray dans la série musicale Glee pour celles et ceux qui connaissent…), visiblement là pour donner un peu de féminité à un casting purement masculin mais surtout un petit plus promotionnel sur l’affiche du film et la jaquette du dvd.

Autre point négatif en ce qui concerne le scénario de "the hunters" : le nombre non négligeable d’incohérences. Vider plusieurs chargeurs pour abattre une proie située en contrebas sans grande protection (pour des chasseurs, ce n’est pas la classe…), perdre son temps en fouillant un cadavre à la vue de tout le monde alors que l’on vient d’échapper de peu à la mort et que les complices ne sont pas bien loin (pour un militaire-flic, c’est inquiétant…), un pont-levis levé qui permettait aux proies des chasseurs de ne pas s’échapper du fort et qui soudain se rabaisse (magie magie)… Bref, beaucoup d’incohérences scénaristiques dans cette seconde moitié plus portée action et horreur (la chasse à l’homme tant attendue, le côté survival que nous étions venus chercher) qui freineront l’enthousiasme presque retrouvé d’un public qui avait failli jeter l’éponge suite à une première partie quelque peu lente pour les cerveaux les plus sensibles aux narrations « tranquilles » à l’asiatique allons-nous dire !



Car oui, la première moitié du film ne fera peut-être pas l’unanimité auprès du public. Véritable parcours en dents de scie, nous faisons à ce moment là, assez logiquement, la connaissance de nos personnages : une présentation qui s’accompagne une fois de plus de nombreux passages longuets et dispensables (et je ne parle pas des flashbacks bien souvent inutiles) mais qui aura toutefois le mérite de nous apporter un portrait plutôt bien fourni et riche psychologiquement de nos deux principaux chasseurs (des êtres dépeints comme mal dans leurs peaux, peu comblés par leurs vies sociales et professionnelles…).

D’ailleurs, l’un des deux principaux atouts de "the hunters" demeure dans la psychologie des chasseurs. Entre le fragile Ronnie en proie à des visions qui le hantent et qui perd littéralement ses moyens (pour ne pas dire les pédales) et le jeune William qui apparait comme instable psychologiquement, confus dans ses gestes et ses comportements (il nous livre par ailleurs une sorte de danse frénétique à fortes connotations sexuelles, assimilable par moments à une parade nuptiale chez les animaux, en vue de séduire ou tout simplement attirer et immobiliser sa proie pour ensuite la brutaliser : probablement la meilleure séquence du film), nous avons droit ici à une remarquable retranscription de la folie humaine chez ces deux personnages qu’il est important de souligner.

L’autre gros point positif du film de Chris Briant (et pas des moindres) réside dans sa photographie, dans ses décors. Que serait un survival sans son environnement hostile, sans cette impression d’être pris au piège, sans cette sensation d’être seul(s) face à un danger quasi inévitable ?
La Lorraine regorge de décors naturels magnifiques pouvant servir de lieux de tournage pour ce genre de film (forêts, cascades, montagnes…) et l’équipe ne s’est d’ailleurs pas privée : c’est au fort Queuleu, près de Metz, que s’est tournée une grande partie de "the hunters" (des anciennes casemates où avaient été internés pendant la seconde guerre mondiale des prisonniers de guerre, des résistants mosellans et des réfractaires à l’incorporation dans la Wehrmacht : un endroit qui fait froid dans le dos et colle parfaitement au climat du film). Menaçants et glauques, ces murs vieillis par le temps et entourés d’arbres à perte de vue est l’endroit idéal pour camper un survival forestier. Un endroit d’autant plus glacial quand les flocons de neige viendront s’y poser dans la dernière partie du film…



Certes "the hunters" est bien loin d’être parfait, ce dernier présentant de nombreux défauts scénaristiques fort regrettables (manque de rythme, remplissages abusifs, incohérences scénaristiques parfois aberrantes, fin rapide…) et beaucoup trouveront toujours des choses à redire sur ce film tant décrié. Mais ce dernier ne mérite probablement pas autant d’injustice : premier film d’un réalisateur, "the hunters" nous gratifie toutefois de deux-trois bonnes choses (l’aspect psychologique des chasseurs, une belle photographie et de beaux environnements, une seconde partie bien plus entraînante) qui méritent d’être saluées à juste titre. Et ce n’est pas parce que le film est lorrain en grande partie que j’ai dit cela hein !

Au final, voici quelques mots qui résument assez bien ce qu’est "the hunters" : un film loin d’être vilain mais sacrément maladroit !








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