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Réalisation
James Sizemore

Scénariste
James Sizemore, Akom Tidwell

Date de sortie
2013

Genre
diable et demons

Tagline


Cast
Ashleigh Jo Sizemore
James Sizemore
John Chatham
Melanie Richardson


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
divers

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.4
(3 votes)
Un puissant démon kidnappe un jeune garçon une nuit afin de le former dans les voies de la magie noire. Des années plus tard, une horde hideuse de démons se déchaîne sur le monde. Le garçon, maintenant devenu un homme, doit retourner à sa ville natale pour stopper l'invasion...



"The Demon's Rook" est le genre de film d'horreur qui a l'allure idéal pour rejoindre la catégorie des "midnight movies" diffusés à la TV après le visionnage d'un ou deux films mainstream. Le genre de film fauché que l'on déteste pour sa technicité mais que l'on adore pour son amateurisme hilarant pourtant plein d'enthousiasme. Dans le genre, on peut très vite penser aux Full Moon, ces innombrables productions de Charles Band qui ont tout de même trouvé leur public adorateur du mauvais genre décomplexé à ne jamais prendre au premier degré.

Mais dans le cas du film de Sizemore, il faudra plus se tourner vers les bonnes vieilles séries B démoniaques comme les "Night of the Demons" et "Demons 1 & 2" qui, avec des films comme "Le Couvent" ou "Flesh for the Beast", ont déjà eu leurs petits hommages. Cependant, pour cette oeuvre indépendante, c'est en voyant le travail sur les éclairages colorés de rouge, vert ou bleu, qu'on remarquera que le réalisateur puise son inspiration du film de Lamberto Bava. La brume constamment présente pour accentuer l'esprit fantastique de l'oeuvre, les apparitions de démons au milieu d'une lumière venant de nulle part fortement éclairée derrière lui, le gore plastique à l'ancienne laissant apparaître la sublime couleur rouge vif du tissu sanguin, les quelques notes de synthé qui collent parfaitement à l'atmosphère lugubre et fantastique prenant par les sentiments les nostalgiques facilement envoûtés par l'ambiance d'un film comme "La Forteresse Noire"; les ingrédients d'un bon vieux film d'horreur des années 80 sont ici pour séduire les fidèles aux divertissements gore sans prise de tête.



Sans développer le moindre dialogue profond, "The Demon's Rook" nous fait entrer dans le vif du sujet : un enfant rencontre un moine démoniaque qui le conduit dans un monde sombre et étrange où il apprendra à maîtriser la magie des créatures maléfiques. Concernant ce fameux univers, même si les décors se réduisent à quelques sculptures en pâte au beau milieu de l'obscurité, ça n'empêche pas que la tentative de dégager l'ambiance fantastique voulue soit réussie grâce aux lumières tamisées, la bande sonore et l'aspect des démons au visage entièrement recouvert du moulage de leur masque les rendant convaincants et nous rappelant les bonnes vieilles têtes affreuses des créatures de "Demons" de Bava.

Après avoir appris le pouvoir de son maître, le personnage Roscoe, sous l'emprise de la colère, ouvre un portail qui libérera trois démons qui finiront par semer le chaos sur Terre. Une conséquence qui réjouira les amateurs de gore car les exterminations déverseront une très grande quantité de sang même si la créativité en termes de gore reste à la base comme on en voit dans la majorité des films de zombies récents où c'est principalement par l'abdomen et la carotide que coule l'hémoglobine. Le genre d'effet gore qui rend le cinéma zombiesque clairement lassant et sans saveur depuis plusieurs années depuis le jour où ce sous-genre horrifique s'est "kikoolisé" par le milieu geek, mais ici les giclements de sang sont suffisamment nombreux et abondants pour régaler nos yeux.



Alternant les séquences fantastiques avec les scènes de boucherie, l'ensemble évite d'être inégal grâce à l'omniprésence des démons interprétés par des acteurs qui tentent de soigner leur jeu pour être le plus efficace et le moins ridicule possible. C'est chose faite, leur regard est un minimum terrifiant, la gestion de leurs hurlements reste correcte, les masques soigneusement travaillés empêchent que les grimaces ne deviennent risibles et l'atmosphère fantastique brumeuse vient magnifier sans problème leurs apparitions.

Concernant le scénario, le suspense, le jeu d'acteurs des personnages principaux, le manque évident de budget et les décors limités, on sent que ce petit côté foiré accessoirement ne satisfera pas le grand public et que le film se fera facilement démolir à tout moment par les puristes anti-films indépendants "faits maison". Sur une durée de 1h40 environ, le film tente de garder le rythme en essayant de faire preuve de divertissement au lieu de se lancer dans le film d'ambiance souvent coupé par des dialogues inutiles. Même si la présence de zombies affamés banalise un peu le tout, "The Demon's Rook" s'avère être, par moments, un exercice de style respirant la nostalgie du fantastique des années 80 et puise sa force dans l'esthétisme visuel des séquences démoniaques.



Un film surnaturel qui se concentre uniquement sur l'aspect de ses démons, sur leur environnement morbide, sur le jeu d'éclairage au couleurs fluorescentes et sur l'évacuation de la masse sanguine accompagnée de la chair déchiquetée. Le travail de James Sizemore né par le biais du crowdfunding avait le potentiel d'être un gros film bis gore aux pouvoirs envoûtants et aurait pu offrir plus de finesse et de matière pour le rendre entièrement bluffant. Mais on ne va pas lui en vouloir de ne pas avoir eu le budget idéal pour pondre une oeuvre parfaite car l'intention est belle et bien là, le bon divertissement passe en toute tranquillité sans avoir le besoin d'être pointilleux sur ses faiblesses, et les tentatives d'ambiances sont si séduisantes que seules les mauvaises langues pourront blâmer sa qualité fauchée.

"The Demon's Rook" montre donc que le charme et l'hommage peut prendre le dessus sur la perfection de la maîtrise technique rigoureuse.








Du même réalisateur :

DEMON'S ROOK - THE