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Réalisation
Fritz Lang

Scénariste
Fritz Lang, Thea von Harbou

Date de sortie
1924

Genre
heroic fantasy

Tagline


Cast
Paul Richter
Margarete Schön
Hans Adalbert Schlettow


Pays
Allemagne

Production


Musique
Gottfried Huppertz

Effets spéciaux



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Moyenne: 6
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Siegfried, fils du roi Siegmund de Xanten, termine son apprentissage chez le nain Mime. Il forge une magnifique épée. Désormais, il peut retourner chez lui, mais l'ambitieux jeune homme veut se rendre à Worms, capitale des Burgondes, pour conquérir la belle Kriemhild, sœur du roi Gunther. Traversant une forêt, il triomphe d'un dragon. Suivant les conseils d'un oiseau, il se trempe dans le sang du dragon qui le rend invulnérable à l'exception d'une zone sur son épaule où s'est posée une feuille.



Adaptation de La Chanson des Nibelungen, une légende scandinave reprise par les conteurs germaniques, Les Nibelungen est un film d'environ cinq heures, divisé en deux parties d'égale durée : La Mort de Siegfried et La Vengeance de Kriemhild. Dans cette première moitié, nous suivons donc le destin de Siegfried, héros germanique ambitieux et courageux, dans sa quête pour obtenir la main de Kriemhild, la soeur du roi des Burgondes.



Dans une première heure très rythmée, on nous présente donc le jeune homme, forgeron doué, dans de nombreuses péripéties : il affronte un dragon, trouve le trésor d'un nain, et doit ensuite affronter la redoutable Brunhild au cours de trois épreuves afin de pouvoir enfin conquérir sa bien aimée. Fritz Lang nous livre ici un récit d'aventures formidable, mettant en images les légendes nordiques avec un sens inégalable du visuel : l'affrontement avec le dragon est ainsi l'occasion d'images qui resteront gravées à jamais dans l'histoire du cinéma. On appréciera par ailleurs la qualité des effets spéciaux, modèles d'inventivité avec ces jeux de surimpression ou cette maquette de seize mètres animée par des hommes cachés à l'intérieur.

La seconde moitié de cette première partie se concentre sur les intrigues de palais, avec ses complots et ses trahisons. Magie du film muet, nous n'avons guère besoin de beaucoup d'explications pour comprendre les différents enjeux, et les panneaux de dialogue sont assez rares pour ne pas ralentir le film. On a alors tout le loisir d'apprécier l'évolution des différents personnages, d'une Kriemhild qui paraît d'abord bien cruche avant de se révéler implacable dans le final, à Siegfried dont l'arrogance et la trop grande confiance le mèneront à sa perte, en passant par le roi Gunther, incapable de s'imposer à une épouse offerte par le héros.



La réalisation de Lang permet d'instaurer un souffle étonnant dans cette seconde moitié pourtant bien plus calme, insistant largement sur les troubles des différents personnages et sur le destin inexorable de Siegfried (on relèvera d'ailleurs un court mais magnifique passage en animation, ou une superbe transformation d'un arbre en crâne humain). Il réserve encore quelques passages magnifiques, comme la mort du héros, transpercé par une lance dans un décor idyllique.



Les Nibelungen : la mort de Siegfried est ainsi une des plus grandes oeuvres de l'histoire du cinéma, avec une première heure épique et spectaculaire, avec un univers d'une incroyable richesse, et une seconde moitié plus calme mais presque aussi prenante. Avec quelques scènes mémorables et le talent de Fritz Lang et la qualité des effets spéciaux, le film résiste en plus admirablement aux assauts du temps, restant étonnamment moderne et bien plus réussi que tous les films de fantasy des 90 dernières années.








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