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Un flic commence son travail comme les autres sans s'attendre à ce qui peut lui arriver de pire. Un clochard à la réputation violente et satanique s'attaque à l'officier afin de poursuivre son rituel abusif dans les coins sombres de la ville...



"Collar" est sûrement le film le plus violent et le plus sombre de la filmographie de Ryan Nicholson, réalisateur connu pour ses oeuvres extrêmes sans limite "Hanger", "Torched" et surtout "Gutterballs".
Touchant parfois la parodie pour rendre ses films plus attractifs au beau milieu d'un déchaînement de violence, le cinéaste underground livre cette fois-ci un film entièrement sérieux sans la moindre touche d'humour; que ce soit la vulgarité excessive de "Gutterballs", les idées nauséabondes de "Hanger" ou l'absurdité volontaire des personnages et arrière-plans de "Famine" .

Démarrant directement sur une séquence éprouvante nous plongeant directement dans l'atmosphère sale et poisseuse des ruelles dégageant la pourriture, le personnage principal se dévoile comme un tueur sadique, abandonné de lui-même, antipathique, respirant la haine et la douleur et n'hésitant pas à massacrer de pauvres victimes au moindre croisement.

Pour les adeptes du cinéma indépendant, certains le compareront directement avec le répugnant et gerbant "Crazy Murder" et son clochard scatophile. Mais "Collar" reste dans un esprit de brutalité propre et soft malgré son atmosphère constamment sordide et glaciale. Par ailleurs, les seuls éléments auxquels le spectateur devra tenir compte sont les mêmes que les films qui le précèdent : la violence, les personnages et le gore.




Même si chaque film du réalisateur a son petit bonus pour faire ressortir un certain charme, dans le cas de "Collar" rien d'innovant ne sera apporté au cour de son visionnage que ce soit dans sa forme ou sa profondeur.

Les personnages sont toujours aussi dépravés mais celui qui retiendra le plus notre attention est bien celui de Massive, le SDF dangereux se baladant toujours accompagné de son chariot rempli d'armes de toutes sortes et qui a autrefois été abusé sexuellement par un prêtre, ce qui le pousse maintenant à commettre des crimes dans un but satanique... bon ok, l'humour pourrait bien se trouver dans l'explication du comportement du malheureux clodo satanique et sadique violé durant son enfance par un vilain prêtre pédophile. (Même "Perseveration" est plus convaincant et arrive à se prendre un minimum au sérieux). Oui, Ryan Nicholson n'a jamais été doué pour l'histoire de ses films toujours plus vides les uns que les autres scénaristiquement parlant.

Et c'est ce côté minimaliste qui tiendra ses films à l'écart des grandes productions et qui lui permettra d'agrandir la violence sans se soucier d'une quelconque censure; et ce n'est pas une mauvaise chose, bien au contraire.



En revanche, contrairement à ses autres films, "Collar" n'a rien d'original.
Les meurtres sont certes d'une (très) forte brutalité n'y allant pas de main morte, mais c'est le genre de mutilations auxquelles on s'habitue à force de visionner des films gore underground. Arrachage de coeur, crâne explosé, enchaînement de viols gratuits pour le plaisir, cannibalisme, égorgement, arrachage de mâchoire etc. Massive rivalise avec BBK par rapport au niveau de bestialité, mais quand il s'agit d'inventivité pour les meurtres, c'est l'homme à la quille qui reste au sommet du podium.

Les adorateurs du bon vieux cinéma extrême indépendant qui relève le niveau d'un genre qui va très mal depuis l'invasion des found footages et films d'esprits/possédés plus merdiques les uns que les autres, prendront évidemment plaisir à voir le sang jaillir et à voir les nombreuses mutilations brutales sur jeunes femmes dénudées en détresse ne pouvant qu'hurler et gémir pour avoir l'illusion de se défendre face à un gros clochard bourrin et sans compassion.

Le rythme tient grâce à une bande sonore électronique en bon terme avec l'ambiance sombre et aux personnages dont l'intelligence s'est barrée depuis fort longtemps et qui offrent toujours leur petite dose d'attraction grotesque; en particulier les deux types achetant des sans-abris dans le but de les filmer pendant qu'ils combattent entre eux jusqu'à la mort ("Hobo with a Shotgun" n'est pas loin) et qui se mettront à suivre Massive étant donné que ses agissements sont bien plus intéressants que de voir un malheureux clochard donner un simple coups de bouteille dans la gorge d'un autre.

On se retrouve finalement face à un métrage d'1h15 ne montrant que de la violence gratuite non-stop mais sans créativité de la part de notre cher Ryan Nicholson malheureusement. C'est certain que le grand public n'aura rien à faire devant un film pareil que ce soit pour son manque d'intérêt, le vide de son intrigue ou le taux de violence immorale qui y règne.



Mais ceux qui ont su apprécier "Torched", "Hanger" ou "Gutterballs" ne serait-ce que pour leur manque de retenue, trouveront de quoi les divertir à condition de débuter dans le cinéma gore extrême. Car pour les adeptes, ce ne sera que du réchauffé et aucun pseudo-message sur la condition de vie des SDF ou sur les regards voyeurs posés sur eux venant des personnes aisées ne saura justifier et approfondir l'enchaînement de violence brutale mais trop fade et banale pour faire réagir les âmes les plus endurcies. Et quand il n'y a rien d'autre à offrir que du gore rapide sur un décor très peu varié sans aucune tentative d'inventivité, et bien c'est l'ennui qui viendra à son tour. Certaines séquences sont bien gore mais la couleur du rouge sur un éclairage rouge enlève tout plaisir de voir le sang se déverser, et même si les effets gore sont plutôt très convaincants, le manque de tripaille dû à l'excès de dialogue entre chaque scène de meurtre casse légèrement le rythme. Au final, on ne retient que très peu de choses de ce "Collar", loin d'être choquant, loin d'être transcendant et à peine divertissant. Le seul intérêt serait de profiter de plusieurs meurtres très sanglants mais quand on en voit de toutes les couleurs chez d'autres réalisateurs créatifs bien plus généreux en gore, on peut très bien passer à côté même si le personnage de Massive s'avère être psychologiquement intéressant. L'esprit parodique des précédents films de Ryan Nicholson leur donnait bien plus de charme que l'esprit sérieux et ennuyeux de "Collar". Heureusement que le cinéaste ne se fatigue pas en ce qui concerne la brutalité sans limite mais il faudrait revenir sur la qualité des meurtres de "Gutterballs" pour espérer retrouver une dose de saveur intense. Attendons le fameux prochain "Gutterballs 2: Balls Deep" pour laisser la chance à Ryan de se rattraper.









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