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Réalisation
Eli Roth

Scénariste
Guillermo Amoedo, Eli Roth

Date de sortie
2013

Genre
cannibales

Tagline


Cast
Lorenza Izzo
Ariel Levy
Aaron Burns
Kirby Bliss Blanton


Pays
Etats-Unis, Chili

Production


Musique
Manuel Riveiro

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.5
(9 votes)
Un groupe d'activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d'une tribu particulièrement hostile..



Le voilà donc enfin, ce Green Inferno ! Plus de deux ans après avoir été terminé, plombé par les ennuis financiers de sa maison de production, le film d'Eli Roth débarque enfin sur les écrans. Enfin, vos écrans de télévision ou d'ordinateurs, pour la plupart d'entre vous, puisque, à l'exception de séances de cinéma se comptant sur les doigts d'une main, le cannibal-movie du réalisateur de Hostel et du récent Knock, knock se contente en France d'une sortie en e-cinéma, sous le prétexte que les spectateurs ne se déplacent de toute façon pas pour voir des films d'horreur au cinéma. Mouai...

Eli Roth choisit donc de ressusciter un genre disparu : le film de cannibales, qui a connu ses heures de gloire dans les années 70 et 80, sous l'impulsion de réalisateurs tels que Ruggero Deodato (Le Dernier monde cannibale, Cannibal Holocaust), Umberto Lenzi (Cannibal Ferox) ou Sergio Martino (La Montagne du Dieu cannibale). Que pouvait donc apporter Roth à un genre périmé qui ne laisse pas beaucoup de place à l'innovation ?



La réponse est simple : il va faire du Eli Roth. En tout cas, le Eli Roth sale gosse de Cabin fever plutôt que celui bien trop calme de Knock knock. Car si l'on s'attendait à un film violent - et on ne sera pas déçu - le réalisateur va surtout s'amuser à mettre autant d'horreur que d'humour dans son Green Inferno, réussissant à nous dégoûter quelques secondes après nous avoir fait rire. On regrettera d'ailleurs d'autant plus la sortie en e-cinéma : l'humour du film est typiquement celui qui s'apprécie au milieu d'une salle de spectateurs devenus complices, s'amusant des bonnes blagues bien grasses, des situations joyeusement loufoques et des idées complètement débiles qui ponctuent le film. Pas certain que ça fonctionne autant en le regardant seul.

On rit beaucoup donc, mais on frémit parfois aussi : quand le film choisit de passer aux choses sérieuses, il ne le fait pas à moitié. Si on regrettera l'absence de castration (un film de cannibales sans zigounette tranchée est-il un film de cannibales ?), on aura droit à notre lot de démembrements, d'énucléations et de tortures par des cannibales toujours aussi imaginatifs quand il s'agit de cuisiner des occidentaux trop curieux.



Pour le reste, on appréciera la réalisation d'Eli Roth, qui joue parfois de façon intéressante avec les couleurs (ces indigènes rouges se détachant dans l'ensemble vert) et nous replonge dans la forêt impénétrable des films de Deodato. J'avoue aussi avoir été convaincu par l'interprétation qui, sans atteindre des sommets, se révèle crédible, même quand le réalisateur les met dans des situations complètement farfelues. Quant à l'éventuel message derrière le film, n'en attendez pas trop : avec ses gros sabots et son don pour enfoncer les portes ouvertes, Roth se contente du minimum, même s'il fait parfois mouche.



The Green Inferno n'est donc pas totalement le film qu'on attendait : finalement très loin d'un Cannibal Holocaust, il s'agit en fait d'un pur film d'exploitation, où le gore bien crade côtoie le délire le plus intégral, quitte à parfois en faire trop et être régulièrement très, très con. En ce qui me concerne, un excellent moment, que je trouve bien plus réussi que tous ses films précédents...

Merci à Wild Side et Blanche-Aurore Duault (Miam communication) pour l'invitation au Grand Rex !






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