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Réalisation
Marcus Nispel

Scénariste
Kirsten Elms

Date de sortie
2015

Genre
possession

Tagline


Cast
Brett Dier
Brittany Curran
Gage Golighty
Stephen Lang


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Eric Allaman

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 1.5
(2 votes)
Une bande de jeunes poivrots/toxicos/obsédés/débiles (ne rayez pas de mentions, elles sont toutes vraies) décide de faire la fête dans un ancien hôpital psychiatrique. Lorsqu’un membre de ces joyeux drilles se retrouve possédé par un démon, forcément, c’est moins fun. Exorcisme, oui-ja, appel à un prêtre, 50/50 (ah non, pas ça), tout va être tenté pour libérer la victime de son hôte ! Attention, ça va saigner !



« Projet 666 » est le nouveau film d’horreur de Marcus Nispel. L’ami Marcus, on le connait pour son remake du chef d’œuvre de Tobe Hooper : « Massacre à la tronçonneuse ». A l’époque, en 2003, la crainte était de taille mais la surprise n’en avait été que plus belle puisque, évitant de simplement copier l’original, Nispel avait réussi à garder une ambiance malsaine tout en s’éloignant du film d’Hooper en stylisant le tout et en ajoutant en violence visuelle que ce bon vieux Tobe nous avait suggérée. Une bonne surprise suivit d’une seconde : le remake de « Vendredi 13 » qui bien que manquant parfois de souffle rendait honneur à la saga en devenant un des meilleurs volets.

Ensuite, ce fut un peu la débandade pour Nispel avec le massacre « Conan » devenu le remake de trop ! Pour son petit retour, le réalisateur revient donc au genre qui lui avait plutôt réussi, l’horreur, mais cette fois avec une œuvre originale. Enfin, originale, c’est vite dit puisque son nouveau métrage intitulé « Projet 666 » pompe sans vergogne tous les récents (et même plus anciens) films horrifiques actuels. A croire que les studios ont refusé à Nispel de tourner « Ouija », « Evil Dead », « Grave Encounters » ou « The Haunting in Connecticut » (dont l’affiche est un copier/coller hallucinant) et qu’il s’est donc pris le droit de mettre les concepts de ces films et de bien d’autres dans son nouvel effort. Sauf que là ou, par exemple, Stiles White se vautrait lamentablement avec son « Ouija », ce bon vieux Marcus s’en sort mieux en décidant de foncer tête baissé dans de la gaudriole « Z » frôlant le ridicule mais doté d’une sincérité louable et surtout d’effets gores jouissifs et réussis.



Le film n’y va pas avec le dos de la cuillère niveau connerie et cet humour placé au milieu de moments plus sérieux fait parfois tâche mais se révèle bénéfique. Ce décalage qui pourra surement en faire pleurer certains confère son identité au film. Entre les vannes pourries, l’exorcisme de fortune à l’aide d’une application internet, la réflexion sur comment se débarrasser d’un corps, on a le droit à un vrai festival de crétinerie. Il faut dire qu’avec ses personnages alcooliques, drogués et un peu attardés, il allait être difficile de les rendre attachants et intelligents face à la situation à laquelle ils sont confrontés à savoir la possession du petit frère du héros par un démon. Partant d’un postulat à la con, Nispel a décidé d’y aller à fond sans toutefois tomber dans la parodie.

Distribué par Jason Blum, le pape du cinéma d’horreur low cost, on a déjà la chance d’éviter un autre « found footage », toutefois, on voit bien que « Projet 666 » n’a pas un budget conséquent. Quelques acteurs, un lieu unique (ou presque), il manque clairement un peu de changement et surtout beaucoup d’originalité au film pour en faire une œuvre vraiment intéressante. Soyons clair : rythmé plus que de raison, massacrant ses personnages à un rythme soutenu et bien amené, le film se regarde avec plaisir (si on accepte son statut « zédifiant ») mais n’apporte clairement rien au genre. Pas d’originalité, des personnages creux, un décor sans âme, du pompage sans vergogne, « Projet 666 » est clairement une bande mineure pour Nispel mais aussi pour le cinéma d’horreur. Enchainant les scènes « clin d’œil » tout du long sans se soucier de la moindre cohérence, le film ne surprend jamais et arrivé le générique de fin, on ne se souvient finalement qu’avoir vu un gloubi-boulga de tout ce qui existe ailleurs et d’effets gore jubilatoires.



Étrangement, « Projet 666 » ressemble soit au premier film d’un jeune réalisateur qui aurait envie de mettre tout ce qu’il aime dans son film en se disant qu’il n’en ferait peut être jamais de second, soit au dernier film d’un réalisateur sentant sa fin de carrière venir et décidant de tout balancer sans se soucier de ce que l’on pourra en penser. Vu la carrière descendante de Nispel, on penchera plutôt pour la seconde solution mais avec une telle envie et une maitrise certaine de la caméra, on se dit aussi qu’il peut encore revenir, Marcus ! Avec « Projet 666 », il remonte légèrement la tête après la débâcle « Conan », espérons que ce soit pour se lancer vers un nouveau projet plus ambitieux.



« Projet 666 » est clairement le style de film qui divisera le public. Certains le trouveront nullissime, d’autres seront amusés par ce déluge de violence et ce mix entre premier et second degré mais très peu l’adoreront. Au final, son caractère Z mais sa réalisation et ses effets solides en font un divertissement honnête devant lequel on ne s’ennuie pas. Allez Marcus, maintenant que tu as « vomis » toutes tes références, ton prochain film d’horreur sera celui du grand retour !


Disponible chez SEVEN 7