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Aidés par un couple d’amis, Nina et Matt se rendent dans les forêts de Tasmanie afin de ramener des preuves de l’existence d’un tigre dont beaucoup semblent vouloir croire que la lignée s’est éteinte ou qu’il s’agit tout simplement d’une légende locale. Lors de leur périple, nos quatre explorateurs vont malheureusement avoir affaire à une autre légende, bien plus inquiétante celle-ci. En effet, autrefois un cannibale nommé Pieman semait la terreur dans les vastes forêts tasmaniennes et il semblerait que ce dernier ait laissé des traces après son passage, pire des descendants désireux de poursuivre les méfaits de leur ancêtre…



Australie ne rime pas uniquement avec "mad max" et films de crocodiles ("solitaire (eaux troubles)", "black water", "les dents de la mort"…). Même si depuis quelques années maintenant Greg McLean est devenu l’un des fiers représentants de son pays dans le milieu du cinéma fantastique, n’oublions toutefois pas que ce vaste pays océanien a donné naissance à de nombreuses petites pépites. "wolf creek", "razorback", "the loved ones", "undead", "long week end", "mister babadook", "these final hours", "insane”… Bref, la liste est longue mais il n’est (malheureusement) pas prévu aujourd’hui de vous en faire une chronique.

Non, aujourd’hui nous allons plutôt parler d’un survival australien, un genre plutôt apprécié par nos amis lanceurs de boomerangs, même si comme toujours il y a des hauts ("insane", "wolf creek"…) et des bas ("primal") dans les produits finis. N’allons pas le cacher plus longtemps, le film dont nous allons parler à présent se hisse volontiers dans le haut du panier justement : il s’agit de "dying breed" d’un certain Jody Dwyer.



Même si ce dernier n’apportera pas beaucoup d’originalité dans le genre survival (les clichés sont nombreux, tout comme les impressions de déjà-vu), il faut bien reconnaître toutefois qu’il n’y a pas que dans son titre (très accrocheur) que le film de Jody Dwyer montre des qualités (signé un rédacteur de chroniques qui est blasé de tomber sur des films bien médiocres alors que le titre bien juteux annonçait une toute autre chose).

Alors certes, brèche ouverte par Tobe Hooper en 1974 oblige, les films portant sur des dégénérés consanguins cannibales ne sont plus aujourd’hui des raretés dans le paysage cinématographique. Si "massacre à la tronçonneuse" donna lieu à des suites (plus ou moins réussies), un pseudo-remake ou encore une préquelle, d’autres ont choisi d’apporter du sang frais et ce sont entre autres des "détour mortel" (dont la saga en dents de scie ne semble pas vouloir se terminer…) et "la colline a des yeux" (qui comme vous le savez à donné lieu à une suite ratée puis deux opus) qui ont pointé leur museau pour venir compléter la liste grandissante de survivals mettant en scène des autochtones consanguins cannibales.

Toutefois, à la différence d’autres sous-genres arrivés à saturation (le néo-slasher des années 90 ou la vague déferlante de films de fantômes asiatiques aux cheveux longs et noirs par exemples), nous ne nous plaignons pas encore aujourd’hui de trouver quelques galettes mettant en scène le sadisme, la perversité et surtout l’appétit féroce de nos chers cannibales consanguins !

Et, à l’inverse d’un "détour mortel 3" par exemple, ce n’est pas ce "dying breed" qui viendra nous faire regretter que la source ne soit pas tarie.



Malgré un manque d’originalité flagrant, le film de Jody Dwyer demeure une œuvre très agréable à suivre. Ne souffrant d’aucun problème de rythme (à l’inverse par exemple d’un bien trop surestimé "wolf creek" parfois très long dans sa première partie), "dying breed" parvient à nous tenir en haleine du début à la fin.

Bien que la première partie soit dépourvue d’action (nous avons droit, comme dans tout bon survival qui se respecte, à la sempiternelle présentation des personnages, à la découverte de ce milieu reculé où ils ont atterri et de sa population quelque peu différente de celle des grandes métropoles), le film se suit sans ennui en grande partie grâce à un casting fort honnête mené tambours battants par un très amusant et ironique Nathan Phillips ("wolf creek", "these final hours", "des serpents dans l’avion"…) et un plus discret Leigh Whannel (scénariste notamment de la trilogie initiale "saw" et de la saga des "insidious").

A ces derniers s’ajouteront deux filles radicalement opposées (l’intrépide aventurière intello et la pisseuse lolita) mais surtout des rednecks pas trop tape-à-l’œil (exit les tarés de "pig hunt" par exemple), ce qui les rend d’autant plus inquiétants (malades ou pas malades?).

Malades, ils le sont bien, cela ne fait aucun doute! Visage dévoré, jambe grignotée, coup de hachoir en pleine tête… Les scènes brutales ne sont peut-être pas nombreuses mais font bien souvent mouche (la flèche venant se loger dans la joue gauche de l’un de nos autochtones ou la mort, quelque peu exagérée, d’un homme tombé coup sur coup sur deux pièges à loups sont deux scènes phares du film).

Mais outre ses quelques scènes sanguinolentes, c’est bel et bien dans l’atmosphère qu’il distille que "dying breed" retiendra notre attention. La tension allant crescendo au fur et à mesure que nous nous enfonçons avec nos quatre amis dans la forêt tasmanienne, l’ambiance devient vite pesante après la disparition de l’un d’entre eux pour ensuite virer au cauchemar éveillé!

Tout semble en effet vouloir nous mener vers l’horreur pure de la seconde partie du film. Passé ce petit village peu accueillant, nous allons visiter des lieux de moins en moins hospitaliers (une grotte naturelle très sombre, une galerie de mine piégée, la cabane du cannibale où trônent, comme le veut la coutume dans ce genre de film, trophées et autres joyeusetés répugnantes…), tout en nous enfonçant de plus en plus dans cette immense forêt, sorte de no man’s land verdoyant où le sentiment d’isolement et d’insécurité est très bien rendu (la musique étant quasi absente pour un maximum d’immersion, ce sont le sifflement des oiseaux et le bruissement des feuilles et de l’herbe qui prennent le relais en guise de bande sonore pour renforcer cette impression d’être seul dans ce lieu reculé et surtout d’être épié derrière chaque buisson).



Au final, "dying breed" est un fort honnête survival n’ayant pas trop à pâlir d’autres grosses pointures du genre. Sans être un chef d’œuvre en la matière (il aurait fallu déjà pour cela apporter un peu plus d’originalité, même si le final demeure très plaisant), ce petit film australien méconnu remplit parfaitement le cahier des charges du survival forestier.
Avec ses autochtones consanguins et cannibales, ses meurtres brutaux et cette sensation d’être seul et démuni dans cet immense enfer vert, le film de Jody Dwyer méritait bien que l’on s’y attarde le temps de quelques paragraphes.








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