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Réalisation
Tamakichi Anaru

Scénariste
Tamakichi Anaru

Date de sortie
1998

Genre
barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Kanako Ooba
Kikurin
Tamakichi Anaru


Pays
Japon

Production


Musique
Barom One

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.7
(9 votes)
Une femme nommée Kana et un homme nommé Kiku se font embaucher par deux hommes pour le tournage d'un film porno amateur. Lors de la progression du film, plusieurs éléments déviants viennent s'ajouter jusqu'à ce que l'actrice ne supporte plus les indications qui lui sont imposées. Tentant de fuir, le réalisateur l'assomme, la ligote au lit et débute une série de mutilations atroces sur elle. Le film porno devient ainsi un snuff movie...



Experts dans la déviance, les japonais se livrent souvent à des jeux sexuels frôlant la limite du trash venant accueillir la violence pour transformer la pornographie en horreur. C'est bel et bien le cas dans "Tumbling Doll of Flesh" (aka "Niku Daruma" aka "Psycho: the snuff reels" aka "Judge for Yourself" etc.) devenu un objet connu tout d'abord par son affiche explicite et fortement dérangeante laissant clairement présager un film extrême à ne pas sous-estimer. Une affiche devenue une véritable pépite poussant certains collectionneurs à tenter de choper la seule VHS officielle introuvable du film mais ne se contentant seulement de quelques DVD bootlegs piratés ou d'un téléchargement à stocker sur leur ordinateur. Dans tous les cas, un simple support de ce film rare suffit pour assombrir une collection qu'on pourrait juger trop mainstream. Quant à l'oeuvre elle-même, est-elle à la hauteur de sa réputation ? Pas vraiment.

Pour ceux qui ont déjà vu "Devil's Experiment" et "Flowers of Flesh and Blood", vous n'aurez que du réchauffé mélangé à du porno plus ou moins BDSM. En effet, l'actrice principale se fait accepter dans un tournage de film porno qui tournera très mal lorsque que la pauvre fille sera amenée à subir quelques sévices corporels, bondages, déversement de cire de bougie, flagellation etc. Et voilà que l'on plonge dans la simulation de snuff movie. Tamakichi Anaru, qui a également réalisé les films déviants "Women's Flesh" et "Suicide Dolls", participe lui-même à la fête et tente de nous offrir un moment de violence provocatrice, gratuite et sans pitié.



Mais commençons d'abord par parler des 45 premières longues et ennuyeuses minutes ne se centrant que sur les scènes de sexe explicites... "Tumbling Doll of Flesh" fait malheureusement partie de ces nombreux films sexuels ne déversant le gore que dans ses dernières minutes après de longues séquences inutiles qui n'intéressent aucun amateur d'horreur. Pendant ces 45 minutes nous avons droit à des séquences de pénétration, de fellation, de cunnilingus, de discussions autour d'un repas ou d'utilisation d'accessoires enfoncés dans les deux orifices préférés des plus coquins, et quand c'est ancré dans une absence totale d'ambiance et de rythme, autant vous dire que l'ennui s'installe très rapidement.

On retrouve les mêmes éléments d'un mauvais films porno amateur japonais (y compris le floutage des parties génitales) sauf qu'on continue le visionnage dans l'unique but de voir le sang couler dans les instants à suivre. Après que le réalisateur assomme sa seule actrice pour l'empêcher de fuir, il la ligote et commence directement les mutilations plus soft que prévu mais étant tout de même très réalistes même si on devine facilement certains effets gore. De ce côté-là, on ne pourra pas reprocher les plans de caméra qui permettent quand même d'apprécier le spectacle sans supporter des gros plans foireux. La détresse de la victime se fait ressentir au point de nous mettre légèrement mal à l'aise et la première scène gore s'avère simple mais radicale.

Rappelant "Flowers of Flesh and Blood" on a droit à l'amputation d'une jambe et d'un bras assez brutales, mais la scène emblématique du film sera évidemment la plus marquante et ne laissera personne indifférent : le dépeçage de langue à l'aide d'un éplucheur suivi d'un cisaillement qui empêchera la victime de crier. Une séquence gore qui sera finalement l'unique intérêt du film tant le réalisme de cette atrocité frappe fort dans l'estomac. Continuant sur une scène d'éventration, "Tumbling Doll of Flesh" était là avant "August Underground Mordum" pour livrer un viol des entrailles bien dégueux mais peut-être trop caché par les pixels.



Concluant ainsi par un coup de hache en plein visage accompagné d'une bande sonore inaudible et la castration d'un des mecs, le réalisme reste omniprésent mais le manque d'ambiance réduit l'impact des scènes hard que l'on pourrait finalement comparer à des death videos trouvables sur Ogrish, Rotten, etc.
Ça reste finalement une simulation de snuff movie banale et loin d'être aussi puissante et traumatisante qu'on le pensait. Qui plus est, sur une durée d'1h15 il est difficile d'être satisfait d'avoir supporté 45 minutes de pornographie pour 15 min de scènes gore peu nombreuses et sans efficacité (si on met de côté la scène de la langue).

"Tumbling Doll of Flesh" est plus une curiosité dans la lignée des films de Daisuke Yamanouchi plutôt qu'un réel film d'horreur abordant le concept du faux snuff pour tester de nouvelles idées tout comme les limites du spectateur; dans le genre "Muzan-e" a fait bien mieux. Et le fait de rajouter de longues scènes pornos non simulées n'ajoute aucune saveur au plat, bien au contraire, c'est plus long, chiant et fade.

Si Tohjiro avait été le metteur en scène des séquences sexuelles, peut-être que ça aurait permis d'éviter d'utiliser la télécommande pour avancer le film et ça donnerait l'occasion de se lancer dans l'expérimentation porno-trash pour faire subir à notre estomac quelques remontées avant de terminer en beauté avec des scènes gore réalistes. Mais on doit se contenter de simples cordes, coup de fouet et d'un peu de cire de bougie...



Le métrage de Anaru est difficilement recommandable que ce soit pour son intérêt cinématographique ou son intérêt expérimental dédié à ceux qui désirent se faufiler dans les limites les plus sombres des réalisations de films underground. Malheureusement, seule la scène de la langue pourrait gagner le cœur des fans de films extrêmes. Le manque de dynamisme, d'ambiance, de musique, de brutalité, de créativité et d'esthétisme ne donnera aucune envie de re-visionner une oeuvre underground qui est gâchée par du porno pixelisé. On est loin du climat sale et froid de "Women's Flesh" bien plus malsain, bien plus gore et bien plus dérangeant.

A noter qu'il est très facile d'être réaliste quand on a si peu de matière en soi (on devine approximativement la faible somme qui constitue le budget) donc même si certaines personnes sensibles seront susceptibles d'installer le doute concernant l'authenticité des séquences de mutilation, ça n'empêche pas que même le premier volet de la trilogie "August Underground" est moins soporifique.
Finalement, ce qui fait le petit charme de cette oeuvre underground c'est tout simplement son affiche déviante, son réalisme et son éplucheur de légumes.









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