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A une époque futuriste indéterminée, un groupe de prisonniers est condamné à l'exil sur une planète inhospitalière. En effet, celle-ci est aride, grisâtre et contient en son sein d’horribles créatures. Toutefois « l'île », est la seule partie de cet enfer où l’on peut vivre en toute sécurité. C’est donc le but à atteindre que se sont fixés nos détenus, à leurs risques et périls cependant…



Voici un film de science-fiction récent directement sorti en vidéo, lointain cousin de "Planète hurlante" et de la saga mettant aux prises "Riddick" et ses amis nyctalopes, le tout emballé avec un résumé a priori intrigant. Seulement voilà, c’est produit et réalisé par des russes, donc méfiance car nos voisins communistes sont souvent capables de faire du chef-d’œuvre long à digérer car bien complexe comme "Solaris" ou "Stalker", tous deux de Tarkoski ou bien de commettre du pas mal mais tarabiscoté (cf. "Night watch" de Timur Bekmanbetov) ou encore de nous pondre du génial mais difficile à regarder pour les âmes sensibles à l’instar de "Philosophy of a knife" de Andrey Iskanov. Autrement dit, le cinéma de genre soviétique est souvent long, pas facile d’accès et dense d’un point de vue scénaristique. Rassurez-vous tout de suite, ici le scénario qui décrit ni plus ni moins qu’une énième histoire de survie en milieu hostile, est plutôt maigre. Ce n’est de surcroît pas original pour deux centimes, parfois incohérent (voir l’avant-dernière scène avec l’empreinte de main…), très puéril dans l’âme tant cela semble avoir été écrit par un ado prébubère et surtout, tout est présenté montre en main en deux minutes chrono par une voix off féminine assez pénible d’où le manque d’empathie pour les personnages. Comment voulez-vous en effet vous attacher aux protagonistes quand vous ne connaissez rien d’eux et qu’ils n’ont aucun background !? Et je ne vous parle même pas de la prévisibilité de la trame (exception faite de la fin) des dialogues superficiels qu’on fait débiter aux personnages et de leurs réactions stupides pourtant typiques dans les survival mais qui là, viennent plomber encore plus une entreprise plus que vacillante !



L’autre gros point négatif de Titanium (d’ailleurs pourquoi ce titre dans la version française ?) concerne le casting, particulièrement pauvre il faut le dire. Evgeniy Mironov (dans le rôle d'Ervin, le héros, mais aussi le « Vychislitel » du titre russe signifiant « calculatrice », donc le matheux quoi !) fait tout ce qu’il peut mais n’a aucun charisme et semble bien vieux par rapport à Anna Chipovskaya qui l'accompagne et avec qui va s’instaurer une inévitable romance à laquelle on ne croit pas du tout ! Il faut dire qu’elle, dans le rôle de Kristi, hormis un physique à la garçonne intéressant proche de celui d’Anne Parillaud dans « Nikita », n'est pas du tout convaincante en fille soumise à la loi du plus fort et pouvant être abandonnée à tout moment au bon vouloir de son accompagnateur. Quant aux acteurs secondaires, on a vraiment l’impression qu’ils sont venus arrondir les fins de mois tant leur jeu est mono expressif et d’une fadeur extrême, à l’instar d’un Vinnie Jones (déjà présent et ridicule dans l’inénarrable "Les condamnés" ou bien sous-exploité dans "Tooth and nail" mais excellent dans "Midnight meat train") plus cabotin que jamais !



Ce qui peut choquer également dans ce long-métrage, ce sont les idées véhiculées par les scénaristes. Effectivement, comment ne pas rester coi devant une héroïne qui se complet dans un discours misogyne étonnant (elle se décrit elle-même comme faible et perdue sans la présence d’un homme !) pendant que celui qu’elle accompagne la traite comme de la marchandise plus ou moins sacrifiable. Pendant tout le film, un message machiste est retranscrit assez clairement à travers les actions des protagonistes et les dialogues qu’ils échangent, sympa ! Mais ce n’est pas tout puisque la morale finale semble faire l’apologie du pouvoir en place, donc de Poutine, puisque finalement, comme le dit l’héroïne (sic !), on ne sait pas qui on aura à la place du gouvernement déjà installé car ça pourrait être pire (ah bon ?). Quelle tristesse de raisonnement antirévolutionnaire au possible !

Reste que visuellement, le film est relativement réussi. Les effets spéciaux sont d’assez bonne facture par rapport au budget qu’on devine malingre et l'ambiance de la planète est parfaitement retranscrite dans la photographie avec cet environnement beau et spacieux qui interpelle. Ce sont ces derniers points qui relèvent, à peine, la note globale du film, il ne faut pas non plus exagérer !



Sorti directement en DVD en 2015 dans nos contrées mais réalisé en 2014, ce premier long métrage du russe Dmitriy Grachev, à la fois réalisateur et coscénariste, mêle science-fiction et survival en copiant sans vergogne des métrages réussis du type "Pitch black". Malheureusement, le film ne parvient pas à passionner son spectateur ainsi qu'à créer un semblant de tension, ce qui, vous l’avouerez, est un comble pour un survival ! Frivolité révolutionnaire, effets spéciaux tentant de relever le tout sans être non plus transcendants, dialogues dignes d’une série Z, scénario indigent et acteurs en perdition (Vinnie Jones si tu nous lis : tu joues mal !) sont donc au programme de ce Titanium bien fade qui n’offrira pas aux fans de films de genre comme moi de quoi se sustenter un minimum. N’aurait-il pas été plus judicieux d’en faire un court-métrage comme ceux de la série "Metal hurlant chronicles" en réduisant certains passages inutiles ? Enfin, moi je dis ça…









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