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Née sous un ciel étoilé, Jupiter Jones est promise à un destin hors du commun. Devenue adulte, elle a la tête dans les étoiles, mais enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en nettoyant des toilettes. Ce n'est que lorsque Caine, ancien chasseur militaire génétiquement modifié, débarque sur Terre pour retrouver sa trace que Jupiter commence à entrevoir le destin qui l'attend depuis toujours : grâce à son empreinte génétique, elle doit bénéficier d'un héritage extraordinaire qui pourrait bien bouleverser l'équilibre du cosmos…



Après le très bon "Cloud Atlas", les Wachowski continuent à explorer leur vision de la science-fiction avec "Jupiter : le destin de l'Univers" (rien que ça !), une oeuvre à mi-chemin entre le space-opera à la Star Wars et le cyberpunk à la "Matrix". Au programme donc, combats dans l'espace, créatures fantastiques, romance entre la princesse et le soldat pour un film dont la générosité n'a d'égale que le côté bordélique.



En effet, l'histoire part dans tous les sens, avec cette reine réincarnée dans le corps d'une terrienne, avec notre planète devenant la source de toutes les convoitises, avec cette idée déjà présente dans Matrix de l'humain élevé pour servir d'énergie à une entité qui l'élève comme du bétail, avec des trahisons dans tous les sens, des querelles familiales, avec des pouvoirs spéciaux, des passés torturés...

Bref, tout ça aurait sans doute facilement rempli deux ou trois films et, si on ne va pas reprocher aux Wachowski de ne pas prendre le spectateur pour une vache à lait, leur film devient vite indigeste, d'autant qu'il ne fait que deux choses : en foutre plein la tête d'un spectateur incapable de gérer autant d'informations dont aucune ne semble vraiment majeure, et lui en foutre plein les yeux.



Quand il ne se montre pas bavard, Jupiter nous offre en effet un festival de scènes d'action, qui partent elles-aussi dans tous les sens. Si le duo fait un véritable effort pour rendre ces passages lisibles, il faut reconnaître qu'on s'y perd également par moments, la faute à une surenchère constante et à quelques idées un peu idiotes (les bottes anti-gravité de Tatum). Pourtant, la qualité des effets spéciaux et certains passages très spectaculaires permettent de remonter le niveau du film, réveillant le spectateur anesthésier par les histoires de cours et de coeur. Visuellement, ces passages sont très réussis, bien plus en tout cas que certains décors intérieurs ou certains aliens. Allez, on aura au moins le loisir d'admirer Mila Kunis ("Black swan", "Le Monde fantastique d'Oz") et / ou Channing Tatum ("White House down", "Foxcatcher").



Jupiter ascending est donc finalement assez symptomatique du cinéma des Wachowski : d'une générosité folle, mais souvent bordélique dans sa volonté d'en mettre le plus possible et d'aligner les inspirations, références et autres clins d'oeil avec un chausse-pied. Hélas, cette fois, la surenchère noie complètement le film, autant dans les nombreuses scènes d'action que dans les nombreuses scènes plus calmes, donnant un film bourrin et grossier dont on ressort épuisé...