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Réalisation
Thierry Zéno

Scénariste
Dominique Garny, Jonh Kupferschmidt, Thierry Zeno

Date de sortie
1974

Genre
insolite

Tagline


Cast
Dominique Garny


Pays
Belgique

Production


Musique
Alain Pierre

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.4
(7 votes)
Un jeune homme vit entièrement seul dans sa ferme, entouré d'animaux. Etant sa seule compagnie, il partage leur quotidien jusqu'à entretenir des rapports contre nature avec sa truie...



Le cinéma regorge de films planqués aux fins fonds des productions les plus déviantes et étranges qui soient. "Vase de Noces" est l'un de ces chefs-d'oeuvre obscurs que l'on regarde avec curiosité et qui, par sa bizarrerie et sa déviance très poussée, n'a aucun mal à nous installer dans un profond malaise et une forte sensation d'isolement cauchemardesque. Ce film trash dramatique et muet aborde des sujets plus que tabous et de manière frontale car ici on se retrouve face à la zoophilie. Une sorte d'histoire d'amour dérangeante entre un homme solitaire et sa truie. Cet homme qui respire la solitude poussée à son paroxysme, le désespoir et l'isolement le conduisant à une déshumanisation si réaliste et cohérente qu'elle en devient terrifiante.

N'ayant que ses animaux autour de lui, le pauvre homme n'a d'autre solution que de vivre avec les moyens de sa ferme. On comprend qu'il n'a pas vécu seulement auprès des animaux car il a l'air de conserver les gestes et les capacités de l'Homme dans la vie sociale. Ces images à la fois belles et sales nous dévoilent un aspect désastreux de l'homme seul et forcé de supporter la routine d'une vie vide, sans sensation ni saveur. Cependant, on ressent quand même une très belle poésie qui se dégage de ce film sûrement accentué par une bande sonore composée avec des chœurs de chants aigus. Cette atmosphère noire et sublime rend le film unique en son genre et lui permet de rejoindre les films inclassables sortis des abysses et changeant définitivement notre vision du cinéma, "Begotten" le suivra plus tard dans le lot des films underground oubliés et déterrés par les adeptes du genre cinématographique trash et isolé des grandes productions.




Il était inévitable qu'un film de ce genre au contenu scandaleux allait se retrouver dans les coins poussiéreux, car notre personnage a des agissements que n'importe qui pourrait trouver horribles, inhumains ou déjantés, pas spécialement dans le sens se référant à la violence ou à la brutalité, mais plutôt dans le sens psychologique dû à son intégrité auprès du milieu animal. Mais "Vase de Noces" n'est pas là pour choquer dans le but de choquer. Il se dévoile d'abord comme une véritable poésie : le fait de s'amuser avec un pigeon en plaçant une tête de poupée sur sa tête dès la première minute du film et dégageant une certaine forme d'art transgressif orchestré par l'ensorcelante musique mélodieuse.

Quelques minutes plus tard voilà que notre homme désorienté et plongé dans la déshumanisation s'adonne à un jeu de cache-cache avec sa truie bien-aimée avant de se mettre à nu pour procéder à des attouchements, des caresses et une tentative de copulation. Quelques passages de "Vase de Noces" pourront être comparés à une histoire d'amour retranscrite dans le thème de la zoophilie. Le genre de séquences donnant l'impression d'être parodiques, mais aucun sourire ne sortira de nos lèvres car le film prend tout au sérieux et chaque acte se réalise naturellement sans la moindre dérivation contextuelle (y compris les plus trash et les plus troublantes). C'est là où est la puissance de la réalisation de "Vase de Noces": les gestes hors du commun et indignes de l'Homme moderne deviennent tout simplement naturels (peut-être grâce à la rapidité de l'habitude que l'on prend à s'attacher et à vivre le quotidien du personnage principal).



Nous avons ici un conte d'amour zoophile penché sur le désespoir du mâle humain tentant de s'accoupler avec une femelle animale, prouvant une fois de plus son isolement total du monde civilisé au point d'avoir des gestes aussi étranges que dérangeants : décapiter une poule avant de la remettre en cage, placer la tête de cette dernière dans un bocal pour compléter une collection de choses compromettantes, sonner la cloche de l'église pour lui-même, l'élevage de porcelets jusqu'au moment où il se décide de les pendre tous les trois et mettre la pauvre mère face à cette scène sordide qui la fera fuir en hurlant de douleur etc.

Rongé par la tristesse d'avoir perdu la truie qu'il aimait, le fermier solitaire comblera son manque en pratiquant la coprophagie qui livrera plusieurs minutes indigestes et absolument répugnantes. Non seulement le déséquilibre mental de notre cher zoophile s'accentue mais toujours dans des gestes naturels, mais aussi les nombreuses dégustations d'excréments (parfois assaisonnés d'urine pour humidifier le déchet du bloc alimentaire) auront de quoi retourner les estomacs de la même manière que "Salo ou les 120 journées de sodome" en tombant dans le trash paroxystique. Un acte banal et récurrent pour les animaux dans le but de recycler les minéraux présents dans les selles, un acte malsain et immonde pour les hommes n'extériorisant que le rejet de soi-même après avoir rejeté les seuls êtres qui l'entouraient et qu'il affectionnait. Voilà que le malheureux agriculteur s'abandonne totalement et se réduit au niveau de l'animal sans plus aucune émotion et finit par se suicider.



Au final "Vase de Noces" s'avère être un film dramatique insolite underground absolument fascinant dans l'exploitation de son sujet pourtant si dur à traiter avec autant de beauté. Mais la douceur de sa mise en scène, bien que perturbante au vu de certaines images, rend l'ensemble transgressif, ultra-réaliste mais pour un public très averti. Un tableau énigmatique étrange, bizarre, profond, captivant, dégoûtant, expérimental, poussiéreux et hypnotique.








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