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Le mini-zoo pouponnière, la croisière kayak du Crétacé, le bassin du mosasaure, sans compter l'hôtel 5 étoiles, les 8 cafés, les 12 restaurants et les centaines de protocoles d'urgence et dispositifs de protection... Le parc à dinosaures construit sur la Isla Nubar par le multimillionnaire Masrani, n'est pas prêt de se laisser déborder, ni par ses visiteurs, ni par sa faune... Autant vous dire que le temps du carnage est revenu.



On ne l'attendait presque plus : à force de projets avortés, d'annonces maintes fois annulés, d'innombrables reports, l'idée d'un quatrième volet de la saga "Jurassic Park" semblait destinée à rejoindre le cimetière des oeuvres mortes avant même d'être nées. Et pourtant, vingt-deux ans après le film de Steven Spielberg (qui aura toujours une importance particulière pour moi, étant le tout premier film que je suis allé voir au cinéma) le parc ouvre enfin de nouveau ses portes, sous la forme d'un reboot partiel, Jurassic world étant destiné à lancer une nouvelle saga tout en reprenant des éléments de la précédente trilogie.



Sans Steven Spielberg, sans Jeff Goldblum, sans Sam Neill, sans même Joe Johnston (bon, vu "Jurassic Park III", ce n'est pas plus mal), le film choisit de repartir sur de nouvelles bases, imaginant une histoire où le parc d'attraction a enfin pu ouvrir ses portes, et reprenant les ultimes pistes présentes dans Le Parc Jurassique de Michael Crichton mais n'ayant pas encore été utilisées à l'écran - autrement dit, les idées dont les trois précédents films n'ont pas voulu, à savoir celle de la manipulation génétique des dinosaures (encore que l'idée de croisement n'est absolument pas présente chez Crichton, et semble plutôt dérivée des productions SyFy et Asylum comme "Sharktopus" ou "Piranhaconda") et des vélociraptors apprivoisés. Ajoutez-y Chris Pratt, l'acteur assez insignifiant pour se faire voler la vedette par un raton-laveur, un arbre et un catcheur en fin de carrière dans Les Gardiens de la Galaxie, un réalisateur méconnu (Colin Trevorrow) et une histoire qu'on connait déjà, et tout ça ne sentait pas très bon.



Verdict : Jurassic World va se révéler aussi con que généreux. Evidemment, on sait d'avance que la nouvelle création, l'Indominus Rex (prenez du vélociraptor, du T-Rex, de la seiche, de la grenouille, mélangez le tout et vous avez un fantasme de savant fou de série Z) va s'échapper à la première occasion et foutre le bordel dans le parc. L'avantage, c'est que les scénaristes en sont également conscient, et vont donc lâcher la bête assez tôt dans le film afin de multiplier les scènes d'attaque. Si vous voulez voir du reptile préhistorique bouffer du touriste ou se battre avec d'autres dinosaures, vous allez être servis... et parfois même un peu trop, Jurassic World n'hésitant pas à jouer la carte de la surenchère, notamment dans sa dernière partie.



On pourra ainsi apprécier de voir les dinosaures redevenir les véritables héros du film, effaçant avec bonheur des personnages insipides, des éternels gamins à sauver au spécialiste des dinosaures invulnérable. Le film va également tout faire pour brosser le fan du film de 1993 dans le sens du poil en multipliant les clins d'oeil : des objets, des répliques, des personnages, et même certains plans repris à l'identique, sans oublier une conclusion à la symbolique évidente qui rappelle qui sont les véritables stars de la saga. A ce titre, le film va même nous offrir certains éléments dont on rêvait depuis le film de Spielberg, avec par exemple un vrai parc d'attraction rempli de dinosaure et autres reptiles préhistoriques (dont l'impressionnant Mosasaurus) où les boissons sont hors de prix et où les produits dérivés se vendent par milliers et des mises à mort nombreuses et relativement violentes.

"Jurassic World" mise donc tout sur ses dinosaures, ce qui donne un film au scénario totalement laissé de côté au profit d'idées souvent saugrenues, que l'on a davantage l'habitude de rencontrer dans les nanars animaliers que dans ce type de production. Cela ne permet pas d'oublier les nombreux défauts du film, parmi lesquels une galerie de personnages - et d'acteurs - sans grand intérêt, mais permet de passer un bon moment grâce à un rythme très soutenu dès l'évasion de l'impressionnant Indominus Rex, qui va plonger le parc dans un chaos assez fou où les victimes seront nombreuses. C'est finalement tout ce qu'on demandait, ou presque.








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