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Nous sommes en 1987, dans une petite ville proche du Maine. Une nuit, Seth voit son meilleur ami, Mark, disparaître dans une explosion de lumière fluorescente mystérieuse et bleutée en provenance du ciel. Deux ans plus tard, alors que Seth peine à se remettre des conséquences de ce terrible accident et que les soupçons continuent de peser sur lui, une série de meurtres étranges viennent perturber la quiétude de la communauté locale. A la lueur d’indices éclairés, Seth découvre que Mark est de retour et qu’il pourrait avoir un rapport avec ces assassinats. Ainsi, à l’aide de Jen, l’ancienne petite amie de son ex meilleur pote, il essaiera d’arrêter ce dernier, bien décidé à envahir la ville et même plus. Qui sortira vainqueur de cet affrontement ?



Joe Begos est un amoureux des années 1980 et de la VHS horrifique et ça se voit ! Avec Almost human (à ne pas confondre avec la série éponyme) il nous concocte une véritable lettre d'amour en hommage à cette vague de films d'horreur, mais tout comme pour de nombreux longs-métrages du passé, il présente une pellicule d’un niveau moyen, aussi bien par son générique (qui emprunte une police inspirée de "Halloween") que par sa réalisation semblant vraiment datée. Ainsi, lorsque l’on commence le visionnage, on a l’impression de se retrouver devant un conglomérat de "Bad taste", "L’invasion des profanateurs", "The thing", "Xtro" ou encore "Hidden", rien que ça ! Mais à part ça, le scénario est creux et ne contient même pas le semblant d’une bonne idée, cela ressemble plus à du pompage qu’à un hommage aux films précités. Bref, c’est l’histoire d’un mec qui a été victime d’une abduction extraterrestre et qui réapparait un beau jour dans le but de transformer les gens comme lui à l'aide de parasites qui contrôlent le corps humain. Et là commence l'invasion, il va tuer les premiers venus pour les inséminer, les victimes renaissant -après un passage dans une sorte de cocon- sous forme humaine avec la créature en eux. Leur comportement général, comme dans tout bon film d'enlèvement extraterrestre qui se respecte, est altéré : ils deviennent en gros des tueurs psychopathes silencieux. Et donc le long-métrage n’avancera qu’en fonction de cet élément principal : entre deux dialogues insipides, il y aura une scène de meurtre ! Pour son premier film Joe Begos propose alors le strict minimum en ne creusant pas du tout les éléments qu’il a empruntés par ci, par là, surement par manque de moyens ou bien d'idées ou tout bonnement pour cause de « flémingite aiguë » !



Toutefois, on peut porter à son crédit le fait que le métrage nous offre, à l’image d’un slasher, de nombreuses morts avec une petite touche gore bien vue ! Ce qui est, somme toute, une petite satisfaction car les meurtres sont bien violents et sanglants. Tout comme les effets horrifiques tiennent tout à fait la route et sont bien sympathiques pour certains (notamment la membrane d’insémination !) mais ça reste trop peu pour maintenir un réel intérêt sur la longueur même si le film est assez court (1h10 hors générique !). C’est bien simple, hormis les homicides, le métrage n’est qu'une succession d'incohérences, d’ellipses, de choix incompréhensibles, de gags involontaires, de faux raccords, de dialogues maladroits qui font que l'on se demande quand même comment le réalisateur a pu arriver au terme de son entreprise sans que ses producteurs ne se posent la moindre question sur la qualité de ce qu’ils ont financé ! Mais le pire de tout, outre le scénario écrit avec les pieds, c’est le jeu des acteurs. Ces derniers sont en effet épouvantables, mais ne semblent pas le faire exprès, ce qui peut vous faire rire si vous aimez le comique absurde, bien évidemment ! Ils ont tous autant de charisme qu’une huître après une marée noire et leur interprétation est si insipide que tous les films d’Eric Rohmer vous paraîtront doux et hyper bien joués en comparaison, c’est dire ! On peut cependant arguer qu’à leur décharge, ils ne sont pas aidés par le script : d’un côté on a le méchant (qui a bien le physique de l’emploi, reconnaissons-lui au moins ça !) et de l’autre les gentils, point barre ! Peut-être qu’avec des personnages un minimum consistants, le film aurait pu s’en sortir et transcender son simple statut de série B à forte tendance Z ?



Pas sûr, car la bande-originale n’est pas non plus folichonne. Begos aurait dû (pu ?) en choisir une beaucoup plus saillante avec des effets sonores de fou, voire une qui sorte des sentiers battus genre en décalage avec ce qui apparaît à l’écran comme dans le générique de début de "La dernière maison sur la gauche" de Wes Craven. Mais bon, plaire à son public semble être le cadet des soucis de ce jeune cinéaste américain qui lui, semble se faire plaisir en tant que fan en assumant ses références et c’est tout ! Pour ce qui est du reste, il n’y a pas grand-chose à redire de particulier : la photographie et les décors à la périphérie du Maine, région d’adoption de Stephen King, n’ont rien de choquant, ni même de transcendant. Le plus amusant dans cette histoire, c'est que les défauts sont tellement nombreux et involontaires que leur accumulation transforme sans le vouloir le long-métrage en comédie. C’est toujours ça de gagné ma bonne dame car au moins, par moments, on rit bien !



Au final, Almost human n’est pas un véritable navet mais ça reste un petit film sans réelle consistance. Si l’ensemble fait preuve d’une belle générosité côté horreur et meurtre, on ne peut toutefois nier que c’est plus un défouloir référentiel de la part de Joe Begos qu’autre chose. Et en dépit de son autonomie de seulement quatre-vingts minutes environ (génériques compris), le rythme est lent, certaines scènes inutiles ou bien hors écran et les acteurs sont tellement peu crédibles qu’ils semblent avoir été choisis à la courte paille ! Alors à tous les amoureux des eighties, on a envie de leur dire « Soyez sympas, rembobinez » !









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