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Une bande de copains décide de changer les idées à l’un de leur ami terrassé par un divorce compliqué. Pour se faire, ils décident d’aller tous les sept dans une petite bourgade isolée nommée Moodley. Le but de ce petit week-end est fort simple : squatter un bar et s’amuser comme au bon vieux temps entre potes. Mais voilà, une fois arrivés dans ce petit village paumé au milieu de nulle part, nos amis se rendent rapidement compte que cet endroit n’est guère accueillant. Rues désertes, aucune voiture en mouvement, bar vide… Où sont donc passés les habitants ? Pas très loin en fait… Du moins ce qu’il en reste… Car de toute cette population campagnarde, il n’y a plus que des femmes! « Super » pourrait-on alors penser pour notre bande de potes désireux de passer du bon temps ici… Sauf que l’ensemble des habitantes de Moodley sont devenues des zombies assoiffés de sang et dévoreurs de mâles!



Vous l’aurez aisément compris en lisant le résumé que je vous ai pondu ci-dessus, "doghouse" est un film carrément déjanté qui vient compléter la longue liste déjà existante de comédies horrifiques peuplant les festivals, les cinémas et le marché du support laser. Un genre qui a connu un renouveau dans les années 2000 avec un certain "shaun of the dead" d’Edgar Wright principalement et qui ne cesse de voir sortir chaque année de bonnes grosses poignées de longs-métrages, plus ou moins réussis il va sans dire.

Depuis le début de ce nouveau siècle, le cinéma fantastique anglais nous a montré de bien belles choses. Outre le grand retour de la Hammer, société de production britannique célèbre entre autres pour ses nombreux films sur Dracula, ce sont notamment quelques réalisateurs anglais qui vont se démarquer dans le domaine du fantastique. Nous pensons bien entendu à Edgar Wright (qui œuvre également beaucoup aux Etats-Unis) à qui l’on doit des "shaun of the dead", "hot fuzz", "le dernier pub avant la fin du monde" ou encore "Scott Pilgrim" et "Paul", mais également au talentueux Neil Marshall ("the descent", "doomsday", "dog soldiers"…), sans oublier Christopher Smith ("creep", "severance", "triangle"…) ou encore le plus timide Michael J.Bassett par exemple ("la tranchée", "wilderness"…). Nous pouvons également citer d’autres œuvres britanniques du vingt-et-unième siècle ayant fait leurs preuves dans le monde du cinéma fantastique : "28 jours plus tard" de Danny Boyle bien-entendu, l’excellent "eden lake", le très médiatisé "la dame en noir", le timide mais fort réussi "kill list", mais aussi "isolation", "bienvenue au cottage" et bien d’autres encore !



Un cinéma britannique en pleine effervescence donc qui nous balance en 2009 un nouveau zombie movie intitulé "doghouse". Réalisé par Jake West (à qui l’on doit également "razor blade smile", "evil aliens" ou encore "pumpkinhead : les condamnés"), ce long-métrage ne connaitra peut-être pas un succès retentissant mais se classe facilement dans le haut du panier des comédies horrifiques zombiesques sorties ces 15 dernières années.

Pourtant, "doghouse" n’est clairement pas exempt de défauts. En effet, même si nous avons ici une histoire complètement décalée, aux idées bien farfelues et à l’humour british clairement mis en avant, il faut bien reconnaître que le film va rapidement montrer ses limites scénaristiques et voir son rythme stagner dans une seconde partie bien moins stimulante.

Certains pourront également reprocher au film de Jake West de ne pas étoffer un peu plus son scénario ou de ne pas aller un peu plus loin dans ses idées : ne pas nous expliquer précisément ce qui s’est passé pour que la bourgade de Moodley soit ainsi aujourd’hui (nous aurons droit uniquement à de rapides témoignages incomplets d’un militaire rencontré là-bas), nous donner une phase 2 dans la mutation des zombies peu convaincante, nous donner un final très perfectible… Car oui, "doghouse" se focalise principalement sur l’action et les péripéties (ce qui n’est pas forcément un mal mais qui pourra en décevoir certain(e)s) au détriment d’un scénario plus travaillé.

Par ailleurs, l’humour parfois très lourd et très porté sur le sexisme n’aidera pas "doghouse" à être apprécié par de nombreuses spectatrices, voyant en ce dernier un déferlement de gags machistes (l’un des trois personnages principaux est tout ce qu’il y a de plus misogyne).
Le film de Jake West semble vouloir d’ailleurs nous montrer que la femme est la principale menace du début à la fin : pénibles dans leurs couples respectifs dans l’introduction de "doghouse", ces dernières deviennent ensuite des ennemis/zombies à abattre (car le virus n’infecte que les femmes bien-entendu!)
Des idées et des gags très misogynes qui peuvent donc gêner un public pourtant parfois habitué à des personnages machos au cinéma (mais peut-être pas à ce niveau…).



Passés ces quelques détails et points négatifs, nous retiendrons de "doghouse" de belles qualités. A commencer par un humour déjanté tout au long du film : des péripéties amusantes en veux-tu en voilà (l’arrivée de « mamie » zombifiée, la séquestration de notre vilain misogyne en prise avec une bonne mama zombie…), des situations mordantes et quelques peu exagérées au rendez-vous (tirs de balles de golf sur les zombies, faire diversion avec une tête d’homme placée sur une voiture radio-télécommandée…).

Les personnages sont également un atout indéniable de "doghouse". Ultra-stéréotypés pour notre plus grand plaisir dans ce genre de production, nous avons droit à un macho roi de la drague, un geek des plus allumés, un maître dans la zen-attitude, un militaire fort et vaillant, un homosexuel (oui, c’est comme dans les téléréalités : il en faut toujours un!), un brave gars (joué par Stephen Graham, vu dans "snatch", "gang of New-York", "public enemies" ou encore dans la peau d’Al Capone dans la série à succès "boardwalk empire")… Une bien belle brochette de mâles plus ou moins virils, plus ou moins bêtes également, mais en tout cas tous appréciables à notre plus grande surprise (même si notre macho de service pourra en énerver plus d’une…).

Et que dire de nos fameuses zombies girls? Là encore, nous sommes agréablement surpris par leurs looks et leurs comportements. Démarches saccadées (comme si nous avions affaire à des marionnettes) et menaçantes (nous avons parfois l’impression qu’elles ne contrôlent plus leurs corps : de bien belles prestations de nos figurantes et actrices!), nos zombies girls sont également fort bien mises en valeurs grâce à des maquillages de très bonne facture et à des tenues vestimentaires diverses et variées (chacune a gardé ses vêtements de travail ou des vêtements particuliers qu’elles portaient au moment de l’infection : coiffeuse, charcutière, gothique, mariée… tout y passe en termes de looks à la manière des morts-vivants dans le jeu-vidéo "house of the dead overkill"!).
Et rassurez-vous, ce sont des dures à cuire : les armes qu’elles ont parlent d’elles-mêmes (ciseaux, hache, couteau, perceuse…) et les scènes sanglantes sont au rendez-vous (décapitation, tête fendue en deux, dégustation d’intestin, doigt coupé, colonne vertébrale sectionnée…). Elles ont beau être stupides, ce sont surtout de redoutables prédatrices cannibales!



Malgré un scénario peut-être pas assez étoffé, des idées pas assez poussées et un humour très misogyne qui pourra en rebuter plus d’un(e), "doghouse" demeure toutefois un bon petit divertissement. Avec ses zombies girls déjantées, stupides et voraces (on pense forcément au nanar culte "la revanche des mortes-vivantes"), ses personnages ultra-stéréotypés mais ô combien sympathiques et sa bonne dose d’humour bien décalé, le film de Jake West vous fera passer un bon petit moment devant votre écran.








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