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Quatre personnes acceptent d’être les cobayes d’une expérience scientifique. Réunis dans une salle avec pour unique mobilier une grande table et des chaises fixées au sol, ces derniers vont rapidement comprendre qu’ils ne sont pas ici pour une expérimentation anodine. En effet, derrière ce semblant d’expérience scientifique quelconque se cache en réalité un programme gouvernemental classé top secret dans lequel tous les cobayes ne survivront malheureusement pas…



Présenté dans une petite poignée de festivals à travers le Monde, "the killing room" a notamment été nominé au Festival du Cinéma Américain de Deauville en 2009 ainsi qu’au Festival du Film Policier de Beaune l’année suivante. Présenté également en ouverture du Festival de Sundance en 2009, ce troisième long-métrage de Jonathan Liebesman (à qui l’on doit également "nuits de terreur", "massacre à la tronçonneuse : le commencement" ou encore "ninja turtles") s’inscrit dans la grande lignée des thrillers psychologiques.

Film d’un réalisateur sud africain à la filmographie en dents de scie (alors que nombreux ont adoré sa préquelle des aventures de notre cher Leatherface, certains ont plus ou moins apprécié "nuits de terreur" tandis que beaucoup par contre ont été déçus de "world invasion : battle Los Angeles" et "la colère des titans" par exemple), c’est avec quelques années de retard que je visionne "the killing room" et, forcément, avec aussi quelques doutes quant à la qualité de la marchandise (vendue pourtant ici dans une jolie petite édition de chez Seven Sept avec fourreau cartonné en relief et deux-trois bandes annonces plus ou moins intéressantes dont celle du film "l’expérience" justement, amusant…).



Partant d’un postulat de départ rappelant indéniablement un "saw" ou pourquoi pas également un "cube" (entendons par là que nous avons droit ici à un groupe de personnes enfermées dans une pièce pour une raison encore inconnue), le film de Jonathan Liebesman va rapidement se démarquer de ces deux derniers. Pas suffisamment horrifique et bien trop porté sur les domaines politico-scientifiques pour rappeler un "saw" et pas suffisamment claustrophobique pour le comparer bien longtemps au film de Vincenzo Natali, "the killing room" va donc certes nous offrir un huis-clos plutôt bien maîtrisé ceci dit (la sensation d’emprisonnement est bien rendue) mais choisira la carte de l’originalité en sortant quelque peu des sentiers battus, préférant laisser le choix à d’autres de nous balancer un énième saw-like avec gore et scènes de torture en veux-tu en voilà.

Une bien bonne décision et un bien sympathique tournant que nous percevons assez rapidement en visionnant le film de Jonathan Liebesman. Exit les scènes purement graphiques et autres effets sanguinolents bien souvent jugés faciles et si ordinaires dans le paysage cinématographique actuel, "the killing room" repose en effet sur une trame psychologique bienvenue à laquelle viendra se greffer un contexte politico-social (avec ces fameuses conspirations gouvernementales) comme nous commençons à en voir de plus en plus depuis les attentats du 11 Septembre (évènement d’ailleurs mentionné dans le film).



Seulement voilà, alors que le film de Jonathan Liebesman possède indéniablement un scénario de qualité avec des idées fort alléchantes sur le papier (le final inattendu est surprenant et vient interpeller le spectateur sur une possible réalité qui nous entoure), ce dernier est malheureusement entaché d’un rythme soporifique. Lent et bien trop blablateux, "the killing room" ne parvient effectivement pas à maintenir en haleine le spectateur qui commence alors à se tasser dans son canapé jusqu’à ce que son front arrive à la hauteur de la pointe de ses pieds posés sur la table basse du salon (voyez l’image…). Le manque de rebondissements se faisant déjà cruellement ressentir, lire les sous-titres (pour ceux privilégiant les versions originales sous-titrées) de cette sempiternelle voix off (présente pour nous narrer, dans un jargon scientifique bourré de codes pompeux, le déroulement de l’expérience) lassera immanquablement le spectateur alors pu vraiment sur le qui-vive.

Par ailleurs, même si le film fourmille de bonnes idées parfois amenées de façon peu orthodoxe (l’aspect paranoïaque est notamment bien rendu, même si pour ce faire on n’hésite pas à aller à l’encontre de l’éthique, à accuser un peu hâtivement la communauté musulmane), nous ne pouvons que regretter que cette idée de manipulation mentale ne soit pas suffisamment poussée. Les interprétations ont beau être convaincantes dans l’ensemble (même si nous regretterons de ne pas voir suffisamment Peter Stormare et Chloë Sevigny), cette expérience est peut-être expédiée un peu vite et nous laisse que peu de temps pour jouir des interactions entre le peu de personnages que nous avons à l’écran… L’expérience s’avère en effet assez creuse, manque de profondeur, et ce final, bien que fort intéressant sur le papier, tombe un peu trop facilement dans notre gueule.

De même, nous aurions peut-être aimé en voir (et en savoir) un peu plus du côté de Chloë Sevigny, personnage ô combien important car elle représente ici l’œil du spectateur en quelque sorte, celle par laquelle nous voyons tout ce qui se déroule lors de cette expérience ultra secrète. Développer également un peu plus le profil psychologique de ce personnage aurait pu donner (comme nous l’espérions pour beaucoup d’entre nous en cachette) un second dénouement à l’intrigue (comment réagir face à cette expérience allant contre l’éthique et les valeurs de son pays?) et peut-être de ce fait un final un peu moins expéditif que celui proposé ici.



Au final, "the killing room" s’avère être un thriller non dénué d’intérêt, interprété par un casting d’honnête facture et questionnant sur des interrogations bien ancrées dans notre temps (j’entends par là la période post – 11 Septembre).
Il est regrettable cependant de voir ce petit scénario bien sympathique entaché d’un rythme aussi pompeux, le principal défaut du film de Jonathan Liebesman il va sans dire.