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Le journaliste Arnie Blondestone a rendez-vous avec Dave dans un restaurant chinois, afin qu’il lui raconte ses exploits surréalistes. En effet, le jeune homme et son comparse John forment un duo de losers attachants mais surtout, ils ont testé tous deux une nouvelle drogue révolutionnaire et surpuissante (« la soy sauce », autrement dit « la sauce soja » si l’on traduit) qui leur permet d’entrevoir une réalité parallèle peuplée de démons et où ils sont considérés comme de véritables messies. Arriveront-ils à sauver les habitants de cette réalité parallèle en danger ? Et surtout, reviendront-ils dans la leur ?



Présenté au festival de Sundance en 2012, mais sorti aux Etats-Unis en 2013, cet OFNI est basé sur le roman éponyme de David Wong, également - quelle coïncidence - personnage principal du film ! Ce long-métrage au titre évocateur marque le retour d’un réalisateur culte, Don Coscarelli. En effet, le metteur en scène de "Dar l’invincible" et de la franchise des "Phantasm", n’avait pas fait parler de lui depuis 2002 pour un long-métrage (avec "Bubba Ho Tep") et depuis 2005 pour la télévision (avec un segment de la série "Masters of horror"), autrement dit ça faisait un bail que l’on n’avait pas vu le bon vieux Don à la fête ! Et il le fait avec un titre fort suggestif en plus ! Avouez que John dies at the end, ça a de la gueule quand même comme appellation ! Mais méfiez-vous du titre ! Ce n’est pas un spoiler dans le sens conventionnel du terme. Certes, il y a bien un personnage nommé John et bien entendu il va mourir à un moment donné du métrage. Mais pas comme vous le pensez car le film est un véritable pied-de-nez à la narration linéaire habituelle. Ici, les flashbacks se mélangent au présent en passant par les fast forwards sans mégotter ! Oubliez aussi la cohérence thématique, la plausibilité psychologique et à peu près tout ce que vous pourriez vous attendre à rencontrer dans un long-métrage de ce genre. Celui-ci zigzague dans tous les sens, trébuche souvent mais, comme un matou aguerri, retombe correctement sur ses propres pattes avec quelques bonnes hallucinations des familles. C’est souvent absurde, mais l'expérience vaut le détour.



Ainsi, le monde de Dave et John nous apparaît bien réel, mais un univers parallèle où vivent de viles créatures ainsi que certains personnages secondaires loufoques (qu’ils soient vrais ou fantasmés…) à l’instar du dealer rasta par exemple, viennent s'y greffer, tant et si bien que nos deux héros vont devoir lutter sévère pour repousser les ennemis hors de notre univers. Toutefois, ils se feront aider dans leur entreprise par le docteur Marconi, personnage ô combien énigmatique mais efficace. John dies at the end est ainsi un film insolite avec de forts relents fantastiques, ce qui se voit à travers les SFX plutôt honnêtes compte tenu d’un modeste budget. Coscarelli cultive également un humour très second degré avec des gags qui s’enchaînent dans un grand n’importe quoi assez jubilatoire : la poignée de porte qui se transforme en pénis, le hot dog qui sert de portable, les démons faits de morceaux de saucisses, j’en passe et des meilleurs. Il réussit de fait à embarquer le spectateur dans une rocambolesque aventure provoquant une forte empathie pour nos apprentis héros que l’on suit allègrement dans leurs délires psychédéliques, le tout filmé avec passion.



Côté casting, si les deux jeunes Chase Williamson et Rob Mayes (vus surtout à la télévision) assurent un maximum dans ce buddy movie déjanté, on retiendra avant tout la performance de Paul Giamatti (jouant dans; "l’illusionniste", "la planète des singes" de Tim Burton, et encore "amazing Spider-man : le destin d’un héros" ) très drôle dans le rôle du journaliste à la recherche du scoop du siècle et celle de Clancy Brown (une « gueule » du cinéma Bis aperçue dans "highlander", "starship troopers", "pathfinder" ou dans les séries "la caravane de l’étrange" et "lost") interprétant magnifiquement un très charismatique champion du paranormal capable de maîtriser n’importe quelle entité démoniaque psychiquement et même par téléphone s’il vous plait ! Et puis c’est sans compter sur un petit caméo d’Angus Scrimm, le célèbre fossoyeur du cultissime "Phantasm" !

On pourrait cependant regretter que la fin ne se contente que d’une pirouette ultime qui arrive comme un cheveu sur la soupe et que finalement Coscarelli n’ait pas visé plus haut par manque de rigueur (ou d’envie ?). En effet, son film pourrait s’apparenter à l’univers que Richard Kelly affiche dans "donnie darko" ou encore "southland tales" mais en sacrifiant la cohérence narrative et en y ajoutant un esprit potache avec différents degrés d’humour. Autrement dit, on a l’impression que John dies at the end, qui reste tout de même un bon petit trip hallucinogène, aurait pu être un long-métrage culte si son réalisateur avait eu plus d’ambition, mais bon ça reste fun, hein !



Attention amis spectateurs, John dies at the end est un métrage à ne pas mettre devant tous les yeux. Non pas qu'il soit hyper subversif ou bien encore trop gore mais le réalisateur sur le retour le baigne dans une ambiance plus qu’irréelle. La rationalité ? Le sieur Coscarelli n’en a jamais entendu parler, du moins pas pour ce métrage. Mais attention, le père Don se permet tout de même ici une plongée assez bien maîtrisée dans un univers singulier, virage qu’il avait commencé à prendre, dans une moindre mesure, lors de son précédent film. Alors si vous aimez le cinéma qui sort des entiers battus, ce long-métrage est fait pour vous. Néanmoins, le fait que ce ne soit pas plus jusqu’au-boutiste et que tout soit tourné de manière désorganisée pourrait malheureusement en faire décrocher certains. A vous de tester la came donc afin de vous faire votre propre opinion !