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Paul, Christine et leur fille de neuf ans, Lisa, décident de quitter leur chère Hollande pour venir habiter en Belgique, dans une grande demeure laissée en héritage par la défunte mère de Christine dont cette dernière avait pourtant perdu le contact depuis de nombreuses années. Très vite après leur emménagement, la jeune Lisa commence à avoir d’étranges visions : un fantôme, qui s’avère être celui de la sœur jumelle de sa mère décédée quand Christine n’était encore qu’une fillette, lui rend visite de temps en temps, hantant ses nuits à l’abri des regards de ses parents. Quelque chose ne va pas chez Lisa, ses parents le sentent bien et commencent à sérieusement s’inquiéter pour leur fille dont le comportement devient de plus en plus étrange…



La Hollande n’est peut-être pas un grand grand pays en termes de cinéma fantastique reconnaissons-le mais a su ces dernières années nous offrir quelques bonnes petites choses, rappelez-vous notamment du complètement décalé "the human centipede", des épisodes hilarants des New Kids ("new kids turbo" et "new kids nitro") ou encore plus récemment du très rafraîchissant "the pool (2014)". Il est certain que, outre deux de ses plus grands artisans œuvrant dans le cinéma fantastique que sont Paul Verhoeven ("robocop", "total recall", "starship troopers"…) et Dick Maas ("l’ascenseur", "amsterdamned", "saint"…), les Pays-Bas ont probablement encore bien d’autres surprises à nous offrir par la suite…

Et c’est notamment lors du festival international du film fantastique de Porto (Fantasporto) en 2011 qu’un certain réalisateur hollandais Elbert Van Strien va nous présenter son film intitulé "two eyes staring" (ou "zwart water", son titre original). Film qui, comme déjà une poignée de grands du genre avant lui à Fantasporto (nous pensons notamment à "braindead", "Henry, portrait d’un serial killer", "scanners", "seven", "deux sœurs" ou encore "cube" pour ne citer qu’eux), va remporter le Grand Prix du festival portugais cette année-là.



Et pourtant, comme d’autres Grands Prix décernés à Fantasporto (citons par exemple "miss zombie" en 2014 ou "fausto 5.0" en 2002 : des films ayant d’ailleurs raflé le Grand Prix à Gérardmer en parallèle), "two eyes staring" n’est pas exempt de défaut, loin de là même… Mais n’est-ce justement pas cela parfois l’un des charmes des festivals : faire découvrir des petits films sans grande prétention et les récompenser à leur juste valeur ? C’est même un grand classique dirons-nous de voir un film peu médiatisé, voire quasi dans l’impossibilité à priori de rivaliser avec les grosses montures, remporter le Grand Prix d’un festival…

En fait, si "two eyes staring" peut se féliciter de cette reconnaissance à Porto, c’est bien grâce à son scénario. Original et intelligent, ce dernier saura notamment nous surprendre dans un dénouement final offert sous la forme de deux twists bien menés et sans réelle fausse note.

Un scénario qui se plait à tromper son public durant un bon moment du film. Nous pensons en effet être confrontés par moments à un énième film de maison hantée, une histoire de fantôme vengeur (nous nous y trompons même en pensant que nous avons peut-être devant nous ce qui pourrait être la réponse néerlandaise aux films de fantômes asiatiques), voire plus tard à un vulgaire film de possession, pour finalement déboucher sur un drame familial teinté de psychologie. Un thriller mêlant plutôt habilement les codes de la psychiatrie et de la schizophrénie qui, sans chercher à nous en balancer plein les mirettes (les effets spéciaux ne sont pas vraiment à l’honneur ici, seul le maquillage du fantôme de la fillette retiendra notre attention), va par tous les moyens tenter de sortir des sentiers battus pour nous livrer autre chose qu’un vulgaire film d’enfants maléfiques vu et revu.

Ajoutons à cela une ambiance appropriée à ce genre de film censé être quelque peu angoissant tout de même : une musique collant parfaitement à la narration, un isolement certain de notre petite famille perdue dans cette vieille et grande bâtisse, la découverte de certains endroits (un peu cliché mais bon…) tels que la cave ou le grenier où nous n’aimons que trop peu aller habituellement (parcourir les longs couloirs sombres de cette grande demeure, descendre seul à la cave où semble se réfugier notre fantôme : un mélange de déjà-vu mais qui nous émoustille toujours un peu), sans oublier les fameux jump-scares (faisant plus ou moins mouche soyons honnêtes…).



Une ambiance bien retranscrite ici mais qui peine toutefois à véritablement faire peur. Nous frissonnons effectivement un peu par moments devant "two eyes staring" admettons-le mais pour ce qui est des poils qui se dressent nous pouvons passer notre chemin.

En fait, l’un des principaux problèmes du film d’Elbert Van Strien est sa dynamique. Très lent dans sa première partie, nous suivons de ce fait avec parfois un peu d’ennui cette histoire visiblement centrée sur le personnage de Lisa. Et justement, là encore notre film ne parvient pas à happer entièrement le spectateur en raison d’un casting peu racoleur. Pas suffisamment développés, pas intéressants pour deux sous, les protagonistes de "two eyes staring" ne sont franchement pas mis en valeur.

Notons notamment un personnage de Lisa en demi-teinte : alors que nous apprécions la manière dont la solitude et la détresse de cette fillette sont retranscrites (elle fait presque autant de peine que le malheureux Oskar dans "morse"), nous ne pouvons que déplorer son manque d’expression dans son jeu, certes, de jeune actrice. Heureusement, notre petite Lisa saura bien plus nous convaincre dans une seconde partie de film, tout comme sa mère (moyennement convaincante jusque là) qui nous gratifiera là d’une bien meilleure interprétation (sans pour autant crier au génie).



Doté d’un scénario intelligent et franchement original mais également d’une ambiance réussie (décors, musique et éléments surnaturels), "two eyes staring" aurait cependant mérité un bien meilleur traitement que celui-là. Englué dans sa première partie par un rythme lent, entaché par un casting bien banal et dépourvu de véritables scènes de frissons, le film d’Elbert Van Strien parvient finalement à se hisser non pas sans difficulté sur la partie haute de l’iceberg grâce à un scénario habile et fort intéressant.








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