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Ruth Warren, une riche actrice sur le déclin, a du mal à trouver des rôles principaux à la mesure de son glorieux passé. Ainsi, elle finance les expériences du docteur Ashton, spécialiste du rajeunissement des tissus. Seulement voilà, elle veut des résultats immédiats mais le scientifique rechigne car il pense, à juste titre, que la formule de jouvence doit être perfectionnée sur des sujets d'origine animale avant d’être testée sur un être humain. Mais au diable la déontologie médicale et les dangers éventuels, l’ancienne vedette menace de couper les fonds pouvant fermer à jamais son laboratoire si bien qu’Ashton accepte à contrecœur de lui injecter le produit de l’éternelle jeunesse qui n’est pas encore finalisé. L'opération est, du moins au début, un franc succès et la vieille femme a rajeuni d’au moins vingt ans et se fait désormais appeler Elizabeth. Mais voilà, elle commence petit à petit à perdre de sa superbe et apprend que pour être efficace, le sérum implique le retrait de certains fluides du cerveau humain. Sera-t-elle alors prête à tout pour retrouver une seconde fraîcheur ?



Petit film des années 80 à budget moyen, The Rejuvenator (connu également sous le titre « La quête de jouvence » chez nos amis brésiliens et « Rejuvenatrix » chez nos cousins américains) est en partie inspiré par le long-métrage "La Femme guêpe", produit et réalisé par Roger Corman, pape du cinéma Bis. Mais il s’inspire aussi beaucoup de "Re Animator" (pour le scénario) "Aux portes de l’au delà" (pour les maquillages des corps humains déliquescents), tous deux de Stuart Gordon. En plus de cela, il emprunte aussi à d’illustres récits fantastiques tels que celui du Dr Jekyll et M. Hyde (pour le dédoublement de personnalité), ainsi que la légende de la comtesse Elizabeth Bathory (connue pour se baigner dans du sang prélevé sur des damoiselles encore vierges afin de rester jeune).

The Rejuvenator est ainsi un petit film de savant fou qui essaie de trouver la fontaine métaphorique de la jeunesse. Contrairement à "Re Animator", auquel on l’a longtemps comparé, le médecin n’essaie pas de faire ressusciter une personne décédée, mais il tente de faire rajeunir une femme et de garder son état de fraîcheur intact, tout en luttant contre les effets secondaires du sérum qu’il lui injecte. Le métrage, sous ses allures de petite série Z fauchée, aborde ainsi des thèmes d’actualité intéressants tels que : l’éthique médicale, la toxicomanie et la superficialité d’Hollywood, sans toutefois creuser en profondeur toutes ces idées, mais en parler n’est déjà pas si mal pour ce type de production, avouons-le ! Pour le reste, vous repasserez, car côté script, rien de nouveau sous le soleil du cinéma de genre.



En effet, le film est assez répétitif, car on assiste pendant un certain temps à des dialogues relativement similaires car tournant autour de la nécessité ou non de se servir du sérum sur des êtres humains. Les discussions ont ainsi lieu entre : la riche actrice (qu’elle soit âgée, rajeunie ou défraîchie) et le docteur Ashton, ou bien entre celui-ci et son assistante Stella, ou encore entre Ashton et son supérieur le Dr Jermaine, exigeant de savoir pourquoi son laboratoire passe par un tel nombre important de cadavres humains. Et puis on a quelques scènes d’action venant un peu pimenter le tout comme celle hyper longue du night club où Elizabeth tente de séduire de jeunes mâles ou bien encore celles où l’actrice se transforme en monstre hideux au crâne démesuré le matin au réveil et que le docteur arrive, tel un bon samaritain, avec sa seringue magique pleine de fluide rajeunissant ! Pour renforcer ses répétitions excessives masquant les méandres d’un scénario formellement creux, on retrouve quasiment tout le temps les mêmes décors avec : tantôt la demeure luxueuse de Ruth Warren (grande propriété du New Jersey dégotée par les producteurs), tantôt le laboratoire où Ashton semble avoir élu domicile tellement on l’y aperçoit. Pour la petite histoire, ce labo est en fait un ancien hôpital abandonné traitant principalement la tuberculose sur Staten Island, à New York. Le laboratoire a ensuite été utilisé dans l’excellent "L’échelle de Jacob", de 1990. Rien ne change donc vraiment dans le déroulement de l’intrigue, à part peut-être la séquence de la boîte de nuit, avec entre autres réjouissances ci-avant énumérées, la présence d’un vrai groupe de Metal composé exclusivement de femmes (les Poison Dollys) interprétant deux titres : « Turn out the lights » et « Nice boy », nous immergeant à fond dans les eighties ! Complètement surréaliste je vous dis !



Côté casting, on notera la présence anecdotique de Jessica Dublin, qui a joué la mère de Toxie dans « The toxic avenger II et III » et celle de Vivian Lanko, vue dans "The Refrigerator". Quant aux autres, rien de transcendant tant les protagonistes sont fades et ne suscitent guère l’empathie. La vraie star, bien sûr, ce sont les maquillages. Plutôt que de remplacer l'actrice avec une doublure dans un costume en caoutchouc, les effets spéciaux sont de la partie et deviennent de plus en plus complexes (voire grotesques) mais sont construits sur le visage et les mains de l'actrice Vivian Lanko. Ainsi, sa chair semble gonfler comme de grosses bulles cutanées (et ça grâce à des vessies d'air dissimulées sous une fausse couche peau), tandis que ses mains deviennent noueuses, comme des serres d’aigle allongées. Mais que dire également des croûtes sur son cuir chevelu et des liquides multicolores régurgités de ci, de là !? Qu’est-ce que l’actrice a dû endurer comme heures d'application et d’enlèvement des couches de maquillages ! Rien que cela, ça force le respect quant à son investissement dans le rôle !



Ainsi, The Rejuvenator par son côté trop itératif et évident, la restriction de son décorum, le manque de charisme de ses acteurs et son intrigue trop ténue (on devine la fin dès le départ) ne transcendera pas son genre. Tout juste sourira-t-on devant les maquillages assez bien faits et la scène de la discothèque d’une autre époque.









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