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Réalisation
Lawrie Brewster

Scénariste
Sarah Daly

Date de sortie
2013

Genre
maisons hantees

Tagline


Cast
David Schofield
Alexandra Nicole Hulme
Euan Douglas


Pays
Angleterre

Production


Musique
Andy McDonald , Craig Sutherland

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.9
(6 votes)
Après la mort de sa mère, James Findley hérite du Domaine de Baldurrock. Mais depuis, James est hanté par des rêves récurrents étranges dont l’apparition d’une entité étrange avec le corps d’un homme, des longues griffes et la tête d’un hibou. Ces cauchemars pourraient être reliés à la mémoire supprimée de l’enfance de James associée à la vieille famille de chez lui. Lorsque James arrive à Baldurrock, il fait la connaissance d’Evie, une charmante américaine ayant un certain goût pour les vêtements vintage. Alors que leur relation se développe, les cauchemars s’aggravent et l’entité commence à envahir la vie de James le plongeant petit à petit dans la folie. Baldurrock détient un sombre secret et très ancien...



Les films d’épouvante se font rares ces temps-ci, enfin en particulier les BONS films d’épouvante. Rares sont ceux qui offrent une peur sans faire appel aux jump scares insupportables accompagnés d'aucune ambiance et très peu se détournent des simples films d’esprits ou de possession qui ont sans cesse la manie de n'offrir jamais rien de nouveau tout en sombrant dans la banalité. Dans le cinéma d’épouvante, les déceptions sont de plus en plus nombreuses. Alors qu’en est-il du cinéma d’épouvante indépendant ?

Eh bien "Lord of Tears" fait partie des très rares films indépendants revenant à l’ancien style fantastique de la Hammer et étant rempli d’ambition et de volonté ! Nous voilà face à un film gothique british qui nous rappelle sans problème "La Maison du Diable" de Robert Wise ou les films de Mario Bava et Roger Corman, et manipulant un duo d’acteurs qui peuvent sembler clichés mais restant toutefois très attachants.



L’ambiance lugubre est directement mise en avant par l'intermédiaire d'une succession d’images épileptiques plus sombres les unes que les autres reflétant les arbres plongés dans la brume et l'inquiétante mais belle atmosphère lugubre qui s'en dégage. Même cette ambiance est par moments inégale entre la réalité et les cauchemars du personnage principal, "Lord of Tears" nous offre de quoi nous sentir mal à l’aise lors de certaines séquences oppressantes. Par la beauté des décors, la somptuosité des images et la douceur des musiques mélodieuses, le film créé un climat occulte et surnaturel différent de tous ces films d'épouvante mainstream ne sachant jouer que sur les sursauts. Visuellement le film est une merveille, si vous aimez les films d'horreur gothiques à l’ancienne, vous aimerez son esthétisme constamment accompagnée d’une bande sonore inquiétante très variée et parfois harmonieuse (exemple: les sons de boîtes à musique).

D’une durée d'environ 1h40, le film prend bien le temps d’installer l’histoire et de développer la relation entre les deux personnages devenant de plus en plus proches au fur et à mesure que les choses empirent et que le mystère s'accentue. Certains y trouveront toutefois quelques longueurs qui ne nuiront pas cependant aux doses de frissons qui leur seront balancées. Pour un film indépendant, la réalisation de Hex Medias livre un certains professionnalisme dans l’ensemble du métrage qui abordait à la base, un style pas évident à gérer. Un jeu d’acteur convaincant bien que parfois théâtral, très bon travail sur les décors et costumes raffinés, des images sublimes et une atmosphère gothique aussi magnifique qu’angoissante. Rien à dire, c’est un film réalisé avec passion, amour et enthousiasme rendant clairement hommage aux anciens films d'épouvante des années 50-60.



Et au niveau de l'histoire, on voit que notre duo de cinéastes ne nous a pas offert un monstre à tête de hibou pour rien : il s’est en effet appuyé sur la littérature du genre, les anciennes religions du Moyen-Orient, la culture gaélique afin de donner une mythologie à l’entité qu’il a créée (le livre virtuel offert avec l’édition DVD du film de plus de 440 pages est très complet et nous explique tout en détails) et fortement inspiré du grand Lovecraft. Le réalisateur Lawrie Brewster ne fait donc pas les choses à moitié quand il s’agit de nous pondre une histoire intéressante, intelligente et pleine d’inspirations y compris quand il s'agit du spectre phare de "Lord of Tears" au visuel soigné et à l'aspect remarquablement angoissant.

Sans vous dévoiler la conclusion du film, cette dernière est riche en frissons pendant un sacré nombre de minutes, malgré le budget restreint de l'œuvre. Nous transportant dans un pur train fantôme avec des images contrastées et quasiment en noir et blanc, certaines séquences resteront encore dans les mémoires après le visionnage du film et feront parfois penser aux films de James Wan. La musique ne fera qu’accentuer l’atmosphère cauchemardesque représentée à l'écran.



Malheureusement, il y a quelque chose qu'on reprocherait à ce film, ce sont les quelques maladresses et la surenchère dans les scènes d'effroi finales, faisant parfois perdre la crédibilité de la séquence entière. Y compris le jeu d'acteur parfois trop surjoué ou l'apparition d'un spectre mis en scène pendant presque 5 minutes finissant par se rendre plus ridicule que terrifiant. Mais l’ambiance horrifique est omniprésente et le travail donne un résultat réussi et "Lord of Tears" ne tombe pas dans les clichés récurrents du cinéma d'épouvante moderne; il a sa propre personnalité, le monstre à tête de hibou est fascinant que se soit dans sa forme ou dans sa profondeur, les moments de stress sont souvent bien gérés et, pour un film indépendant, il est très appréciable de voir un aussi bon résultat quand il ne s'agit pas de gore ou de violence excessive. Au contraire, on oublie le déversement d'hémoglobine et on reste plutôt dans la peur et le mystère d'un beau conte gothique.

"Lord of Tears" mérite donc d’être vu et d’être reconnu comme un film d’épouvante de qualité malgré les quelques défauts évidents et inévitables d'un premier film indie au budget modeste. A voir pour ceux qui veulent passer un charmant moment de frisson redonnant légèrement la dignité d'un sous-genre qui faiblit au fur et à mesure que le manque de talent des réalisateurs de "Annabelle", "Paranormal Activity", "Possedée", "Mama", "Devil Inside", "Ouija", "The Baby" etc. continue de polluer nos écrans. Un travail sincère et remarquable de la part de nos cinéastes amoureux du mouvement gothique.
Vivement leur prochain film !









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