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Lennaert a décidé d’emmener sa petite famille ainsi que son vieil ami Rob et sa fille faire du camping dans les bois. Après avoir installé leur campement aux abords d’un étang, ces derniers vont alors goûter aux joies du camping (ainsi qu’aux règles de l’intransigeant Lennaert…). Mais très vite, des évènements étranges surviennent sur le campement (la nourriture est saccagée, certains tombent malades…), des mystères qui pourraient bien provenir du fond des eaux sombres de ce petit étang… Attention, cette critique contient un spoiler clairement identifié. Si vous n’avez pas vu le film présenté ici, évitez de lire le paragraphe concerné en toute fin de chronique.



Mince alors, en allant voir "the pool" lors de l’édition 2015 du festival de Gérardmer, j’étais très loin de m’imaginer pouvoir tomber sous le charme de ce petit film hollandais en retrait présenté en hors-compétition. Le résumé m’intrigant fortement et le film étant également projeté dans la grande salle durant le festival, je me suis laissé tenter par ce dernier lors de sa troisième projection dans une salle bien plus petite.
Une journée s’était écoulée entre son passage dans la grande salle et celui dans la salle où j’avais réservé mon siège et pendant tout ce temps pas un seul commentaire sur le film n’avait filtré dans les files d’attente, "the pool" semblant être très vite retombé dans l’anonymat suite à ses deux premières projections…
Après avoir fait rapidement connaissance avec l’équipe du film (dont le réalisateur Chris W. Mitchell, scénariste également du film "Frankenstein’s army") qui ne manqua pas de nous amuser en raison de leurs accents très prononcés, place à la projection de "the pool" (alias "de poel") en provenance directe du pays du Gouda et de l’Edam!



Mélange de film de sorcellerie et de possession avec un zeste de survival et d’humour noire, le tout orchestré sans réel temps mort, "de poel" nous convie à un spectacle dont la dynamique est parfaitement soutenue. Dès les premières minutes, nous sommes plongés au sein d’un petit groupe de campeurs amateurs (à l’exception de Lennaert, roi de la survie en forêt) qui ne va pas hésiter bien longtemps à s’enfoncer dans une forêt pour trouver l’endroit idéal, quitte à traverser des barbelés semblant pourtant interdire l’accès à certains endroits… Hors piste oblige, isolement de notre petit groupe clairement défini : nous voilà donc assurés qu’il va se passer quelque chose d’inattendu.

A partir de ce constat rapidement étalé, notre petite virée en camping va progressivement tourner au cauchemar. Intrigant dans sa première partie (des évènements étranges surviennent sur le campement : la nourriture pourrit subitement et des dégâts sont causés sans trouver de responsables), le rythme va ensuite rapidement s’accélérer dès lors que deux menaces bien distinctes vont commencer à se dévoiler.

La première menace semble provenir des eaux marécageuses de cet étang près duquel nos amis ont installé leur campement. Alors que des voix se font doucement entendre dans un premier temps aux abords de l’étang (l’ambiance glauque et inquiétante bien rendue), ce sont ensuite des apparitions spectrales qui vont faire basculer cette petite histoire jusque là tout à fait rationnelle dans le monde du fantastique. Bonne ou mauvaise, cette présence à l’identité jusque là mystérieuse nous intrigue, d’autant plus que d’autres évènements vont soudainement se produire, comme par exemple cette maladie qui semble avoir touché la majeure partie des personnages après que ces derniers aient mangé du poisson issu de cet angoissant étang, et ce malgré la mise en garde de Lennaert.

Mais cette étrange présence qui semble avoir un rapport avec cet étang perdu au milieu de nulle part va progressivement céder sa place à une autre menace, bien réelle celle-ci. En effet, comme possédé et obsédé par quelque chose dont nous ignorons encore l’identité, Lennaert va petit à petit sombrer dans la folie (à la manière d’un certain père de famille dans le film "the forest", projeté également en hors-compétition une autre année à Gérardmer) de par son comportement et ses sauts d’humeur peu habituels jusque là.



Intransigeant et autoritaire sur le campement, le personnage de Lennaert était déjà dès les premières minutes du film au cœur de nos préoccupations. Ce père de famille peu sympathique jusqu’à présent (ce dernier n’admettait pas que l’on ne se plie pas aux règles pures et dures du camping sauvage) nous amusait déjà beaucoup avec ses principes tantôt sexistes tantôt has-been ou encore avec ses jeux pénibles qui ne faisaient que descendre sa cote de popularité au sein du groupe et attiser l’énervement des autres venus ici dans le but de se relaxer, se reposer, au calme loin du brouhaha de la ville.
Une situation d’autant plus délicate que nous avions la forte impression depuis quelques temps déjà que des secrets bien enfuis jusque là dans ces deux familles semblaient prêts à être dévoilés, à exploser telle une cocotte minute. Le stress et l’énervement que génère le maladroit Lennaert de par son comportement hautement irritable au sein du groupe ne vont donc rien arranger à cela et vont au contraire permettre à certains secrets de faire surface.

Suite aux évènements étranges survenus sur le campement (nourriture ayant pourri subitement, matériel retrouvé détérioré, maladie due à l’ingestion de poisson issu de l’étang…), à la tension née de certains secrets dévoilés au sein du groupe, et surtout au décès de l’un de nos campeurs, la situation va se dégrader de plus en plus au fur et à mesure que Lennaert, véritable élément perturbateur, va sombrer dans cette folie en rapport certain avec les phénomènes paranormaux émanant visiblement de cet étang.

Une tension qui va alors devenir plus que palpable, voire même omniprésente, au sein de notre petit groupe de campeurs qui va briser ses liens d’amitié et ses liens familiaux qui les unissaient face à cette menace que représente à présent le père de famille et dont il semble impossible d’échapper (comme pris au piège, nos amis ne peuvent quitter cet endroit des plus inquiétants, la boussole les ramenant étrangement sans cesse au point de départ).
En parfait déclencheur de cette mécanique bien huilée, Lennaert va perdre les pédales et entrer dans une folie dont les excès tantôt violents tantôt sanguinaires vont décimer le groupe.

[Début du spoiler]
Visiblement aidé par cette présence maléfique qui semble avoir élu domicile dans cet étang et dont il semble obnubilé, Lennaert ne va en effet pas hésiter à s’en prendre violemment à sa pauvre femme, à amputer son fils aîné, tandis que la jeune Emilie choquée pleure la mort de son père… Dans ce véritable cauchemar, le fils cadet semble le seul à pouvoir peut-être mettre un terme à tout cela…
[Fin du spoiler]



Long-métrage mêlant habilement sorcellerie, possession et humour noire, "de poel" nous entraîne dans une histoire haletante à la limite parfois du survival, sans réel temps mort, et dans laquelle il est bien assez difficile de trouver des défauts.

Entre passages sanguinolents et scènes de tension entre les campeurs, mais également avec quelques touches d’humour habilement ancrées dans le récit, nous suivons ce petit groupe briser ses liens d’amitié et ses liens familiaux qui les unissaient, face à cette menace invisible à laquelle il semble impossible d’échapper. Voilà un long-métrage hollandais haletant qui surprend et nous fait passer un agréable moment en compagnie de ce père de famille, drôle et inquiétant à la fois.








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