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Des lycéens américains font un voyage d’études en Europe et s’arrêtent aux abords d’une immense forêt pour visiter une usine de « hamburgers 100% américains ». Un slogan au départ intrigant mais qui prend tout son sens quand soudain une horde de bouchers font leur apparition et massacrent nos malheureux étudiants pour en faire des steaks bien juteux !



Film ouvrant la Nuit du Fantastique (intitulée cette année-là « Nuit décalée ») de la 22ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, "american burger" était attendu au tournant par de nombreux festivaliers. Résumé alléchant, bande-annonce accrocheuse, teaser dynamique et déjanté : le public était en droit de s’attendre à une bonne comédie trash et gore alliant survival et teenage movie (ce film suédois était en effet annoncé comme un croisement entre "american pie" et "massacre à la tronçonneuse", rien que ça !).

Et pourtant, cet "american burger" n’est pas bien juteux et manque clairement de goût si l’on peut dire… Certes, il s’agit là d’un premier film mais notre couple de réalisateurs suédois aurait pu nous inviter à un bien meilleur spectacle au vu des possibilités diverses et variées qu’offrait cette histoire de « burgers faits maison ».
Alors que le résumé ferait saliver n’importe quel amateur de films gores et déjantés, ce qui devait être là une bonne parodie de film d’horreur très typée survival fait finalement bien plus l’effet d’un bon gros pétard mouillé.

Mais comment se fait-il donc que cet "american burger" soit si décevant ? Réponse dans les quelques lignes qui suivent…



Quand nous commençons à visionner le film de bonita Frake et Johan Bromander, la première chose qui marque est cet esprit très djeun’s (musique pop-rock, bus scolaire rempli de pom-pom girls et de jeunes écervelés très portés sur le cul manifestement) qui rappelle indéniablement tous ces teenage movies que l’on retrouve aussi bien dans le paysage comique ("american pie" en tête) que fantastique ("la main qui tue", "scary movie", "lesbian vampire killers", "dance of the dead" et j’en passe…). Des premières images qui annoncent d’emblée la couleur : « fun, sex and gore » semblent être les maîtres mots de ce projet suédois. Et pourtant, de ces trois mots, nous avons l’impression que seule la moitié d’un (« sex ») a été retenue dans "american burger"…

Fun, nous ne pouvons pas dire que le film l’est réellement. Alors que l’action est pourtant amenée assez rapidement (nos bouchers sanguinaires font irruption dans la toute première partie du film), nous sommes surpris de constater que l’histoire n’avance pas. Le scénario est en effet très répétitif (on court, on court dans la forêt…) et il ne se passe finalement pas grand-chose dans ces bois. Le rythme devient subitement et étonnamment très lent au moment même où nous attendions des courses-poursuites haletantes, des scènes plus typées action avec nos jeunes étudiants aux prises avec nos bouchers arrivant par dizaines avec leurs petits matériels et leurs brouettes pour transporter les corps.

L’humour (que nous sommes venus rechercher dans un film de ce type) a quelque peu également raté son rendez-vous avec le projet de Bonita Drake et Johan Bromander. Lourds, souvent puérils (nous sommes dans ce que nous pouvons appeler vulgairement mais de façon explicite le « pipi-caca-prout » avec un petit zeste de sexe mais pas trop hein!) et parfois répétitifs, les gags peinent à faire mouche et passent bien souvent à la trappe. Nous retiendrons certes quelques passages amusants (le directeur de l’usine de burgers qui malaxe le ventre de notre héros en surpoids en se disant qu’il va y avoir un bon rendement rien qu’avec lui, ou encore notre blonde écervelée qui se déshabille « accidentellement » au fur et à mesure que l’histoire avance…) mais ces derniers sont malheureusement perdus dans une masse de gags foireux et enfouis dans un scénario mou et rébarbatif, ce qui a pour conséquence bien fâcheuse et frustrante d’enlever presque toute saveur à ceux-ci (certain(e)s y verront alors une très maigre consolation).



Autre frustration : le manque d’hémoglobine. Au vu du scénario voire même de la bande-annonce (celui l’ayant confectionné est un sacré génie soit dit en passant), nous nous attendons clairement à avoir de bonnes scènes déjantées, gores et trashs, comme nous sommes venus en chercher presqu’assez logiquement. Et pourtant, là aussi, le film manquera le coche et de scènes sanglantes nous n’aurons droit qu’à quelques gorges tranchées sans grandes effusions de sang, une jambe coupée en plastique… N’espérez pas non plus participer à l’élaboration des burgers (voir comment à partir d’êtres humains on obtient des steaks hachés), rien ne vous sera montré à notre plus grand regret.

Ajoutez à cette fadeur constante une galerie de personnages ultra stéréotypés (rappelant étrangement "lesbian vampire killers" pour ses héros) avec son crétin fini, son étudiant au surpoids certain et aux idées farfelues (pour ne pas dire débiles) sans oublier notre jolie blonde un peu sosotte que nous prenons plaisir à voir se déshabiller au fil des minutes. Nous retiendrons surtout de cette brochette de personnages celui du directeur de l’usine complètement timbré et notre professeur ayant survécu aux bouchers et ayant développé un mental de Rambo!
Bref, un casting en demi-teinte mais c’est toujours cela de pris dirons-nous...



Un film d’ouverture de la Nuit décalée du festival de Gérardmer assez décevant au final, au grand damne de nombreux festivaliers ne se satisfaisant pas de l’humour pipi-caca-cul qui découle de ce long-métrage suédois (et je ne parlerai pas du sous-titrage approximatif que nous avons eu lors de la projection). Car il est vrai que le film « repose beaucoup sur très peu » (pas mal cette phrase tiens !) : se limitant à nous offrir quelques gags répétitifs, souvent puérils et lourdingues, "american burger" ne prend clairement pas suffisamment de risque (où sont les passages gores que nous attendions au vu de la bande-annonce? Pourquoi ne pas pouvoir en voir un peu plus sur le process de fabrication des burgers?...)

Alors certes tout n’est heureusement pas à jeter dans ce film (nous avons droit à un final original et amusant, deux-trois personnages sympathiques et quelques gags fonctionnant plutôt bien, aussi peu nombreux soit-il…) mais il faut bien reconnaître que nous avons affaire là à une comédie paresseuse alors que le scénario et la bande-annonce promettaient tellement… Au vu de l’idée bien barrée de départ, il y avait franchement moyen de faire mieux. Une bien belle désillusion que voilà.








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