RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION


Votre note: -
Moyenne: 4
(1 vote)


Londres, 1886. L'Ordre, instance regroupant des personnages légendaires tels Messire Galahad, Ygraine (mère du Roi Arthur), Sir Perceval ou encore Gilbert du Motier de La Fayette, doit faire face à une rébellion des classes inférieures mais également à une horde de Lycans. La présence des chevaliers à cette époque est due à l'absorption de l'Eau Noire, qui leur apporte guérison et une quasi immortalité. En luttant contre les rebelles, Sir Galahad va mettre à jour un vaste complot qui pourrait nuire à l'Ordre lui-même...



L'AVIS :

Attendu par beaucoup de possesseurs de consoles PS4 car ayant été développé comme un vrai jeu Next-Gen, The Order : 1886 risque de surprendre les acheteurs tant ses parti-pris sont inattendus et peuvent laisser perplexes. A l'évidence, ce jeu du studio Ready At Dawn ne laissera personne indifférent. C'est un curieux mélange entre univers cinématographique et jeu de tir à la troisième personne, le tout se déroulant dans un Londres uchronique, à l'époque victorienne et plus précisément en 1886.

Univers cinématographique donc, avec la présence de deux bandes noires en haut et en bas de l'image, conférant au jeu un aspect 16/9 cinégénique correspondant tout à fait avec ce qu'on voit à l'écran. Visuellement parlant, The Order : 1886 est juste magnifique, un véritable plaisir des yeux, avec un niveau de détail, que ce soit dans les costumes, décors, personnages ou armements, rarement vu sur console. Vitrine technologique de la PS4 pour le moment, The Order : 1886 en met plein la vue à ce niveau. C'est particulièrement flagrant lorsque les cinématiques laissent place au jeu lui-même. Il n'y a aucune différence de qualité quand notre personnage "prend" vie à partir d'une cinématique. L'effet est bluffant.



Le joueur incarne donc Messire Galahad, qui sera maintes fois accompagné par ses amis de l'Ordre, la jolie Ygraine, le vieux briscard Sir Perceval et l’effronté Lafayette. Principalement jeu de tir à la troisième personne, les séquences de shoot sont dynamiques et parfois assez dures, les ennemis arrivant par vagues succesives et ne nous laissant que peu de temps de repos. Il faut profiter des éléments du décor pour sa cacher afin de ne pas se prendre trop d'impact et pouvoir faire feu avec diverses armes, certaines ayant un aspect très science-fictionnel, à l'image de "la thermite", qui lance un nuage de poussières (?) que l'on peut enflammer ou le fusil électrique qui fait pas mal de dégâts. Ces phases de tir, parfois répétitives, sont entrecoupées par des phases plus classiques de recherche, de déplacements dans Londres. On appréciera les combats contre des Lycans impressionnants, même si la difficulté n'est pas très élevé lors de ces combats, le gameplay demandant juste à appuyer sur "X" pour esquiver leurs attaques et à leur tirer dessus. On trouve également au cours du jeu de nombreux QTE demandant d'appuyer sur diverses touches au bon moment sous peine de rater le coche.

Outre sa somptueuse réalisation, The Order : 1886 marque également des points de par son scénario, qui prend une réelle ampleur plus on avance dans le jeu. Si certaines zones d'ombre subsisteront à la fin de l'histoire, celle-ci est vraiment très intéressante et on a réellement l'impression de suivre un film dans notre fauteuil de gamer, avec des éléments nous rappelant la saga "Underworld" mais présentés ici de façon "steampunk". Malins, les créateurs du jeu jouent également avec l'une des grandes figures de l'époque victorienne. Il suffira que je vous dise que l'intrigue prend souvent place dans le quartier de Whitechapel pour vous mettre la puce à l'oreille...



Mais alors, qu'est-ce qui pourra surprendre le joueur comme annoncé dans le premier paragraphe ? Eh bien la conception même du jeu. The Order : 1886 veut tellement faire un lien entre cinéma et jeu vidéo qu'on ne compte plus les heures passées à regarder des cinématiques. Celles-ci sont superbes et assurent la continuité de l'histoire mais on se surprend souvent à "ne pas jouer" et à simplement regarder les images défilant devant nos yeux. Si on ajoute que le jeu se termine en sept/huit heures seulement en fonction du mode de difficulté et qu'on passe plus de la moitié de ce temps à mater des cinématiques, on se sent un peu perdu au final. Car on a acheté un jeu vidéo et pas un film. Il y a parfois des chapitres de l'histoire dans lesquels on ne joue pas et on se contente de suivre le récit via une cinématique. Une curieuse impression donc, même si, au final, l'histoire se révèle suffisamment passionnante pour qu'on en oublie presque ce détail, détail qui n'en sera pas un pour le joueur s'attendant à défourailler non stop.

Au final, The Order : 1886 nous laisse sur une impression étrange. Autant le jeu impressionne techniquement, autant le scénario est excitant et fourmille d'idées brillantes (on a Nikola Tesla, considéré comme l’un des plus grands scientifiques dans l’histoire de la technologie, qui joue un personnage façon "Q" des James Bond et qui invente de nouvelles armes pour l'Ordre...), autant l'aspect très (trop ?) cinématographique et contemplatif pourra rebuter les joueurs qui ne s'attendaient pas à une telle expérience si différente de ce qu'on a l'habitude de vivre. En tout cas, il vous faudra l'essayer pour vous faire votre propre opinion et choisir votre camp.

PS : rester devant votre écran lors du générique de fin, une autre séquence vidéo est présente, laissant augurer une suite prochaine !

4/6 - Stéphane Erbisti