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Q, Elroy et Cody forment une bande de jeunes motards un peu violents et vivant de menus larcins. Afin de célébrer l’anniversaire de la mère de Cody, une fête énorme est organisée dans une maison de campagne isolée. Débarquent alors, parmi de nombreux tatoués fans de motos, Shade, la petite amie de Q et cousine de Cody, Michelle l’ex de celui-ci, accompagnée de son nouveau mec et de sa jeune sœur Megan. Après la fête, plein de convives partent, dont Michelle et son copain. Peu de temps après, cette dernière revient seule à la cabane et s’effondre, inconsciente. Mais elle finira par être attachée à un lit après avoir inexplicablement agressé Elroy et en se comportant très étrangement. Pendant ce temps-là, alors que les véhicules, les cellulaires et l’électricité commencent à dépérir, Cody et Megan, partis chercher de l’aide, découvrent que leur plus proche voisin est mort et que son mur est jonché de rapports concernant des personnes disparues. C’est alors que de jeunes excentriques lookés comme dans les années cinquante débarquent au cabanon. Ils se nomment Vernon, Jazz, Murderball, Trixie et Pussywagon (sic !) et décident de prendre tout le monde en otage. Afin d’obtenir des informations, ils commencent même à torturer les rescapés de la fête. La soirée d’enfer ne fait alors que commencer…



Au vu de ce résumé, il ressort avec évidence que le scénario semble bien étrange. « Et ce n’est qu’un doux euphémisme », pourraient arguer ceux qui visionneraient le film jusqu’au bout ! C’est vrai que parler de The Violent Kind est une chose ardue tant il est unique et qu’il est difficilement résumable sans en révéler certaines subtilités. Réalisé par The Butcher Brothers (Mitchell Altieri et Phil Flores à la ville), fans ultimes de films de genre ayant bercé leur enfance et déjà responsables du singulier "The Hamiltons" et sa suite "The Thompsons", ce long-métrage est un Objet Filmique Non Identifié, un OFNI quoi, tant il s’adresse à des cinéphiles avertis ! Autrement dit, si vous êtes formatés aux blockbusters d'horreur américains avec plein d'ados ne pensant qu’au coït qui se font décimer un à un avec 2,3 scènes gore pour faire joli, des dialogues inconsistants et vulgaires, ainsi que quelques scènes de nudité gratuite inutiles, passez votre chemin ! Ici, pas de métrage prémâché où tout vous est expliqué comme si vous aviez cinq ans d’âge mental, non rien. Vous vous poserez des questions sans en obtenir forcément les réponses ! The Violent Kind est donc un film indépendant qui sort du lot des franchises "Scream", "Destination finale", "Paranormal Activity" et autres remakes ou reboots de grands classiques qu’on a pu voir ces dernières années. Il faut donc accepter d’être pris au dépourvu par ce métrage alternatif qu’on pourrait voir comme un hommage sur pellicule de deux potes admirateurs de cinéma de genre. On ressent ainsi bien les références des réalisateurs : une maison isolée à la "Evil Dead" ou bien "Cabin fever", un soupçon de possession démoniaque comme dans "L'Exorciste", un scénario loufoque qui part dans toutes les directions comme dans "Undead" ou bien "Detention", certains dialogues à la Tarantino. Bref, il n’en faut pas plus pour s’apercevoir que c’est du lourd, mais il faut que ce soit bien fait, sinon c’est l’indigestion assurée ! Est-ce le cas ici ?



Après un superbe générique d’ouverture, The Violent Kind débute comme un épisode de la série « Sons of anarchy » avec ses bikers tatoués un peu gangsters qui se réunissent en masse pour faire la fête et boire des bières. Puis, ça dérive vers l’étrange avec une jeune fille se retrouvant comme possédée par on ne sait quoi au fond des bois (un peu comme dans "Evil Dead" ou "Cabin fever"), pour suivre le chemin du home invasion movie malsain (comme dans "La maison au fond du parc"), pour enfin se terminer dans une sorte de long-métrage de science-fiction horrifique (prophétique ?) complètement insolite. Alors oui, le scénario part en vrille pour passer d’un genre à l’autre avec des changements de ton déstabilisants et où la violence y a grandement sa place aussi bien sur un plan physique que psychologique, d’où peut-être ce titre anglo-saxon qu’on pourrait traduire par « le genre violent » ou encore « du genre violent » ? Mais quoi qu’il en soit, et ce, malgré un faible budget et une distribution malingre, ce film est déroutant car complètement imprévisible et mérite autre chose qu’une simple sortie DVD et une brève présentation dans des festivals, même si certains sont aussi prestigieux que ceux de Sundance et Sitges !

Ce long-métrage ose tout simplement être plus entreprenant que la moyenne et tente d'innover au risque de perdre les spectateurs à certains moments. Incontestablement, le scénario nous apparaît alambiqué car il aborde plusieurs pistes à la fois, sans en expliquer certaines et en les laissant volontairement ouvertes pour venir nous surprendre par sa violence graphique et sa mise en scène excellentes, mais il existe, c’est juste qu’il n’obéit à aucune règle préétablie ! Certes, le mélange de genres peut paraître confus et s’avérer indigeste mais force est de constater que les Butcher Brothers maîtrisent très bien leur sujet et savent manier une caméra : la photographie est hyper léchée avec notamment un travail spécial sur l’éclairage, parvenant à créer une ambiance particulière correspondant parfaitement au côté irréel du métrage. Le suspense et les scènes d’action sont également très bien gérés, ce qui fait qu’il n’y a jamais de baisse de rythme et on a même le droit à quelques scènes gore inattendues du plus bel effet. Que demander de plus !? Ces gars-là font donc du cinéma complètement différent des productions hollywoodiennes habituelles d’aujourd’hui car il ne rentre dans aucune case. Mais à tous ceux qui reprochent au cinéma actuel de ne pas être original, on a envie de hurler haut et fort que « celui-ci l'est ! » et il faudrait donc encourager ce genre d’initiative plus souvent et arrêter de descendre en flèche les projets inédits, comme la plupart des critiques ont pu le faire pour ce film si original ! Souvenez-vous simplement d'un certain Sam Raimi à ses débuts et voyez ce qu’il est devenu par la suite…



Pour ce qui est du casting, les acteurs sans être tous incroyables, jouent relativement juste. Ce ne sont certes pas des amateurs, mais Cory Knauf (également coscénariste et acteur dans "Godspeed", tout comme Joseph McKelheer), Samuel Child (présent dans "Piranha 3D") et Joe Egender, cachetonnent dans pas mal de films des Butcher Brothers, si bien qu'à part ça, il n'y a quand même pas grand-chose de notable sur leur Curriculum Vitae, excepté pour Taylor Cole, habituée aux seconds rôles dans des séries télévisées. C'est ainsi que la plupart font notamment partie du remake de "Week-end de terreur", sorti en 2008 sous le titre "Avril sanglant". Concernant The Violent Kind, on retiendra surtout la performance de Cory Knauf (déjà très bon dans "The Hamiltons") dans le rôle de Cody, une petite frappe tout juste sortie de prison et qui essaie de s’acheter une conduite, mais surtout celle de Joe Egender, dans la peau de Vernon, un petit sadique tout droit sorti des fifties avec son blouson en cuir noir et son couteau à cran d’arrêt. Il est vraiment excellent et endosse parfaitement la panoplie du bad boy colérique, manipulateur, séducteur et surtout pervers, pour notre plus grand plaisir, évidemment !



Véritable petit bijou singulier créé par des amoureux de films de genre, The Violent Kind est une sorte de rencontre improbable entre un film d’exploitation Grindhouse pour le côté amateur et un long-métrage de Richard Kelly ("Donnie Darko", "The box") pour le scénario barré nous menant on ne sait où. Mais c’est avant tout une expérience à vivre pour tout cinéphile en quête de nouveauté car même s’il se révèle être un grand bazar, il n’en demeure pas moins une vraie révélation qu’on n’attendait pas, devant laquelle on se questionne sur le pourquoi et le comment de tout ce condensé de violence et de genres sans nécessairement trouver une réponse définitive. Mais on s’en moque au final ! Et ça, c’est très fort de la part d’un métrage contemporain !









Du même réalisateur :

HAMILTONS - THE
THOMPSONS - THE