RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 1
(1 vote)
Nous sommes en Argentine, dans l’usine de Nacan où un ouvrier a tué inexplicablement seize de ses collègues avant de se donner la mort de manière violente. Quelques années plus tard, la journaliste Romina Salustik et son caméraman, accompagnés d’un prêtre, d’une jeune croyante et d’un spécialiste en matière de crimes ont été engagés pour faire un documentaire et une reconstitution des événements de cette affaire, qualifiée « d’incident » par les forces de l’ordre dépêchées sur place. Mais voilà, sont-ils vraiment seuls dans cette usine soi-disant désaffectée ?



Après le chef d'œuvre espagnol "REC", ses trois suites plus ou moins inégales ("REC 2", "REC 3 génesis" et "REC 4 apocalypse"), puis un remake américain simple copier/coller de l’original ("En quarantaine") et sa suite complètement éloignée de la saga par son scénario ("En quarantaine 2") voici venue la critique de l'adaptation non officielle mais officieuse en provenance d’Argentine. Ici, même si ça ne se passe pas dans un immeuble mais dans une usine à l’abandon, on retrouve bien l'esprit "REC" avec son caméraman qui veut tout filmer coûte que coûte même s’il doit mettre en jeu son intégrité physique. De plus, les zombies ou plutôt les possédés sont hyper gesticulants et bruyants, mais bon, pourquoi pas hein, si c’est bien fait !

Seulement voilà, le métrage souffre d'une réalisation faiblarde qui sous couvert de « caméra subjective immersive » à la mode avec tous ces found footage movies qui pullulent, nous offre des plans saccadés à mort, de mauvais cadrages donnant un mal de crâne certain tant parfois ça bouge trop rapidement dans tous les sens. Et puis qu’est-ce que c’est que cette direction d’acteurs les gars !? C’est à cause du scénario qui tient sur un confetti ? C’est dû au fait que le réalisateur soit aussi le scénariste ? C’est bien simple, tous les personnages possédés gesticulent d’une manière ridicule les faisant passer pour des pantins désarticulés. L’un d’entre eux essaie même d’imiter (non sans talent) la poule ou bien l'autruche c’est selon. En tout cas, il s’agit assurément d’une volaille et c’est plutôt cocasse, ça c’est certain ! Toutefois, non content de ces déplacements inhabituels en tous genres, Mariano Cattaneo, spécialiste du court-métrage dans sa contrée, confère également à ses protagonistes des bruits stridents à chacun de leurs déplacements, ce qui, avouons-le, est proprement ridicule, mais ô combien risible pour nous ! Ce n’est cependant pas tout, puisque l'intrigue est ténue au possible et se résume à suivre le caméraman qui n'arrête pas de se perdre en essayant de trouver la sortie de cette immense usine. Ce qui explique par moments quelques pertes de rythme et je vous assure, le métrage n’avait pas besoin de cela ! En résumé, c’est un peu comme si Mariano Cattaneo se lançait volontairement dans un métrage sans passion, comme si son seul intérêt était de réaliser sa version de "REC" en intégrant un fond maléfique qui ne donne rien de transcendant au genre. De plus, quand on voit la réaction des personnages et l’étrange apathie de certains devant les événements, on se rend compte, au final, du ridicule de l'ensemble.



Vous l’aurez donc compris au vu d’un script dérisoire, il n’y a aucun suspense, et cela d’autant plus qu'au début du film, un policier nous explique que la caméra des journalistes a été trouvée sur les lieux comme dernier témoignage avant leur disparition ! Dommage pour ceux qui voulaient être surpris par la fin ! Mais surtout, le caméraman est un débile profond ou bien un attardé mental, ce n’est pas possible autrement. Le type a très souvent des occasions pour essayer de sortir, mais il se réfugie constamment dans les couloirs les plus noirs, va continuellement chercher d’où viennent les bruits étranges qu’il entend plutôt que de se précipiter dans la direction inverse afin de se sauver. En plus, de ne pas faire d’efforts pour s’enfuir, il ne ramasse même pas d’objet contondant pour se défendre, non il tient juste sa caméra, point. On se surprend même, tellement il est con, à hurler devant sa télé : « Putain mais cours Forrest, cours ! » ou bien « Mais non, pas par là abruti ! » ou encore « Casse la fenêtre mongolien ! ». Enfin, il réalise quand même au bout d’une demi-heure, qu’il lui faudrait peut-être demander de l’aide et appeler la police, qui comme à son habitude arrive après la bataille. So good !



Malgré tout cela, ça débutait plutôt pas mal, les images montrant le massacre de l'usine via les caméras de surveillance mêlées à un fond sonore voilé laissaient présager une petite production intéressante. De plus, si on excepte les bruits et autres gesticulations pathétiques, les maquillages des possédés qui pourchassent notre héros sont assez bien foutus et ressemblent pas mal à ceux de "Evil Dead". D’ailleurs, Mariano Cattaneo, ne manque pas dans le générique final, de remercier Sam Raimi, mais également John Carpenter, Dario Argento, Robert Rodriguez et Roger Corman, rien que ça ! Si seulement, il s’en était un peu plus inspiré…



Certes, on sent bien le coté "REC" mais malheureusement pas avec la réussite de celui-ci. La faute à une utilisation abusive de la caméra à l'épaule donnant le tournis, un jeu d’acteurs et une réalisation médiocres qui a pu en effrayer certains mais en Argentine seulement, une histoire assez simpliste pas vraiment effrayante (à part peut-être au tout début) ne permettant même pas de justifier ce huis clos imposé poussif qui laisse un mauvais caméraman enfermé dans une usine abandonnée se débrouiller tout seul. Bref, du mieux fait et réalisé a déjà été proposé dans le même genre et il était évident qu’il serait difficile de surpasser les autres productions. Un petit film amateur donc qui ne restera malheureusement pas dans les annales d'où son inexistence un peu partout.









Du même réalisateur :