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Réalisation
Drew Bolduc

Scénariste
Drew Bolduc

Date de sortie
2014

Genre
science-fiction

Tagline


Cast
Vito Trigo
Richard Spencer
Emily Marsh


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Drew Bolduc, Joe Ferris

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.3
(4 votes)
Après une dispute avec sa petite amie qu’il soupçonne de le tromper, Chip retourne chez sa mère. En plus d’un problème de taille avec celle qui l’a enfantée, Chip découvre un alien dans une des chambres de la maison. Ni une, ni deux, le domicile familial se retrouve envahi par la « Science team », une unité spécialisée dans la lutte contre les forces du mal et les envahisseurs extraterrestres...



Déjà responsable du phénoménal « The Taint » dans lequel un héros lambda un peu à l’ouest luttait contre un étrange virus qui rendait les hommes complètement misogynes et les transformait en tueur de femmes, Drew Bolduc est de retour avec « Science team ». Alors qu’il s’était offert le rôle principal dans son précédent film, le réalisateur a, cette fois, décidé d’offrir le premier rôle à un certain Vito Trigo que l’on a déjà pu apercevoir dans le tromesque « Return to Nuke’Em High Volume 1 ». Dans le rôle de Chip, Trigo est épatant. A bloc pendant 90 minutes, le comédien s’en donne à cœur joie. Chip craque, hurle et, dépassé par les évènements, monte en puissance jusqu’à atteindre la folie ultime. Il n’y a qu’à voir la première scène du film dans laquelle notre héros s’en prend à sa petite amie. Elle, restant de marbre, comprenant à peine ce qu’il raconte et lui, déchainé qui lui aboie dessus et massacre le salon jusqu’à la destruction totale de la pièce. Drôle et défoulant, dès le début, on sent qu’un soin particulier a été apporté aux dialogues. Une vérité qui ne sera jamais démentie tant chaque réplique fait mouche tout au long du film.



Tout comme dans « The Taint », Bolduc s’amuse à étirer les scènes au maximum afin de réussir à en faire ressortir la substantifique moelle. Alors que le procédé peut sembler être un artifice (casse-gueule) pour pallier à un budget modeste ou à un scénario basique, il est une des clés de la réussite du film. Parvenant à chaque fois à apporter le zest de folie qui empêche le spectacle de s’essouffler, le film ressemble à une espèce d’improvisation millimétrée, à un génial capharnaüm carré et structuré. « Science team » impose son univers au spectateur à travers une esthétique décalée et un art du non-sens ou plutôt du non-expliqué qui rend le métrage encore plus « ovniesque » qu’il ne l’est déjà. Quid du background de Chip ou de l’alien ? L’important n’est pas là ou plutôt si, il est dans le fait de se l’imaginer.



Ce que l’on sait sur l’alien ? Qu’il arrive à contrôler l’esprit des êtres humains et à les faire disjoncter. Chip n’échappera pas à ce terrible sort, le rendant plus fou qu’à l’origine et ira jusqu’à le faire devenir une sorte de ninja en caleçon luttant contre les membres de la Science team pour finir par un duel contre Joey Tweed, incarné par Richard Spencer, un des boss de l’unité de lutte contre les extra-terrestres. Tweed est à l’inverse de Chip, calme et bien sapé. Avant d’arriver à cet affrontement, les rencontres vont se multiplier avec des personnages tous plus farfelus les uns que les autres. Des deux flics qui en font trop (l’un, défiguré par un jet acide, ne pense qu’à son passé glorieux avec la gente féminine) à Dick Willingston, un professeur borgne en passant par un caméo de Lloyd Kaufman, tous sont dépassés par les évènements. A l’instar des frères Cohen, par exemple, Drew Bolduc place ces personnages dans des situations hors du commun afin de les pousser à bout et à faire ressortir des pulsions enfouies.



Des pulsions qui s’expriment à l’écran par des effets gores cradingues, une spécialité de Bolduc puisqu’en plus de « The Taint », il avait aussi participé aux effets spéciaux de « Return to Nuke’Em High ». Cette violence est à la fois écœurante et drôle, les gags visuels pullulent et les acteurs s’amusent à jeter diverses substances plus ou moins ragoutantes, de la glace au sang, à travers les décors du film. Le tout est enrobé par une musique électro old-school type jeu vidéo du plus bel effet. Réalisé avec une passion qui transpire à l’écran, « Science Team » est le genre de film qui donne le sourire tout du long. Entre les crises d’hystérie de Chip et les séances d’entrainement des filles de la Science team, tout a été pensé pour offrir un plaisir instantané au spectateur. Production indépendante, loin des blockbusters hollywoodiens, il gagne en idée ce qu’il n’a pas en budget et s’amuse lui-même de ses éléments un peu cheap.


Porté par une passion débordante, il est plutôt facile d’avoir de la sympathie pour « Science team » tant il est généreux, humble et respectueux des genres qu’il investit mais au-delà de ça, « Science Team » est tout simplement un très bon film. Drôle, original, fou, maîtrisé et génialement interprété, le film est un vent de fraicheur. Une œuvre qui, bien que limité financièrement, n’use pas d’astuces faciles et va au bout de l’histoire qu’il a envie de raconter à travers des effets spéciaux ingénieux et des dialogues parfaits. Après la surprise qu’était « The Taint », Drew Bolduc confirme son talent. Ne reste plus qu’à attendre le troisième opus.









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