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William Cole, un industriel américain un peu louche débarque dans une ville Bulgare (Sofia ?) avec sa femme Jackie pour financer la construction d’une ligne de métro, devant lui faire gagner des millions de dollars. Afin d’éviter un embouteillage monstre, Yegor, leur chauffeur de taxi local, leur fait traverser le quartier gitan et retrouve son ancienne fiancée, Tatoya. Celle-ci, extrêmement jalouse et en voulant à tous les hommes, finira par tuer Cole, sa femme et le chauffeur. Pendant tout ce temps-là, le professeur Ivan Ivanovich Ivanov et son acolyte simplet, Pavel, créent un médicament amené à être révolutionnaire. Seulement voilà, pour le tester, ils ont « seulement » besoin de deux corps fraîchement décédés afin de tenter une expérience de transplantation partielle de cerveau. Ce qui tombe plutôt pas mal avouons-le puisque Pavel récupère les cadavres de Cole et de Yegor. Le docteur Ivanov s’empresse alors de ranimer le premier en lui transférant le demi-cerveau du chauffeur de taxi. Mais, bouleversée par des souvenirs morbides, la créature prend soudainement la fuite. Désormais, le capitaliste et le communiste vont devoir mettre de côté leurs différences afin de traquer la belle gitane qui les a tués tous les deux…



Non porté en salles en France mais sorti en DVD en 2007, ce film complètement fauché a été tourné en Bulgarie pour des raisons économiques évidentes par un Bruce Campbell impliqué endossant la quadruple casquette de réalisateur, scénariste, producteur et acteur, rien que ça ! Notons également que c’est l’adaptation à l’écran d’une bande-dessinée scénarisée par Campbell lui-même ! Autant dire que ce projet lui tenait à cœur, allait-il se montrer toutefois à la hauteur ? Eh bien au risque de décevoir les fans de l’acteur au faciès très américain incarnant Ash Williams, héros de la trilogie "Evil Dead", je vais dire : « non » ! Sorte de version carrément moins loufoque de "L’homme aux deux cerveaux" de Carl Reiner, cousine éloignée de "La chose à deux têtes" de Lee Frost avec ses deux têtes ne s’entendant pas du tout, elle-même variation détournée du mythe de Frankenstein, la première réalisation de Campbell en laissera plus d’un sur sa faim. Le gros problème du film c'est qu'il est trop brouillon car tout y est sous-exploité et donc pas assez « jusqu’au-boutiste » pour en faire une référence absolue en matière de cinéma Bis.



Commençons par le casting : alors oui, on a Bruce Campbell, qu’on ne présente plus et qui depuis "Bubba Ho Tep" n’a quand même pas joué dans grand-chose de notable et ce, même si on aime bien l’acteur à la mâchoire carrée proéminente ! Ici, il est grimé à la manière de John Cleese dans « L’hôtel en folie » mais cabotine à mort façon Jim Carrey du pauvre, ce qui devient too much d’autant que Ted Raimi lui fait de la concurrence en termes de mimiques ridicules ! En effet, ce dernier vu dans pas mal de films de son frère mais aussi dans "Intruder", "Skinner", "Candyman" ou encore "Midnight meat train", en fait archi trop dans le rôle de l’assistant loufoque du savant fou. Toutes ses scènes sont lourdes, pas drôles et vides de sens, comme par exemple celle où il fabrique un robot qui danse sur de la musique rap et qui…n’a pas de conclusion ! What the fuck !? En ce qui concerne les seconds rôles, on a pêle-mêle : le chauffeur de taxi et ex membre du KGB Yegor, interprété par Vladimir Kolev, star locale qui a également joué dans "Alien Apocalypse" qui, avec ce film, aura bien du mal à être connu en dehors de son pays, Jackie, l’épouse de Cole, (Antoinette Byron qui n’a été aperçue dans rien d’intéressant jusque-là, c’est dire !), la gitane Tatoya (Tamara Gorski vue dans la série « Hercule ») aux yeux bleus étrangement globuleux et Stacy Keach ("Los Angeles 2013", "Body Bags"), en scientifique un peu mou du genou, tous bien trop timorés pour exciter nos pupilles ! Bref, trop de pantomimes ou pas assez, ce qui, dans un cas comme dans l’autre dessert le métrage !

Tourné dans un style burlesque façon « The Three Stooges » des années 50 mais avec soixante ans de retard, ce Man with the screaming brain n’est pas vraiment une réussite à cause d’un scénario pas suffisamment barré et accrocheur. En effet, le fait que Cole ait un corps composé de deux cerveaux n’est pas assez exploité à l’écran, Campbell s'attardant trop sur la vengeance des deux hommes à l'encontre de la gitane et des courses-poursuites qui s’en suivent. Rares sont les séquences où le héros essaie de contrôler son corps alors que l’autre partie de son cerveau (celui de Yegor) interfère dans ses choix et gestes. On aura juste droit à une longue scène dans un restaurant où les deux ne peuvent s’entendre sur la nourriture et les boissons à commander, d’un comique consternant ainsi qu’une saynète pour savoir si l’homme aux deux cerveaux doit mendier ou pas, bien navrante dans son déroulement et surtout dans sa conclusion.



Par ailleurs, les scènes du film et les situations en général ne sont pas assez saugrenues au vu de la richesse prometteuse d’un tel script ! Mais ça, il semble bien qu’on puisse le mettre sur le compte de l’insuffisance du film à se situer véritablement niveau genre. Man with the screaming brain, un peu comme ses personnages, n’est jamais vraiment sûr de là où il va. Est-ce une comédie dramatique, de la science-fiction, un long-métrage fantastique ? Jamais Campbell ne trouvera une direction durable si bien que son métrage finira par être incroyablement répétitif, monotone et insatisfaisant dans son apogée. Ce qui ne serait rien en soi, si les dialogues suivaient, mais ce n’est pas du tout le cas ! Ces derniers ne sont pas drôles du tout (les rapports entre les capitalistes et les communistes, ça va cinq minutes et encore, il faut que ça soit bien fait !) voire même pitoyables (cf. le langage pseudo savant utilisé dans le labo secret du docteur Ivan Ivanovich Ivanov-qui n’a bien que son patronyme de cocasse !- soit par ce dernier, soit par son assistant un peu bêta aux monologues interminables !).



Bien que Bruce Campbell ait certainement, comme une bonne partie du casting, pris beaucoup de plaisir à faire ce film, le réalisateur en herbe n’a hélas, jamais eu aucune une emprise sur son scénario et nous jette çà et là drame, comédie burlesque avec quelques éléments fantastiques histoire d’agrémenter le tout. Ce qui est bien peu dans ce film long à se mettre en place où les acteurs cabotinent à mort quand ils ne somnolent pas et où les blagues tombent à plat tellement elles sont vaines. Campbell a donc très peu de talent en tant que réalisateur et ça se voit ! Pire, c’est pareil en tant que scénariste ! Il aurait donc mieux fait de se contenter de rester à sa place, celle de l'acteur de seconde zone au lieu de nous pondre un navet de premier ordre, ne faisant que très peu sourire, c’est vous dire le niveau des gags !









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