RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION
JEUX (VIDEOS, DE SOCIETE...)



Votre note: -
Moyenne: 4
(1 vote)
Alors qu’ils étaient partis chasser le sanglier sauvage dans la forêt avoisinante de San Francisco, John et ses amis se rendent vite compte qu’une bête sanguinaire rôde dans la forêt, une menace qui s’apparenterait à un énorme sanglier d’environ une tonne et demie appelé par les gens du coin « l’Eventreur ». Mais il semblerait que dans cette immense forêt, l’Eventreur ne soit pas l’unique chose dont il faut se méfier. En effet, un groupe de rednecks maniaques de la gâchette et du coup de bâton ne vivent pas très loin d’ici et il serait bien fâcheux pour nos amis d’un peu trop les embêter…



On retiendra du défunt James « Jim » Isaac de nombreuses participations aux effets spéciaux d’une bonne poignée de films du cinéma de genre bien connus de nous tous ("Gremlins", "le retour du Jedi", "arachnophobie"…). Bon ami de David Cronenberg et de Sean S. Cunningham, il travaillera notamment sur "la mouche" et "naked lunch" du premier et sur "M.A.L. : mutant aquatique en liberté" (alias "deep star six") du second avant de donner un petit rôle au canadien dans sa seconde réalisation, "Jason X", dixième volet de la saga des "vendredi 13" initiée justement par… Sean Cunningham bien-sûr!

Car James Isaac a effectivement réalisé quelques long-métrages (quatre pour être exact) mais malheureusement, mise à part son histoire de Jason Voorhees dans l’espace qui s’avérait très fun sans pour autant être dans le haut du panier de la saga, on peine à se souvenir des films qu’il a réalisés, la faute peut-être à une carrière de réalisateur en dents de scie…
Quelques temps avant "vendredi 13 chapitre 10 : Jason X", il y eut "house 3" (alias "the horror show") puis après notre épisode Jasonesque on découvrit (avec regrets) "skinwalkers" : deux films non mémorables, très décevants, qui nous poussaient alors à croire que James Isaac était finalement plus efficace dans la confection d’effets spéciaux que derrière la caméra…
"Pig hunt", sa quatrième et dernière réalisation dont nous allons parler aujourd’hui, remontera tout de même le niveau (challenge peu complexe il faut bien l’avouer).



Les films de sangliers tueurs ne sont pas ce qu’il se fait de plus populaire dans la catégorie « animaux dangereux ». Bien plus exposés à des araignées venimeuses, des requins menaçants et des crocodiles voraces, nous avons toutefois pu voir en termes de sangliers le culte "razorback" mais également "chaw" et… "la traque" (hum hum).
Très peu médiatisé chez nous, le film de James Isaac est sorti en dvd dans la collection horrifique « Fangoria Frightest », le célèbre magazine américain s’étant associé à un éditeur vidéo pour proposer quelques films fantastiques dont on retiendra entre autres ce fameux "pig hunt", le très bon "fragile" de jaume Balaguero, "confession d’un cannibale" de Martin Weisz ou encore "affamés" de Steven Hentges.

"Pig hunt" est en effet loin d’être un mauvais film et aurait peut-être mérité d’être un peu plus médiatisé dans notre cher pays préférant parfois mettre en avant de véritables merdes cinématographiques sans âme, sans originalité et sans prise de risque.
Car, même si nous pourrons reprocher au film de James Isaac d’être une sorte de grand fourre-tout assez inégal dans son traitement, il faut toutefois reconnaître que notre homme a pris quelques risques en réalisant son quatrième long-métrage et nous a offert ici une œuvre plutôt originale dans sa globalité.

En effet, quand nous lisons le résumé de "pig hunt", nous ne pouvons nous empêcher de nous dire « un énorme sanglier sanguinaire, des rednecks déjantés : ça va bien secouer! ». Mais le film de James Isaac, c’est bien plus que cela : outre le monstre sauvage et les tarés de la gâchette, nous aurons également affaire à une secte et ses belles adeptes hippies machiavéliques, un gourou maniaque de la machette, une histoire de culture/trafic de marijuana… Bref, alors qu’au départ nous étions censés regarder un survival forestier, tout ce qu’il y a de plus classique, avec une vilaine grosse bêbête toute poilue surgissant des feuillus (l’introduction plutôt sympathique semblait le confirmer), nous nous retrouvons face à de nombreuses menaces et le survival animalier que nous nous attendions pourtant à voir se transforme progressivement en un mélange de "razorback" (pour le fameux sanglier sauvage bien-entendu), "mad max 2 - le défi" (pour les buggys, les motos et les looks des rednecks partant en guerre) et "délivrance" (pour les décors naturels et ce côté survival), rien que ça !



Forcément, avec tout cela, nous sommes en droit de nous demander si les promesses vont être tenues. Allons-nous en prendre plein les mirettes, faire des bonds d’un mètre dans le canapé, voir des scènes bien barrées et des séquences bien violentes avec toutes ses armes et cette bête sanguinaire démesurée qui rôde ? Pas sûr…

Certes, le film de James Isaac parait bien trop ambitieux sur le papier mais pourtant tout y est : action (l’arrivée des rednecks sur leurs véhicules tout-terrain, avec leurs armes et leurs accoutrements originaux pour certains), violence (les mises à mort sont brutales), quelques plans gores (décapitation, jambe sectionnée), une bête monstrueuse, une petite touche d’érotisme (les hippies n’aiment pas trop les cols roulés)... Le hic malheureusement, c’est que tout ceci ne nous arrive qu’au bout de 45 minutes environ : tout semble condensé dans une seconde partie qui passe du coup à une vitesse folle!

A la manière d’un "wolf creek", c’est très long à démarrer. Mais à l’inverse du film de Greg McLean, même les dialogues n’aident pas à passer le temps : ces derniers sont parfois stupides et brouillons, souvent sans grand intérêt (comme ce thème musical ridicule qui revient sans arrêt dans la forêt) et ne mettent en aucun cas en valeur des personnages déjà très stéréotypés (le fumeur de cannabis, le beau gosse et sa gentille copine, le soldat qui pète plus haut que son cul…). Une première partie plus que perfectible donc où seuls deux trois plans au ras du sol (une vue subjective nous plongeant dans la peau du gros sanglier appelé « l’Eventreur ») et quelques rencontres sympathiques (le gourou et les deux rednecks) sembleront nous chuchoter à l’oreille « restez encore un peu, ça arrive ! ».

Et effectivement la seconde partie rattrape d’assez bonne manière tout ceci, avec ses déluges d’action à la "mad max 2 - le défi", ses séquences de mise à mort radicales et brutales, et enfin son fameux sanglier qui peinera cependant à montrer le bout de son museau et fera acte de présence uniquement dans les dix dernières minutes du film (« pas grave, diront certains, nous avons pu patienter avec les rednecks et les hippies ! »).

Nous pourrons peut-être reprocher dans cette seconde partie quelques petites incohérences (les rednecks qui ne semblent pas connaître plus que cela leurs voisins hippies vivant à quelques pas, la voiture accidentée qui change de place d’une scène à l’autre…) mais c’est suffisamment rythmé et déjanté pour nous faire oublier ces quelques maladresses. Nous en aurions voulu assurément encore une dizaine de minutes de plus de cette seconde partie!



Au final, "pig hunt" est un film peut-être un peu trop ambitieux pour un réalisateur finalement pas assez expérimenté pour ce type de scénario. Nous aurions pardonné les quelques écueils décimés par-ci par-là (casting très moyen, sanglier trop peu présent, quelques incohérences) mais ce manque de rythme de la première partie est véritablement le principal défaut du long-métrage de James Isaac. Il faut bien le reconnaître, nous nous ennuyons pas mal et nous attendons que la machine soit enfin bien huilée pour démarrer au quart de tour (car nous le voyons venir de loin notre cher Isaac avec ses rednecks, son gourou, son monstre…).

Et quand nous visionnons la seconde partie, nous nous disons sans hésiter « merde, ça a franchement de la gueule ! » mais James Isaac aurait-il pu conserver ce rythme dix minutes de plus en supprimant plusieurs scènes de la première partie? Peut-être pas…


[PS : Lors du visionnage de "pig hunt", évitez la version française. Pour l’avoir essayée dans un second visionnage, c’est clairement un échec pour quasi l’ensemble des protagonistes.]