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Réalisation
Felipe Eluti

Scénariste
Felipe Eluti

Date de sortie
2013

Genre
barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Felipe Eluti
José Manuel García
Carolina Salles
Valentina Varela


Pays
Chili

Production


Musique
/

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.4
(9 votes)
Un boxeur perd le plus grand combat de sa vie. Il finit par abandonner son rêve et découvre que la vie n'en vaut pas la peine. Ces vivants autour de lui ne sont pas dignes non plus. C'est pourquoi, il libère une entité qui le tourmente et le pousse à plonger dans la folie pour ensuite, commettre d'innombrables tortures et meurtres. Ce sera sa manière de se battre pour ce qu'il était autrefois. Diminuer le nombre de vies pour valoriser la sienne.



"Visceral - between the rope of madness", portant très bien son nom, a été attendu pendant 4 ans après son annonce d'arrivée en 2009. Un film indépendant chilien à tendance extrême qui promettait plusieurs tortures, une bonne dose de gore et quelques scènes pouvant retourner l'estomac de certains.
Le Chili est loin d'être un pays réputé pour des films extrêmes, et pourtant Felipe Eluti s'est lancé dans ce genre de réalisation. Après tant d'attente et surtout venant d'un pays inconnu pour le cinéma d'horreur underground, ce réalisateur méconnu n'a pas le droit à l'erreur.

Et c'est pour cela qu'il prendra le temps de soigner sa réalisation, son histoire horrifico-dramatique sur son boxeur désespéré et désorienté, ainsi que l'inventivité des meurtres et des tortures mises en scène.

En effet, afin d'assurer une solidité des attaches des victimes, notre tueur prendra soin de faire plusieurs bondages avec les cordes comme si une touche de sadomasochisme s'était incrustée dans la création des tortures.



Niveau violence,"Visceral" ne perd pas de temps pour envoyer la sauvagerie à l'écran...
Une brutalité féroce aussi réaliste qu'efficace grâce à des plans stylisés, des images nettes et irréprochables, une ambiance sombre et pesante et un charisme foudroyant, dès les premières minutes, de ce boxeur aliéné et abandonné par la solitude due à l'échec de son combat. Tombant dans la folie la plus totale, voilà qui permettra au personnage principal de se débarrasser de ses frustrations en multipliant les tortures plus atroces les unes que les autres.

Certains meurtres auront de quoi surprendre les amateurs de gore les plus endurcis, avec un fétichisme omniprésent, et sans retenue en terme de brutalité (les couples sont souvent les plus servis). Mélangeant le tout avec la souffrance psychologique et dérangeante du personnage principal lequel peut facilement être rapproché de celui de "Schramm". Maîtrise totale entre le choc psychologique et visuel, ce premier long-métrage de Felipe Eluti cogne un grand coup dans le cœur du cinéma gore underground en ayant la réserve et la capacité d'attirer le regard du public adéquat avant de lui envoyer une dose d'ultra-violence frontale en pleine face.



Même si le rythme est sinusoïdal, le film ne laisse pas de temps pour les longueurs et re-balance vite la sauce quand il le faut. Avec "Visceral", soit vous avez une séquence de douleur psychologique liée à la dégénérescence du personnage, soit une séquence dramatique ou soit une séquence bien sanglante plus ou moins fétichiste; dans tous les cas, attendez-vous à une atmosphère poisseuse constamment cauchemardesque, à du gore excessif et une cruauté parfois très poussé allant, par moments, jusqu'au paroxysme de la perversion.

Sans aucun repère de temps (mise à part la coupe de cheveux du boxeur qui n'est pas un moyen de repérage fiable quand on y réfléchit), le film est divisé en deux périodes mises en parallèle sans indiquer laquelle se passe avant l'autre. Une décision scénaristique volontaire et plutôt bien exploitée et cohérente car l'absence de développement nous permet de jouer sur les différentes situations pour essayer de se repérer. Mais le spectateur sera souvent plus occupé à faire face au déchaînement de violence gratuite (mais délicieuse) reproduite à l'écran plutôt que de réfléchir sur la cohérence de l'histoire qui se révélera, de toute façon, au cours du métrage réunissant les pièces du puzzle permettant enfin de nous situer dans l'histoire.



Pour une entrée dans le milieu, Felipe Eluti frappe (très) fort comme si il prenait notre tête pour l'exploser contre le rebord d'un trottoir et montre que le Chili a aussi sa grosse paire de testicules à exhiber. Il parvient à livrer un film où toutes les qualités d'un bon film de torture extrême sont réunies sur un rythme très bien maîtrisé : déversement de gore généreux aux FX très réalistes pouvant rendre jaloux plusieurs réalisateurs allemands, excellente performance de la part des actrices, une ambiance constamment malsaine et étouffante, un psychopathe attachant mais redoutablement dangereux, des images dépassant parfois la limite du supportable, une créativité surprenante et une pincée de surréalisme invitant le sadomasochisme pour rendre le spectacle encore plus dérangeant et brutal.

Quand le sadisme, la cruauté, l'envie de barbaque, les pulsions SM, la déchéance et la folie sont réunis chez une seule et même personne, assurez-vous de bien vous accrocher pour ne pas finir KO.
Car "Visceral" est un grand coup de poing solide et puissant dans l'estomac qui vous fera remonter les tripes.









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