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Warren et un petit groupe d’amis décident d’aller camper dans la montagne. Bien que le garde forestier leur déconseille de faire du camping sauvage par ici, les jeunes gens continuent leur petit bonhomme de chemin parmi les kilomètres d’arbres environnant, là ou personne (ou presque…) ne semble vivre. Au cœur de cette nature sauvage, nos jeunes campeurs vont rapidement comprendre leur erreur d’avoir voulu poursuivre la route qui va finalement les emmener vers le cauchemar…



Après avoir réalisé entre autres dans les années 70 "blue sunshine" et "la nuit des vers géants", le cinéaste Jeff Lieberman revient dans les années 80 avec une petite série B intitulée "survivance" (alias "just before dawn").

Ce survival aux allures de slasher (nous avons ici affaire à un meurtrier au visage caché dans l’ombre qui sévit à l’arme blanche et pourchasse un groupe de jeunes gens) ne cache pas certaines similitudes avec trois des plus grands classiques du survival dans lesquels Jeff Lieberman semble avoir ici récupéré quelques bonnes idées.

Le premier film auquel nous fait penser "survivance" est sans conteste "massacre à la tronçonneuse" : un tueur au même gabarit et visiblement intellectuellement très limité (sorte de grosse brute massacrant froidement ses victimes, à la manière également d’un "slaughterhouse" francisé "l’abattoir") et une ambiance glauque semblent être les idées premières retenues par Jeff Lieberman au sujet du film à succès de Tobe Hooper.
Puis, en visionnant "survivance", on se rend rapidement compte que le titre français du métrage n’est pas la seule chose qui nous fait indéniablement penser au culte "délivrance". En effet, cet environnement forestier avec ses cascades et ses paysages naturels laissant au départ bien rêveur s’avèrent être au final un redoutable terrain hostile où la menace rôde. Ce cadre sauvage est incontestablement une pièce maîtresse du film de Jeff lieberman, un personnage quasi à part entière comme il l’était déjà quelques années auparavant dans le film de John Boorman.
Enfin, "survivance" nous fait bien entendu penser à "la colline a des yeux". Le film de Wes Craven nous présentait déjà dans les années 70 une famille d’autochtones (avec ses vilains méchants et ses gentils plus reculés) s’en prenant à quiconque s’aventurait sur leur territoire. Comme dans "massacre à la tronçonneuse", ces personnes n’étaient déjà pas très nettes dans leurs têtes et cette idée de consanguinité, très explicite dans le "survivance" de Jeff Lieberman, se faisait déjà ressentir à l’époque dans le film de Wes Craven. Une idée que reprendront d’ailleurs les réalisateurs de la saga aujourd’hui culte des "détour mortel" d’ailleurs…



Alors effectivement, les clins d’œil sont nombreux dans le film de Jeff Lieberman mais le film est-il à la hauteur des attentes d’un public désireux à cette époque d’en voir encore plus à l’écran? A cette question, il est difficile d’y apporter une réponse catégorique : certes les références, aussi prestigieuses soient-elles, sont plutôt bien exploitées (cadre naturel sauvage omniprésent, tueur imposant et quelque peu taré sous la caboche, famille d’autochtones laissant planer autour d’elle bien des mystères…) mais il est vrai que "survivance" présente plusieurs lacunes qui ne permettront malheureusement pas au film de rester dans les mémoires une poignée de décennies plus tard comme ce sont les cas des œuvres de Wes Craven, Tobe Hooper et John Boorman entre autres. Mais, vous le verrez dans les paragraphes qui suivent, il s’en est peut-être fallu de peu…

Outre ces points cités ci-dessus, parmi les points forts de "survivance", on appréciera son introduction, réelle bonne mise en bouche avec son homicide saignant et réellement effrayant (les ricanements du tueur, la machette plantée de sang froid dans la région pelvienne) dans une petite chapelle abandonnée au beau milieu de la forêt.
On prend toujours plaisir également (en tout cas votre fidèle chroniqueur!) à être plongés dans cet univers très seventies et eighties avec ces personnages (qui surjouent bien souvent dans cette ribambelle de slashers et survivals de ces deux décennies) aux coupes de cheveux bien ancrées dans leur époque, tout comme leur style vestimentaire (la fameuse chemise à carreaux pour les belles jeunes femmes, les polos et chemises rentrés dans les jeans pour les jeunes hommes), mais également ces musiques de génériques souvent bien conçues et mémorables (ici un effrayant sifflement que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans le film une fois la nuit tombée).

On retrouvera aussi des scènes vues et revues dans ce genre de films, quelque soit la décennie concernée, mais qui ne gênent en rien le long-métrage de Jeff Lieberman et apportent au contraire au film ce petit côté « hé oui j’appartiens à ce sous-genre du cinéma fantastique ». Il s’agit notamment de la fameuse séquence de mise en garde en tout début de film (« ne vous aventurez pas en ces lieux! ») faite par un garde forestier et une malheureuse victime du tueur à nos jeunes campeurs, ou encore les fameuses mises à nu de nos protagonistes. Hé oui, c’est ça qui fait entre autres le charme des années 80!

Enfin, du côté des points forts de "survivance", on citera quelques scènes suffisamment stressantes (une main venant de dessous l’eau qui vient caresser l’une des jeunes femmes se baignant dans le lac, des vues subjectives de derrière les feuillus, une jeune campeuse prise au piège dans un arbre dont le tueur est en train de casser le tronc…) et surtout ce final très peu commun où l’on « achève » notre vilain tueur (je n’en dirai pas plus). Une mise à mort très originale qui semble venir à point nommé après de longs moments quelques peu ennuyeux…



Car oui, il ne faut pas oublier que si "survivance" n’est plus aujourd’hui dans les mémoires de nombreux cinéphiles, c’est qu’il y a forcément une raison. Tout semblait pourtant tirer le film de Jeff Lieberman vers le haut mais c’était sans compter sur quelques accrocs.

Le principal problème de "survivance" est qu’il n’apporte au final pas grand-chose de neuf. On l’a vu juste avant, Jeff Lieberman pique pas mal d’idées par-ci par-là mais manque réellement d’inventivité. Mis à par le portrait qu’il nous est fait des tueurs (gros niais incontrôlables aux ricanements enfantins), il n’y a pas grand-chose d’exceptionnel à retenir de ce film et c’est vraiment dommage.
Le repompage d’idées n’est pas forcément une tare (certains s’en servent pour de bien sympathiques clin d’œil à d’autres œuvres) et permet parfois d’agrémenter encore un peu plus son film mais ici il y a un réel manque de vrai spectacle.

Mis à part l’homicide de l’introduction et la mise à mort du tueur en fin de film, il n’y a pas d’autres scènes mémorables (un constat assez classique dans tous ces slashers et survivals sortis en quelques années seulement). Tout semble déjà vu dans les films phares sortis quelques années avant, et en bien plus réussi et angoissant…

Et c’est parfois long, très long, avant qu’il ne se passe réellement quelque chose. Le scénario est très creux et cela se ressent très rapidement.
Et comble de tout, quand on s’attend à de vrais bons meurtres ("vendredi 13", dont semble s’inspirer également Jeff Lieberman avec ses campeurs, n’est sorti qu’un an avant, ne l’oublions pas), on a tout simplement droit à du très basique (une machette plantée dans le ventre, un plongeon d’une falaise), voire même à du hors champs (la jeune femme assassinée dans la chapelle). Exit les bonnes séquences saignantes et les meurtres en veux-tu en voilà (un body count bien faiblard), ce survival n’a finalement de slasheresque que son tueur sévissant dans l’ombre à l’arme blanche et s’en prenant à un groupe de jeunes (nous sommes bien trop loin de ces slashers qui, pour marquer le spectateur et combler cette sensation de vide scénaristique, mettent le paquet sur les effets spéciaux et les meurtres comme ce fut le cas entre autres de "Jason va en enfer" d’Adam Marcus, neuvième volet fort décrié de la saga des "vendredi 13", ou encore "intruders" de Scott Spiegel, le slasher phare de la fin des années 80).



Au final, "survivance" s’avère être une petite série B sentant très bon les seventies et les eighties, flirtant avec les sous-genres du slasher et du survival. Les sympathiques références à de grands noms du survival des années 70 sont indéniables et les tueurs du film de Jeff Lieberman ont un petit quelque chose de bien dérangeant qui plait beaucoup.
Toutefois, la faute à un scénario trop paresseux, à du déjà-vu en pagaille (en bien mieux) et à un manque de scènes mémorables, "survivance" tomba plus tard dans l’oubli. Cette chronique fut donc l’occasion pour horreur.com de revenir vers l’un des premiers survivals des eighties, quelques années après que les années 70 aient fait fleurir ce sous-genre ("délivrance", "massacre à la tronçonneuse", "la colline a des yeux" ou encore bien-entendu "les chiens de paille").








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