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Sachant que les murs blancs stériles le consomment, un homme mentalement déséquilibré s'échappe d'un asile dans la nuit d'Halloween. Se cachant derrière un costume de Jésus-Christ, il se transforme petit à petit en véritable monstre. La clé permettant de déverrouiller son esprit emprisonné est à chaque tournant de son voyage fatidique...



Dans le milieu du cinéma underground, Michael Todd Schneider est reconnu comme un réalisateur dont la déviance n'hésite pas à inviter la folie et l'exaltation afin d'obtenir des œuvres atypiques et malsaines dignes d'être enfouies au fin fond du cinéma d'horreur obscur et étrange.

On se souviendra surtout de sa participation pour les FX de l'horrible "August Underground Mordum" et son talent d'acteur pour faire partie du trio de dégénérés (vous savez ? L'homme au cheveux long se faisant un petit plaisir sexuel sur un cadavre dans une baignoire crade après avoir violé les entrailles d'une de ses victimes quelques heures avant....).

Bref, c'est aussi grâce à son bon petit film extrême "I Never left the white room" réalisé pendant ses périodes d'écoles de réal' qu'il a pu faire connaître la firme "Maggot Films". Rien qu'à voir la vidéo de promo, on devine déjà à quel genre de films en folie on peut s'attendre vu l'ambiance crasseuse et horriblement morbide.



Ici, c'est de son récent "His Devil's Night" dont il est question. Très peu connu malgré sa petite citation dans le hors-série "Cinéma Gore" de Mad Movies en plein milieu de l'article sur "August Underground", et surtout très différent de ses autres productions "Our Devil's Night", "Chrome Baby", "...And then I helped".

Mais lorsque Michael Todd Schneider pond une histoire d'un malade mental en costume de Jésus errant dans les rues pendant la nuit d'Halloween, la tension et le cauchemar sont bien évidemment attendus.
Et comme la Rue Morgue Magazine annonce si bien que ce film c'est: "Comme se casser les dents sur une table basse", il serait illogique de passer à coté d'un tel film prometteur !

Mais l'est-il vraiment ? Plus ou moins.
"His Devil's Night" s'ouvre directement sur un fabuleux plan séquence plongeant directement le spectateur dans le bain. Cependant, ce qui suivra ne sera penché que sur l'ambiance et l'atmosphère extrêmement étrange de l'environnement du personnage principal. Ce dernier exercera sa promenade en pleine nuit de rue en rue, comme si son enveloppe corporelle était absorbée dans un monde surnaturel où la folie règne sur la morale.

Les images constamment teintées de couleurs jaunâtres et rougeâtres, l'esthétisme de certains plans faisant directement penser à "Lord of Salem" et les séquences immorales et déviantes auront de quoi donner un léger sentiment de malaise.
Une pensée pour l'homme brûlé vif par sa partenaire de jeu sadomasochiste...



Le problème reste néanmoins le manque de panache et d'efficacité. Il faudra attendre un bon moment avant d'avoir certaines poussées d'adrénaline pour nous scotcher au siège car les scènes de nudité, de dialogues et de promenades donnent fortement l'impression de dissimuler un manque d'idées.

En effet, offrir des paires de seins, des écrans de télévision diffusant des films à caractère pornographique et un chat ne combleront pas le vide flagrant du scénario même si "His Devil's Night" a l'air de s'inclure parmi les films underground expérimentaux ne jouant que sur l'ambiance et l'intensité de ses quelques scènes violentes (l'abstraction de "I Never left the white room" en moins).

Un rythme plutôt posé et adouci par une bien belle bande sonore aussi plaisante que dérangeante. Et malgré le sentiment de lassitude que peut provoquer ce long-métrage après une demi-heure de visionnage, ça ne nous empêchera pas de se sentir oppressé par l'ambiance froide et malsaine jouant sur une montée de tension plutôt efficace avec si peu d'éléments.

Mais ce sera tout ce que nous donne "His Devil's Night" en termes d'originalité, car à part s'avérer être un espèce de trip hypnotique et inquiétant, nous n’aurons que très peu de violence extrême sans avoir la déviance poussée au paroxysme qu'on espérait tant.

Seulement 2 ou 3 montées d'adrénaline plutôt puissantes dans les dernières 20 minutes du film, dont un viol particulièrement intense et réaliste ainsi que des gestes pervers de notre malade déguisé en Christ (uriner sur un iguane, s'étaler du liquide séminal sur le visage, gobage du canon d'un fusil chargé, etc.).
Ces montées sont très courtes mais intensifiées par une bande sonore électrisante et un montage énervé, juste de quoi faire augmenter légèrement la tension cardiaque pendant un bref instant.



Malheureusement, le terme "court" signifie environ 15 minutes maximum sur 1h15 de film.... Le reste n'est qu'exercice de style auquel les acteurs s'investissent énormément dans leur jeu pour donner un peu plus de qualité au métrage mais ne se contentant que de meubler pour allonger sa durée.

C'est sûr et certain, "His Devil's Night" est le genre de film underground original qu'on regarderait avec plaisir en VHS dans une cave sombre, mais ça demanderait de l'attention et une envie d'entrer dans le métrage pour pouvoir s'écarter de l'ennui qui pourrait peser sur quiconque s'attendrait à un dynamisme et à un concentré de scènes déviantes psychédéliques, épileptiques ou déjantées. Si vous rentrez dans l'esprit du film, vous aurez gagné votre petite dose de moments intenses.

Dans le cas contraire, faites un bon dodo !