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Dans un gratte-ciel en plein cœur de Philadelphie, cinq personnes se retrouvent bloquées dans un ascenseur. Alors que ces dernières attendent que l’engin soit réparé par le service de Maintenance, des phénomènes étranges et inquiétants commencent à se manifester au sein de la cabine : les lumières ne cessent de clignoter, la caméra de surveillance enregistre des images surnaturelles, certains sont en proie à des visions d’horreur… Un stress qui ne va faire que s’amplifier au sein du petit groupe d’individus quand l’un d’entre eux va décéder, la jugulaire sectionnée par un morceau de la glace de l’ascenseur qui s’est brisée soudainement. Et si un tueur s’était glissé parmi les occupants de cet ascenseur?



Après une période de reconnaissance et de gloire avec des films tels que "sixième sens", "incassable" et "signes", M. Night Shymalan va vivre une longue traversée du désert. De 2004 à 2010, notre cher réalisateur et scénariste indien va en effet faire l’objet de critiques sévères suite aux sorties successives de l’énigmatique "le village", du soporifique "phénomènes" ou encore de l’inutile "le dernier maître de l’air".

C’est alors que ce dernier décide de lancer sa propre série de films fantastiques intitulée « The Night Chronicles ». Le projet est le suivant : M. Night Shyamalan écrit des histoires et demande ensuite à de jeunes réalisateurs d’en faire des long-métrages. Une série qui devrait avoir pour objectif double de faire connaître du grand public certains jeunes cinéastes et acteurs montants mais également en contre partie de permettre à notre réalisateur américano-indien d’en apprendre toujours un peu plus sur le métier en s’instruisant auprès de ses nouvelles recrues.



Inutile de dire que M. Night Shyamalan veut à ce moment remonter la pente qui ne cesse de se raidir et retrouver son public des années 1999-2002 qui s’est quelque peu interrogé ces derniers temps sur ses réelles motivations et sur sa capacité à offrir des scénarios intelligents et de qualité. C’est donc dans ce contexte quelque peu compliqué pour M. Night Shyamalan que sort "devil", film réalisé par John Erick Dowdle, à qui l’on doit notamment "en quarantaine", le remake de "rec".

Présenté en compétition officielle au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2011, "devil" ne marquera pas les esprits. La tâche était trop rude cette année-là où la Perle des Vosges présentait là l’une de ses meilleures listes de long-métrages en compétition depuis que le festival avait migré d’Avoriaz à Gérardmer en 1994. Face à "blood island" (alias "bedevilled"), "dream home", "j’ai rencontré le diable", "ne nous jugez pas", "the loved ones" et "the troll hunter" notamment, il semblait improbable effectivement que le film de John Erick Dowdle se fraye une place et décroche un prix…

Pourtant, "devil" n’est pas un mauvais film. C’est juste un long-métrage ordinaire, bien que plutôt sympathique et plaisant à voir, comme on peut en voir dans divers registres du cinéma fantastique : des œuvres qui puisent quelques idées par-ci par-là pour finalement nous donner un résultat passable dirons-nous.



Alors que nous étions en droit de nous attendre à un huis-clos très bavard et probablement pénible au bout d’une heure enfermé dans cet ascenseur avec ces cinq personnes (qui n’auront certainement pas autant de choses à se raconter), nous serons agréablement surpris du traitement opéré sur "devil".

Même si l’ascenseur demeure le décor prédominant dans "devil", on évite cependant cette sensation de claustrophobie que certains espéraient peut-être (on lorgne en effet plus du côté de la claustrophobie partielle d’un "oxygen" par exemple que celle plus poussée d’un "cube" ou surtout "buried"…), mais surtout aussi un possible ennui (à moins d’avoir les dialogues et les acteurs de "maléfique" d’Eric Valette…), en sortant de temps à autres dans la salle des caméras, sur le toit du gratte-ciel ou encore dans les salles des machines.

Passé un générique plutôt ingénieux (nous survolons la baie de Philadelphie la tête en bas avant de pénétrer dans un gratte-ciel pour suivre les rails d’un ascenseur), nous sommes plongés d’un côté dans un huis-clos en compagnie des cinq occupants coincés dans ce fameux ascenseur et de l’autre dans une enquête policière ayant commencé suite à l’agression soudaine et invisible de l’un d’entre eux.
Doté d’un rythme soutenu, le film de John Erick Dowdle se suit sans véritable temps mort. Les meurtres, éparpillés tout au long de l’histoire (sans jamais tomber dans le gore et le sanguinolent), et l’intrigue (même si cette dernière s’avère assez basique au final) permettent en effet de tenir en haleine le spectateur durant les 1h20 environ que dure "devil".

Oscillant entre thriller et film de diable et démons, le long-métrage de John Erick Dowdle parvient, malgré la légèreté du scénario, à nous plonger sans grande peine dans cette histoire mystérieuse et énigmatique, grâce notamment à un casting convaincant (si on ne s’attarde pas trop sur le vigile mexicain, personnage au comportement un brin exagéré qui, de par ses croyances religieuses, semble n’être là que pour nous narrer le mythe du Jour du Diable sur lequel toute l’histoire est fondée).



Outre la simplicité du scénario que nous avons brièvement évoquée plus haut, on regrettera peut-être également l’effet de surprise quelque peu gâché dès la première demi-heure du film où l’on nous annonce déjà la présence du Diable en personne dans cet ascenseur (d’ailleurs, la jaquette du dvd français nous dévoile également cela). Une information qui, même si elle ne fait pas office de véritable révélation (car nous n’en avons pas encore la preuve à ce moment de l’histoire), viendra toutefois nous aiguiller un peu trop à mon goût sur la véritable identité de cette menace dans l’ascenseur (ce qui peut du coup nous désintéresser de l’enquête policière menée au détriment de cette piste surnaturelle pouvant s’avérer tout autant sympathique et tombée directement dans notre bec).
De même, on pourra reprocher ce final un brin moralisateur et plutôt maladroit, étrangement sorti de l’esprit d’un M. Night Shyamalan semblant pourtant être revenu en meilleure forme avec ce film…

Sans être un mauvais film, loin de là, "devil" est tout simplement ordinaire, commun, et n’apporte au final pas grand-chose. Un film toutefois plaisant à regarder mais qui, une fois visionné, se perdra rapidement dans les méandres de votre mémoire.








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