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L’adaptation de la bande dessinée culte « Métal Hurlant » par Guillaume Lubrano aux commandes (réalisation et production) est de retour pour une seconde saison après une première pas trop mal mais améliorable, la faute principalement aux chutes mal maîtrisées ou aux planches difficilement adaptables en épisodes télé car trop courtes. Metal Hurlant Chronicles saison 2 permettait donc de rectifier deux, trois choses un an et demi après la précédente, afin d’en faire un must télévisuel. Pari tenu ?

En tout cas, on retrouve la formule de l’épisode d’une vingtaine de minutes avec son twist de fin, ce mélange d’univers déjà vu dans la saison 1 (post-apocalyptique, fantastique, science-fiction, space opera, médiéval, etc.) et un casting international au sein duquel on retrouve Michael Biehn, John Rhys-Davies, Frédérique Bel ou encore Jimmy Jean-Louis pour les nouveaux ainsi que Michael Jai White, James Marsters, Scott Adkins ou encore Dominique Pinon pour les anciens. Gage de qualité ? Réponse ici bas :




Episode 1 : L'Endomorphe (The Endomorphe)

Dans un monde futuriste et apocalyptique, un groupe de soldat est chargé d’escorter et de protéger un enfant avec son lapin car il s’avère être le futur sauveur de l'humanité. Evidemment, la balade sera semée d’embuches...

Ce premier épisode se déroule dans un univers post-apocalytique avec un arrière-goût de "Terminator". Là, les hommes ont créé des robots biomécaniques qui les servent sans rechigner jusqu’à ce que le Métal Hurlant vienne changer la donne ! Les serviteurs des humains se sont alors rebellés et ont fini par entrer en guerre contre eux tout en se servant du corps des morts pour en récupérer certains membres! Afin d’arrêter le carnage d’un conflit qui semble perdu pour l’humanité, une mission commando est instiguée. Un petit groupe de militaires surentrainés est chargé d’escorter un enfant, l’élu, au cœur du territoire adverse afin qu’il puisse trouver ou invoquer la seule arme capable d’écraser les robots aux pièces détachées humaines.

Force est de constater que niveau effets spéciaux, la saison 2 démarre fort et le rendu visuel est de qualité, non seulement côté décorum, mais également côté maquillages et costumes des différents protagonistes, les robots biomécaniques en tête. De plus, on a un casting de choc avec le musculeux Michael Jai White ("Spawn", "The Dark Knight" et "Metal Hurlant Chronicles (saison 1)") et spécialiste des films d’action ainsi que la charmante Michelle Lee ("Blood and Bone"), experte en arts martiaux et volant pratiquement la vedette au précédent tant ses combats sont impressionnants à l’écran. Enfin, l’épisode se conclut par une fin vraiment inattendue, que certains (on pense notamment aux détracteurs de la série) pourront toutefois trouver ridicule. En ce qui me concerne, Metal Hurlant Chronicles saison 2 démarre donc sous les meilleurs auspices possibles. Pourvu que ça dure !


Episode 2 : Whisky (Whisky in the jar)

A l’époque du Far West dans une petite ville baptisée « Totem », lors d’une nuit étoilée, le Métal Hurlant traverse le ciel. C’est ce moment là que choisit le médecin sans talent de la commune pour sortir de son cabinet. Ce dernier est alors ébloui par la météorite et ses mains vont s’enflammer. Il se réveille pourtant le lendemain avec un nouveau don : celui de soigner miraculeusement tous ses patients, même les cas les plus désespérés. Mais cela ne va pas sans poser un problème de surpopulation carcérale au shérif, puisque plus personne ne veut ou ne peut plus mourir...

Dans ce second segment, on quitte complètement l’univers de science-fiction pour se retrouver cette fois au Far West, dans une ambiance de Western mâtinée de fantastique. On note également la présence de Michael Biehn ("Terminator", "Le sang du châtiment", "Abyss","Bereavement") dans le rôle du shérif Jones, narrateur de l’histoire et de James Marsters ("Buffy contre les vampires" et "Metal Hurlant Chronicles (saison 1)") dans le rôle d’un docteur incompétent qui va soudainement devenir extrêmement doué suite au passage du Métal Hurlant à proximité. Cela va alors causer un gros souci au Shérif car plus aucun bandit ne meurt, ce qui attire de plus en plus de gangsters à Totem, autrefois si paisible ! Alors oui les acteurs sont pas mal, oui c’est sympa de changer radicalement de climax, mais bon ça ne décolle jamais vraiment et on a l’impression de se retrouver devant « Heels on wheels » ou encore « Deadwood », autrement dit, ce n’est pas ce pourquoi on a signé ! De plus, la fin, complètement ratée et sans intérêt vient mettre fin à un épisode dispensable. Déception !


Episode 3 : Seconde chance (Second chance)

Le pilote de cargo stellaire Joe Manda est un joueur invétéré et sûr de lui mais il va perdre gros au casino (son vaisseau et ses deux yeux !) s’il ne règle pas rapidement sa dette envers Xero Throbe, un terrible chef de gang de l’hyperespace. C’est au bordel du coin qu’il va trouver une solution à ses problèmes : s’enfuir avec une prostituée pour trouver un vaisseau pirate contenant un fabuleux trésor !

Ainsi, on retrouve Scott Adkins ("Stag night", "Universal Soldier : Le Jour du jugement ", "Metal Hurlant Chronicles (saison 1)"), déjà présent dans l'un des épisodes les plus notables de la saison précédente, ici dans un rôle proche de celui de Cobra, héros de l’animé japonais éponyme, le rayon Delta en moins, mais également la splendide actrice belge Lygie Duvivier qui avait également joué dans la première saison. Malheureusement, cet épisode sera décevant car il n’y aura aucun combat à se mettre sous la dent, la course-poursuite dans l’espace, même si elle est assez bien faite, n’a que peu d’intérêt et surtout, la fin est ridicule au possible. Pourtant l’atmosphère de space opera est bien rendue graphiquement et au niveau des SFX. Il est alors dommage de ne pas l’exploiter avec un scénario plus ambitieux. Quel gâchis !




Episode 4 : Le dernier Khondor (Loyal Khondor)

Alors que le roi Targot et la princesse Alaria sont en exil dans l'espace, celle-ci contracte la maladie d'Avsara, une affliction qui transit de froid toute personne contaminée en quelques heures seulement la conduisant à une mort certaine. Khondor le dernier de la race des Okmers et serviteur dévoué de son monarque jure alors de la sauver. Il part ainsi à la recherche de Holgarth, seule personne à pouvoir lui fournir un remède…

Encore du space opera pour ce quatrième épisode qui fait le lien avec le précédent (« Seconde chance ») dans lequel on avait pu apercevoir rapidement Khondor dans le casino. On va alors ici revoir Joe Manda (brièvement, pour une rencontre sympathique…) mais aussi Xero Throbe (pour une entrevue moins sympa…), le chef sanguinaire auquel le dernier des Okmers va demander un renseignement des plus précieux. Inspiré d'une histoire écrite par le génial Alejandro Jodorowsky, l’épisode peine toutefois à démarrer avec en plus un casting pas toujours au diapason niveau interprétation. Cependant, le personnage de Khondor, joué par l'ancien champion de gymnastique Karl E. Landler est fascinant. D’une part, son maquillage est particulièrement réussi et d’autre part ses capacités physiques lui permettent de rendre plus que crédibles ses scènes de combat, notamment celle dans un ascenseur, assez spectaculaire il faut l’avouer. Parmi les autres acteurs, on retrouve John Rhys-Davies ("Les aventuriers de l'arche perdue", la saga "Le seigneur des anneaux") et Marc Duret ("Dobermann"), deux gueules connues du cinéma, l’une à l’international et l’autre en France seulement. Malgré des qualités esthétiques indéniables et un premier rôle remarquablement interprété, cet épisode est une nouvelle fois handicapé dans son élan par une chute trop prévisible. Dommage !


Episode 5 : Le second fils (The second son)

Dans un univers mi médiéval, mi futuriste, les deux fils du roi Tobias s'affrontent pour succéder à leur père. Tout irait pour le mieux et surtout plus vite si une malédiction ne les empêchait pas de mourir dans l’enceinte du château, les faisant s’affronter perpétuellement. Le sort sera-t-il un jour rompu pour désigner un digne successeur au monarque ?

Ambiance moyenâgeuse et moderne pour cet avant-dernier épisode qui n’est pas sans rappeler le premier épisode de la saison 1. On se retrouve alors à un banquet où deux princes s’affrontent à mort dans un duel pour succéder à leur père à la tête du royaume. Enfin le combat ne sera pas vraiment létal, puisque le château est protégé par un sort qui empêche quiconque de mourir en son enceinte. Ce qui n’empêchera pas Byron, le plus jeune, d’essuyer une énième défaite face à son frère plus âgé. Toutefois, il complotera avec Lady Laerana pour se débarrasser enfin de son aîné, le successeur désigné au trône…

Cet épisode relève le niveau avec, au sein de la distribution, la présence anecdotique de Dominique Pinon ("Delicatessen", "La Cité des enfants perdus", "Humains") en convive du spectacle offert par les deux frères, celle de la jolie Frédérique Bel ("Les Dents de la nuit") formidable en courtisane et qui nous dévoilera même son anatomie pour notre plus grand plaisir, mais aussi celle de Karl E. Landler (mais si, Khondor de l’épisode antérieur !). Les combats à l’épée sont assez bien chorégraphiés, les personnages de méchants haïssables au possible (le frère aîné en tête) et la fin est vraiment très bonne car forcément elle n’est pas celle à laquelle on s’attendait !




Episode 6 : Retour à la réalité (Back to reality)

Dans une sorte de laboratoire clandestin tenu par Norman, un inquiétant médecin, différents personnages se laissent tenter par un simulateur d'un genre nouveau, afin de fuir leur quotidien plutôt accablant…

Dans cet ultime segment, on se retrouve dans une métropole contemporaine où Stanley, modeste employé de bureau proche du burn out, a opté pour des voyages dans une réalité virtuelle afin d’oublier le réel, par trop pesant. Mais à force de jouer avec le virtuel, la frontière entre la réalité et la fiction devient de plus en plus ténue et difficile à distinguer…

Ce dernier épisode assez complexe à suivre fait le lien avec le précédent avec Dominique Pinon, qui tient ici l'un des rôles principaux mais aussi avec l’épisode 4 de la saison 1, ce qui est plutôt bien vu et apporte de la nouveauté à la série. Côté casting, c’est l'acteur haïtien Jimmy Jean-Louis (vu dans les séries "Heroes" ou "Arrow"), qui tire son épingle du jeu de par son charisme, mais on remarquera également le retour de Lygie Duvivier, Grégory Basso et Guy Amram qui apparaissaient également dans la précédente saison. Influencé par "Total recall", « Retour à la réalité » s’avère être un très bon divertissement d’une vingtaine de minutes dans lequel le rythme ne baisse jamais et où les effets de miroir entre ce qui est vrai et virtuel sont vraiment bien gérés et apportent vraiment quelque chose au récit. De plus, la fin est vraiment pas mal du tout !



Pour les détracteurs de la première saison il n’y aura pas assez de changements significatifs dans celle-ci et après l’épisode introductif de « L’endomorphe », il faut vraiment attendre les deux derniers segments pour se régaler. En revanche, pour tous les fans de la saison précédente, les effets numériques et les décors utilisés sont, dans l'ensemble, très réussis, et l’on comprend facilement pourquoi la série se vend aussi bien à l’étranger et qu’elle soit tournée en anglais et en français. Il n’y a qu’à voir le casting international pour se rendre compte de son aura ! Par ailleurs, le concept des passerelles entre les différents segments avec des personnages qui interviennent sur des épisodes distincts est vraiment bien trouvé et pourrait, à terme, réveiller l’intérêt des spectateurs. Comme pour la saison 1, le résultat peut en laisser certains perplexes, mais quand on voit l’énergie déployée par Guillaume Lubrano pour porter son projet à bout de bras, on ne peut être qu’admiratif. Alors respect camarade !




Liste des épisodes de la Saison 2 en Blu-Ray :
1. Endomorphe
2. Whisky
3. Seconde chance
4. Le dernier Khondor
5. Le second fils
6. Retour à la réalité


4/6 - Vincent Duménil



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