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Hound Of Hell, le gardien des Enfers, nous narre trois histoires horrifiques se déroulant dans des ghettos où pullulent drogues, flingues, culture hip-hop et racailles. Un milieu où ce dernier a vécu jadis, alors qu’il s’appelait encore Devon, avant que le malheureux tue par accident sa petite sœur. C’est à ce moment qu’il fit la rencontre du gardien des Enfers qui lui proposa alors un marché : donner sa vie au service des Enfers et voir en contrepartie sa sœur revenir à la vie. Un marché que ce dernier accepta : à présent Devon suit de près ce qui se passe dans les ghettos, surveille les gens mauvais qui finiront probablement en Enfer et n’hésite pas à intervenir auprès des humains pour rétablir parfois certains équilibres et tenter de rendre justice à sa façon…



De la carrière de Stacy Title, on retiendra surtout "l’ultime souper", Grand Prix du Festival du Film Policier de Cognac en 1996. Une réalisatrice à la filmographie loin d’être exceptionnelle mais qui, étrangement, croisera (on ne sait comment) le chemin de Snoop Dogg, le fameux rappeur que l’on appelait dans ses débuts Snoop Doggy Dogg et qui fut longtemps le protégé du producteur Dr Dre. Egalement acteur ("the wash", "training day", "hot boyz"…), nous connaissons plus particulièrement Snoop Dogg en France dans le film "bones" dans lequel il incarne le rôle principal. Une incursion dans le paysage fantastique qui ne fera cependant pas des étincelles, loin de là…

C’est donc avec "hood of horror" que nous retrouvons notre vilain cabot rappeur, cette fois-ci en tant qu’acteur et producteur exécutif. D’ailleurs, ne cherchons pas trop la patte de Stacy Litle dans ce film : tout semble en effet avoir été revisité à la « Snoop Doggy Style ». Alors, si les films mêlant ghetto, hip-hop, gangsta et sexe ne vous dérangent pas ou vous intriguent, essayez pourquoi pas ce "hood of horror". D’autant plus que ce dernier, en plus de paraitre très gangsta dans son approche, se plait à combiner humour et gore.



"Hood of horror" est un film à sketches se déclinant en cinq parties. La première est une introduction sous forme d’animation nous expliquant comment Devon est devenu le gardien des Enfers. Puis viennent les trois sketches à proprement parlés et enfin une dernière partie qui s’avère être en fait une sorte de conclusion/résumé de ce qui nous a été présenté dans les trois histoires précédentes, le tout narré sous forme de texte rap dont les lyrics sont signées bien-entendu Snoop Dogg (ce dernier s’accaparant d’ailleurs la dernière partie dans laquelle il est omniprésent : image et musique).

"Hood of horror" est l’occasion d’ailleurs de voir certaines têtes bien connues dans le cinéma fantastique comme celle de Danny Trejo (la saga des "machete", "une nuit en enfer", "the devil’s rejects", "predators"…), Daniella Alonso ("la colline a des yeux 2", "détour mortel 2"…) ou encore Ernie Hudson (sa saga des "S.O.S. fantômes", "leviathan", "the crow"…).
Un plus non négligeable pour cette petite série B dont nous allons analyser brièvement le contenu à présent.



Passée une introduction animée certes pas déplaisante mais au final assez longue et n’apportant que très peu à "hood of horror" (dont l’objectif est de nous raconter, ne l’oublions pas, des histoires « horrifiques » se déroulant dans le ghetto), nous arrivons donc à la première histoire, « crossed out ». Nous suivons dans ce premier segment une jeune femme qui décide de se venger de la vermine qui pullule dans les quartiers suite au meurtre de sa mère. Cette dernière reçoit de la part du gardien des Enfers le pouvoir de tuer des racailles de manière très brutale et sanglante simplement en barrant leur blaze (pseudo) tagué sur les murs du ghetto.
Une mise en bouche réussie ici, mêlant habilement univers gangsta et sorcellerie/vaudou, nous gratifiant de scènes de mise à mort bien gores et teintées d’humour (cou arraché par le fil du téléphone, bouteille et bombe de peinture enfoncées dans le crâne, sexe mutilé) même si parfois les effets spéciaux sont perfectibles et les dialogues souvent bien niais (le principal est que la sauce prenne et que l’on s’amuse face à ce film au second degré bien assumé).

La seconde histoire quant à elle s’intitule « the scumlord » et s’avère la plus réussie. Nous suivons un jeune trou du cul texan, raciste et insolent, qui apprend par un notaire qu’il ne pourra toucher l’héritage de son défunt soldat de père que s’il accepte de vivre un an avec ses anciens camarades combattants, aujourd’hui retraités et vivant dans une petite maison en plein ghetto. Une confrontation qui en dit lourd entre un petit con n’ayant jamais rien fait de ses dix doigts et un quatuor de retraités qui ne vont pas se laisser marcher sur les pieds! L’humour a toujours sa place et s’avère bien plus prononcé que dans le segment précédent, même remarque pour le côté sexe/sexy de certaines situations, et les effets gores sont toujours aussi sympathiques (un ventre qui explose et envoie des gerbes de nourriture et de sang sur les murs, un chien qui éclate sous le tir d’un gun…).

Nous finirons "hood of horror" par une troisième histoire, « rapsody askew », nous narrant la vie d’un jeune de banlieue devenu précipitamment un rappeur à succès mais qui est également fortement impliqué dans un homicide. Un segment quelque peu décevant et souffrant indéniablement de la comparaison avec les deux sketches précédents. Trop simpliste dans son scénario, peu gore (on appréciera cependant le maquillage de la victime) et ne laissant quasi pu la place à l’humour, nous ressentons cette étrange sensation d’être devant un "8 miles" ou autre biographie de rappeur avec tout ce qui va avec (célébrité, déboires, tromperie, désir de vengeance, guns…). Un petit faux pas donc…



Bien plus séduisant que "bones", le film à sketches fantastiques "hood of horror" ne parvient cependant pas à la cheville des fiers représentants de ce sous-genre horrifique (on pense inévitablement à "creepshow" et "les contes de la crypte" mais également à "3 extrêmes", "the theatre bizarre", "la quatrième dimension"…), sans pour autant tomber dans le mauvais voire l’inexcusable ("tomb of terror", "horrific", "contes macabres" ou encore "histoires d’outre-tombe").

Non, le film de Stacy Title se classe volontiers dans le milieu du panier de ce sous-genre (avec des "V/H/S", "body bags", "darkside les contes de la nuit noire", "little deaths", "3 histoires de l’au-delà", "ABC of death", "deux yeux maléfiques", "tears of Kali" et j’en passe).
Car même si le film prêche par moments en raison de jeux d’acteurs parfois risibles (sans oublier un Snoop Dogg parfois ridicule et bien trop présent à mon goût bien que cela soit l’un des « charmes » du film…), d’effets spéciaux plus qu’approximatifs par moments ou encore d’un dernier sketch de bien moins bonne facture que les deux premiers, il faut tout de même admettre que ce "hood of horror" tient ses promesses et nous livre un film à sketches fantastiques teinté d’humour, de sexe, d’hémoglobine, et surtout de culture hip-hop et gangsta. Bref, les ingrédients auxquels nous nous attendions en fourrant le laser disc dans notre lecteur.








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