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Alors que sa femme venait de décéder en mettant au monde leur enfant, un petit être horriblement laid, un homme décide d’abandonner son bébé devant une maison de retraite de La Nouvelle Orléans. Ce dernier est alors recueilli par les dirigeants de l’établissement et lui donnent le nom de Benjamin. Mais d’après le médecin, ce bébé est né dans le corps d’un homme de 80 ans! Un mystère absolu pour ses parents adoptifs qui vont alors l’élever au sein de cette grande famille que forment les résidents de la maison de retraite. Chose stupéfiante, plus les années passent et plus Benjamin grandit certes par la taille, mais rajeunit!



Alors que successivement Spike Jonze ("dans la peau de John Malkovich") puis Ron Howard ("willow", "cocoon", "backdraft", "Apollo 13", "Da Vinci Code"…) étaient pressentis pour adapter la nouvelle de F. Scott Fitzgerald, ce fut finalement ce cher David Fincher ("alien 3", "seven", "fight club", "panic room"…) qui se chargea de réaliser "the curious case of Benjamin Button".

Un projet qui donnait envie à de nombreux producteurs depuis des décennies mais qui, faute de technologie suffisante (et peut-être également de budget pour certains), fut laissé de côté durant tout ce temps.
Car réaliser un long-métrage tel que "l’étrange histoire de Benjamin Button" a de quoi mettre les nerfs des membres de l’équipe du film à rude épreuve. Un budget de 150 millions de dollars, des effets spéciaux et maquillages longs et difficiles, des décors et des costumes par centaines, un tournage de 150 jours… Un défi de taille que David Fincher décide de relever et réussit finalement haut la main : "l’étrange histoire de Benjamin Button" s’avère être une fantastique aventure humaine, un film mémorable et ô combien passionnant.



Certain(e)s trouveront dans la narration de "l’étrange histoire de Benjamin Button" des airs de ressemblance avec des films tels que "Forrest Gump" ou encore "Titanic". En effet, nous sommes à nouveau ici plongés dans une longue histoire (2h40 environ) qui a été vécue en partie par l’un des personnages sur qui s’ouvre le film, il y a de cela de nombreuses années. Tout comme dans les films cités ci-avant, nous aurons alors droit à des séquences tantôt drôles, tantôt émouvantes, mais surtout à une incroyable histoire qui nous captivera du début à la fin.

Car bien que le film de David Fincher atteigne les 2h30 et des poussières, il faut bien reconnaître que ce dernier n’ennuie à aucun moment. L’originalité du scénario, le fil conducteur de cette intrigue dirons-nous (cette étrangeté qu’est le fait de naître vieux et de rajeunir jusqu’à devenir un bébé), est telle qu’il est difficile de ne pas s’intéresser un minimum à cet homme qui vit sa vie dans le sens inverse de ses semblables. Une particularité qui pousse forcément le public à s’interroger sur les impacts que cela va avoir sur sa propre existence, à réfléchir sur les obstacles qui vont alors se dresser face à lui, que ce soit dans sa vie familiale, amoureuse ou même professionnelle.

Alors certes, on pourra peut-être reprocher par moments une ou deux longueurs dans le film de David Fincher (on pense notamment à cette scène faisant penser à une parade nuptiale durant laquelle Daisy danse devant les yeux écarquillés de Benjamin) mais en aucun cas ces dernières viendront gêner le bon déroulement de l’intrigue. A la manière d’un "big fish", cette longue histoire est en effet suffisamment rythmée par de nombreuses péripéties et ponctuée par des évènements plus ou moins attendus (la seconde guerre mondiale qui éclate, le départ de Benjamin de la maison de retraite, les surprises et les déceptions qui s’enchaînent, l’apparition de nouveaux personnages et à l’inverse les décès ou les départs d’autres…) que l’on ne voit pas le temps défiler.



Il est également intéressant de noter que regarder "l’étrange histoire de Benjamin Button", c’est passer par de nombreuses émotions différentes les unes des autres. Drôle par moments, triste et émouvant bien souvent, le film de David Fincher parvient à nous faire changer d’humeur en l’espace parfois de quelques minutes seulement.

D’ailleurs, le casting est l’une des grandes forces du film. Mené tambours battants par un Brad Pitt (dont c’est ici la troisième collaboration avec David Fincher, après "seven" et "fight club") et une Cate Blanchett ("Elizabeth" ou encore l’elfe Galadriel dans les sagas "le seigneur des anneaux" et "le hobbit") en grande forme, très émouvants par moments dans leurs rôle respectifs de Benjamin Button et Daisy, le casting du film s’avère de très bonne facture et séduira sans problème son public.

Le visuel est également l’une des autres grandes qualités de "l’étrange histoire de Benjamin Button". Rien n’est en effet laissé au hasard dans cette bien belle production : outre des maquillages de grande précision pour rajeunir d’une part Benjamin (d’ailleurs, les maquillages parfois ne suffisent pas : neuf personnes se sont relayés, dont Brad Pitt, pour incarner le héros de notre histoire) et vieillir d’autre part son entourage, ce sont également des paysages divers et variés (de la Nouvelle Orléans, terre natale de Benjamin, à l’Asie, terres de passages de notre sympathique américain, en passant par New York et ses spectacles nocturnes, les mers agitées de l’hémisphère nord où sous-marins et bateaux combattent lors de la Seconde Guerre Mondiale, les nombreux bars, ports et hôtels que fréquentent Benjamin et ses collègues marins…) qui s’offrent à nous dans le film de David Fincher. Le tout avec un souci du détail non négligeable dans les décors, costumes et autres voitures pour nous rappeler que nous avançons au fil des années, de 1918 à 2003 tout de même! Bluffant.



"L’étrange histoire de Benjamin Button" s’avère être une très bonne surprise, une nouvelle réussite pour le réalisateur David Fincher qui signe là une œuvre originale, touchante et mémorable.