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David, un soldat américain de retour d'Irak, décide, afin d’oublier les atrocités de la guerre, de partir quelques temps en Europe de l’Est, dans une région de montagne. Il y fait alors la connaissance d’Angeline, une belle jeune fille qui, comme lui, est une passionnée de VTT. Cette dernière lui raconte alors une légende locale à propos de l'existence d'un camp nazi encore en activité dans la région. Leur rencontre avec des rednecks locaux qui les poursuivent n’est que le début de leur cauchemar puisque, perdus dans une forêt hostile pour éviter les autochtones malintentionnés à leurs égards, les jeunes gens se retrouvent séparés et David est alors piégé à l’intérieur d’un bunker mystérieux qui semble être encore habité par quelqu’un ou quelque chose…



Autant vous prévenir d’emblée, Shadow est un bon petit navet des familles réalisé par Federico Zampaglione, un curieux chanteur transalpin du groupe Tiromancino qui a décidé de se lancer dans le cinéma, un peu à l’image de l’américain Rob Zombie. Seulement voilà, n’est pas Rob Zombie qui veut. Ce petit budget horrifique italien d’un million d’euros, cumule les clichés inhérents au genre sans une once d’originalité et en plus, on s’embête royalement pour rester poli alors qu’il ne dure que la bagatelle d’une heure dix ! Mais pourquoi un tel carnage mes aïeux ?

Ça commence par l'aventurier américain, qui revient d'Irak à la recherche d’un trip "nature et VTT" afin de se ressourcer et d’oublier les conflits armés qui ne trouve rien de mieux que d’aller en Europe de l’Est. Car c’est vrai, aux Etats-Unis il n’y a pas de montagne, c’est bien connu ! Mais bon, passons ce léger détail. Il tombe ensuite sur une belle demoiselle en détresse qu'il défend contre deux gars du cru un peu cavaliers dirons-nous dans un premier temps et qu’il finit par retrouver dans sa tente dans un second temps, parce que la sienne s'est envolée à cause du vent. Si ça c’est pas bien fait quand même ! Au fur et à mesure de la progression du métrage, nos deux héros se font poursuivre par les deux lascars précédemment susmentionnés qui sont en fait des chasseurs un peu tarés. Bien évidemment, tout ce beau monde arrive sur des terres dont personnes n'est jamais revenu vivant. Ajoutez à cela un rôdeur déjanté et une légende sur un camp nazi sévissant encore dans cette contrée et vous aurez un énième survival marchant sur des sentiers déjà bien battus et rebattus ! Et tout ça sans climax véritable et autre ambiance oppressante, puisque Zampaglione enfile les clichés comme certain enfile les perles !



Oui, n’ayons pas peur de le dire, Shadow est affligeant au possible en nous recrachant sans vergogne ce que l’on a déjà vu un milliard de fois. Jugez plutôt : des personnages traqués, enlevés et torturés dans une antre mystérieuse (en fait un bunker) par un être malingre et pâle à l’apparence monstrueuse (en fait un ancien nazi n’ayant pas vu le soleil depuis des lustres) attaquant telle une ombre (et oui, celle du titre !), un héros courageux porté par l’amour pour sa belle qu’il a rencontrée deux jours auparavant, des pseudo durs à cuir devenant de vrai couards dès qu’il faut sauver ses miches mais qui finalement vont servir de chair à canon et un twist final tellement hallucinant (mais que le réalisateur a dû trouver génial) que ça en devient risible, parce que nous on a déjà vu "L’échelle de Jacob" ! Bref, du bon cliché prévisible brassant large et qui en plus se paie le luxe d’avoir un casting assez cheap. Les deux chasseurs dont on a oublié les noms jouent comme des patates alors que les acteurs incarnant nos deux héros, c’est à dire Jake Muxworthy ("Borderland" et quelques séries télé) et la française Karina Testa (vue dans "Frontière(s)" et le court-métrage "Paris of the Living Dead"), eh bien ils ont autant de charisme qu’un couple de moules, c’est tout dire !



Comme si tout ça ne suffisait pas, le film s’essaie forcément au torture porn (nazi faisant des expériences oblige) mais ne nous contente même pas en la matière. Je suis désolé les gars, mais un mec au dos grillé sur une table électrique et une paupière découpée ça ne nous satisfait pas nous, les esthètes « goreux » d’Horreur.com. Il nous faut plus de barbaques et tripailles à nous autres parce que le hors champ, avouons-le, ça va un temps mais pas tout le temps ! Et puis c’est quoi ces dialogues sérieusement ? La palme revenant au superbe : « Tu fais du vélo depuis longtemps ? », « 5 ans et toi ? », « Le vélo, c’est toute ma vie ! ». Génial non ? Si ça ce n’est pas de la bonne pub pour Décathlon avec des paysages de montagnes en arrière plan, moi je n’y comprends plus rien ! On n’oubliera pas non plus l’incohérence des scènes se succédant devant nos yeux ébahis. Que dire de la belle du début de film qui crie pas mal et qu’on ne reverra plus du tout par la suite, sauf à la fin ? Mais où était-elle passée entre temps ? Partie prendre des cours à l’Actor’s Studio ? Ah que dire de cette saynète bucolique où nos deux tourtereaux devisent de la beauté du panorama devant un paysage magnifique et ce, deux minutes après avoir été poursuivis pas des hommes armés encore à leurs trousses !

Reste le personnage du psychopathe nazi, un fanatique rescapé de la Seconde Guerre Mondiale. Si on n’est pas trop regardant, on dira qu’il est pas mal et représente assez bien l’image qu’on peut se faire des médecins fous d'Auschwitz. Le personnage est complètement déboussolé puisqu’il ne sait pas que l’Allemagne a perdu et semble toujours accroché fermement aux idéaux du IIIème Reich. Mais pourquoi diable le voit-on lécher un dos de batracien ? Pour montrer qu’il est bizarre ? Parce que c’est une grenouille dont le dos est garni de substances hallucinogènes ? On ne le saura jamais. Et c’est bien dommage, car franchement, c’était bien le truc le plus intéressant du film, si, si, je vous assure ! Car pour le reste, on s’ennuie ferme à attendre que les débats s’élèvent un tant soit peu mais c’était trop demander à un Zampaglione, qu’on espère meilleur chanteur et qui surtout croyait que sa fin était révolutionnaire et sauverait un métrage aux enjeux narratifs éculés, avec deux pauvres effets gore et surtout son casting ras des pâquerettes.



Ainsi, Shadow ne constitue même pas un petit survival modeste et sympathique car après des années de cinéma de genre de plus en plus glauque aux scénarios léchés, il en fallait bien plus que ce nanar en puissance pour surprendre les spectateurs trop habitués à ce type de scripts et surtout en mieux ! Non, Shadow est une méga purge, qui sans originalité aucune, raconte encore une histoire de chasse à l'homme dans la forêt avec un dingue qui y est planqué. Les clichés s’enchaînent alors par le biais d'une mise en scène absurde qui accumule les incohérences et les lieux communs. Tout est prévisible et la fin, franchement bâclée, vient porter l’estocade, car contrairement à ce qu’a dû en penser Zampaglione, elle n’est pas originale pour deux sous ! Moralité : si les chanteurs italiens faisaient d’aussi bons films qu’ils sont bons cuisiniers, on ne se serait pas emmerdé pendant plus d’une heure !









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