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Genre
survival horror

Systeme
PS4

Developpeur
Naughty Dog

Annee
2013

Votre note: -
Moyenne: 6
(2 votes)


Une pandémie a ravagé la Terre et la population a été quasiment anéantie. Les rares survivants doivent faire face à diverses menaces et notamment aux infectés dont la moindre morsure vous contamine. Dans ce monde de désolation, l'armée contrôle les zones de quarantaine de façon tyrannique. Un groupe de résistants se faisant appeler "les Lucioles" tentent de resister. Joel, qui a perdu sa fille il y a une vingtaine d'années de celà, se voit confier la mission de faire traverser les Etats-Unis à une jeune fille, Ellie, afin de la faire rejoindre un groupe de "Lucioles" caché dans un hôpital. La réussite de cette mission est capitale pour l'humanité car Ellie est une "porteuse saine" et grâce à elle, un antidote pourrait être conçu...




L'AVIS:

Peut-on éprouver des sensations émotionnelles intenses en jouant à un jeu vidéo ? Un jeu vidéo peut-il être plus puissant qu'un film au point de vue du ressenti ou de l'empathie envers les personnages ? Le studio Naughty Dog, célèbre pour l'excellente trilogie vidéo-ludique "Uncharted", dont le second volet reste un maître-étalon du genre, répond par l'affirmative à ces deux questions avec leur dernière création en date, "The Last of Us". Un titre déjà culte, récompensé dans le monde entier et qui mérite amplement les tonnes d'éloges qu’on lui attribue. Si l’histoire en elle-même nous fait penser à des films tels « 28 jours plus tard » ou à la série « The Walking Dead », « The Last of Us » nous propose bien plus encore et s’avère une fois l’aventure terminée un véritable chef-d’œuvre du genre.

Exit l’humour ravageur de Nathan Drake, exit les scènes d’actions ultra fun de la saga « Uncharted ». Naughty Dog change son fusil d’épaule et nous livre avec « The Last of Us » un jeu d’une maturité impressionnante, crépusculaire, intense et nihiliste au possible, qui tranche avec les jeux auxquels on est habitué à jouer. Point fort du titre, les personnages principaux. On incarne dans 90% de l’aventure Joel, personnage charismatique dont la séquence d’introduction, qui parvient quasiment à nous tirer une larme, nous le fait prendre en empathie d’entrée de jeu. Fort d’un passé dramatique, sa relation avec Ellie, adolescente de quatorze ans infectée mais porteuse saine, va prendre une tournure des plus intenses au fur et à mesure de notre progression et nous offrir de nombreux moments de puissance émotionnelle jamais atteint dans un jeu vidéo. On vit réellement ce voyage post-apocalyptique avec ces deux personnages « digitaux » plus vrai que nature, qui vont en voir des vertes et des pas mûres.



Dans des paysages ravagés, nos deux héros vont en effet avoir à survivre car les menaces sont partout et prennent différentes formes. Les infectés premièrement sont présents sous trois variations différentes : les « coureurs », qui se mettent à vous attaquer dès qu’ils vous voient, les « stalkers » qui sont une forme de « coureurs » encore plus violente et les « claqueurs » qui eux, sont aveugles mais vous repèrent grâce au son. Ces derniers sont les plus affreux des infectés et la mort est assurée s’ils vous attrapent. Précisons que dans « The Last of Us », la technique dite « bourrinage » est souvent à exclure car face à une horde d’infectés de toutes sortes, vous ne ferez pas long feu. Surtout que niveau munitions, ce n’est pas la panacée et il vous faudra bien gérer vos stocks de balles ou de flèches. Bref, mieux vaut dans la majorité des cas user de la technique de l’infiltration et essayer de détourner l’attention des infectés pour pouvoir passer derrière eux sans faire de bruit et ne pas attirer leur attention. Ce qui nous vaut des séquences ultra stressantes qui va faire accélérer votre rythme cardiaque de façon exponentielle alors que vous êtes sagement assis dans votre fauteuil. On a arrive même à retenir notre propre souffle devant l’écran de peur qu’un infecté nous repère. C’est dire si l’immersion dans le jeu est totale et réussie à tous les niveaux.

Autre menace, qui renvoie à la série « The Walking Dead », les humains eux-mêmes bien sûr. Certains survivants sont devenus des « chasseurs » et les villes des zones de non-droits dans lesquelles nos confrères de même sang n’hésiteront pas à vous traquer et vous tuer. Sympa ! Les infectés ont au moins l’excuse de ne plus contrôler leurs faits et gestes. Comme quoi, le pire ennemi de l’homme est bien lui-même ! Les phases de combats entre les chasseurs et vous sont toutes aussi intensives que face aux infectés et parfois, l’affrontement n’est pas la meilleure option. Même si il est souvent inévitable.

Niveau armement, vous commencez l’aventure avec un simple pistolet et plus les niveaux avancent, plus vous trouvez de nouvelles armes, telles le fusil à lunettes, l’arc, le fusil à pompe et même un lance-flammes. Pour ravitailler tout ça, pas le choix : il faut explorer. C’est également l’une des phases de jeu les plu importantes dans « The Last of Us ». Parcourir la ville, pénétrer dans les maisons et bâtiments vides, pour espérer trouver des munitions ou divers objets permettant de créer des kits médicaux, des bombes à clous ou des fumigènes. Le tout dans de superbes décors fourmillant des détails, diversifiés et variés, qui parvenant totalement à nous mettre dans cette ambiance glauque, pessimiste et désespérée qui fait tout le sel de l’aventure. Bonne nouvelle au fait : Joel est pourvu d’une oreille très sensible et en appuyant vous le bouton R2, il peut « entendre » à travers les murs, les portes et deviner où se cachent infectés ou chasseurs, les « visualisant » à l’écran, ce qui est plutôt pratique pour savoir combien de menaces potentielles sont présentes dans les environs. Une aide non négligeable, qui sera désactivée si vous tenter le jeu en mode « réaliste », niveau le plus dur de « The Last of Us ».



Niveau violence, Naughty Dog n’y va pas par quatre chemins et on ne compte plus les effets gores disséminés dans tout le jeu. Impact de balles sanglantes, fracassage de crâne à la barre de fer ou à la batte de base-ball, surin enfoncé dans le cou ou dans les yeux sont les joyeusetés qui vous attendent et je ne parle pas des morts provoquées par les infectés, qui versent dans la barbarie la plus totale. « The Last of Us » n’est pas à mettre devant les yeux sensibles, c’est peu de le dire.

Le scénario est également à mettre en avant car c’est une véritable épopée dramatique qu’on va vivre, avec des événements marquants qui confèrent au jeu un intérêt constant et sans cesse renouvelé. Les cinématiques sont de toute beauté et nous donnent l’impression de visionner un vrai film de genre. D’ailleurs, jouer à « The Last of Us » procure bien plus de sensations au niveau émotionnel que la majorité des films de genre récents, qui ne peuvent décemment pas rivaliser avec l’expérience proposée par Naughty Dog. Le destin de Joel et Ellie marque durablement les esprits et on reste souvent pantois devant notre écran, chose qui ne m’était plus arrivé depuis belle lurette au cinéma à titre de comparaison.

Si on pouvait formuler un petit reproche au jeu, ce serait de nous laisser parfois chercher notre trajet durant de longues minutes, tournant en rond dans les fabuleux décors sans qu’aucune indication de lieu ou repère de direction ne viennent s’afficher à l’écran. Evidemment, cela renforce le côté réaliste de l’aventure mais pourra énerver les joueurs impatients. C’est un simple détail en comparaison de ce que le jeu nous procure comme plaisir. L’aventure de Joel et Ellie se terminera en un peu plus de 16/17h de jeu, et plus si vous chercher tous les items et autres artefacts cachés un peu partout. Un solo vraiment magistral donc, que tout fan de genre se doit de faire. A noter également qu'un mode multijoueur est présent, allongeant encore la durée de vie de ce titre phare.

La version PS4 a la bonne idée d’inclure le DLC « Left Behind », qui nous présente à la fois le passé d’Ellie avant qu’elle se fasse mordre et sa relation avec son amie Riley mais qui vient combler également un « trou narratif » de « The Last of Us ». Vous verrez, à un moment dans le jeu, il y a une grosse ellipse scénaristique et on se demande « mais qu’est-ce qui s’est passé entre-temps ? ». La réponse est donc dans « Left Behind » ! Sont vraiment forts chez Naughty Dog !

Bref, si vous n’avez jamais joué à « The Last of Us », que ce soit sur console old-gen ou next-gen, ruez-vous dessus. Un jeu de cette trempe, on n’en rencontre pas tous les jours !


6/6 - Stéphane Erbisti



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