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Deux tourtereaux roulent joyeusement sur la route pour aller pique-niquer dans les bois (surtout pour aller niquer en fait !). Bien sûr, leurs désirs amoureux les forcent à s'arrêter pour les assouvir. Evidemment, un maniaque à la tronçonneuse arrive et les tue brutalement. Puis on se retrouve ensuite dans un cadre universitaire où Erin, une jeune étudiante en psychologie, se désintéresse de la conférencière devisant sur un cannibale fou jamais retrouvé ayant occis des jeunes filles. Erin est alors convaincue de sécher les cours rébarbatifs par sa meilleure amie Julie et elles vont ainsi retrouver leurs petits amis, Danny et Chris. Les quatre lurons décident alors d'aller dans un club pour retrouver Tom, le dragueur du groupe, qui est sur le point de conquérir une nouvelle petite amie, la ravissante Maya. Nos six jeunes décident ainsi de passer un week-end de détente au bord d’un lac entouré de bois, loin de leur vie quotidienne. A eux le sexe dans les tentes, l’alcool, la drogue, le rock’n’roll et les feux de camp autour desquels on se raconte des histoires pour se faire peur. Mais leur périple forestier, a priori sans souci, va vite se transformer en séjour cauchemardesque pour leur survie avec l’intrusion d’un tueur psychopathe bien déterminé à tous les exterminer. Y survivront-ils ?



Généralement, les caractéristiques d'un film d'horreur réussi, et tout plus particulièrement celles d’un slasher aux forts relents de survival, résultent d’un bon mélange de meurtres sympas perpétrés avec des armes blanches ou autres sur des jeunes idiots à souhait, consommateurs de drogues et alcools de surcroît, de gore, de sexe et d’un croquemitaine masqué digne de ce nom. Malheureusement et au risque de vous décevoir, ce n’est pas du tout le cas dans Slasher de Frank W. Montag (réalisateur teuton coupable également de "Cannibal diner"), qui est pourtant représenté sur la jaquette du DVD comme un long-métrage sanglant avec au premier plan, une femme en tenue légère tenant une tronçonneuse, et en arrière plan, un ersatz de Jason Voorhees, le tout dans sa version « uncut » s’il vous plait !
Ici, les protagonistes masculins sont tous crétins au possible, que ce soit les jeunes allant camper (il faut d’ailleurs les voir faire leurs courses dans un supermarché pour tout de suite se faire un avis sur leur QI !) ou bien les « rednecks » habitant près du lac, consanguins, c’est hautement probable, interprétés par de mauvais acteurs, c’est certain ! Les filles, ayant moins de répliques, pour le coup, s’en sortent mieux ! Bref, que du débile en puissance allant servir de chair à pâté pour notre psychopathe des bois ! Jusque-là, tout est respecté, toutefois ça commence à se gâter dès lors que les meurtres filmés ne le sont pas jusqu’au bout des scènes ou bien lorsqu’ils sont hors plan ! Comment voulez-vous qu’on apprécie deux, trois effets gore sympathiques (comme le coiffage de cheveux à la brosse métallique ou encore le viol d'une jeune femme au poinçon !) s’ils ne sont pas « jusqu’auboutistes » voire mal cadrés et que le sang montré à l’écran est digne d’un étudiant en cinéma de première année, premier trimestre ! Tout le reste sera du même acabit : jamais un homicide ne sera dévoilé dans son intégralité avec force effusions de sang comme on les aime ! Pourtant, dans le genre « splatter movie », les teutons savent y faire ! Il n’y a qu’à se rappeler des "Nekromantik" et autres "Violent shit" pour s’en rendre compte ! Cela est d’autant plus frustrant qu’il s’agit-là de la version non-censurée ! On aurait donc échappé à pire ?



Côté sexe, en revanche, il y a quelques scènes sympas (attention, hein, je n’ai pas dit qu’elles étaient incroyables non plus !). Quand celles-ci ne sont pas suggérées (la fellation dans la voiture), on a le droit à des panoramiques de parties du corps de quelques actrices dans certaines positions (dont une levrette sous la tente) et qui enlèvent leur chemise dès qu’elles le peuvent, afin sans doute de donner aux téléspectateurs masculins l’envie de voir le métrage jusqu’à la fin. Ainsi, cet érotisme quasi permanent, est toujours une bonne plus-value surtout lorsque l'on à affaire à une série Z ultra fauchée comme c’est le cas ici !

Pour ce qui est du tueur en série, il faudra repasser. En effet, que peut-on attendre d'un film dont le croquemitaine est un mélange évident d’un Jason Voorhees aphasique et d’un Leatherface pataud ? Pas grand-chose en fait. Arborant un masque dérivé de celui de Michael Myers, notre serial killer est presque comique, tant il paraît gauche, notamment lors des scènes où il coupe des membres de manière aléatoire et surtout quand on s’aperçoit qu’il porte un t-shirt "Nekromantik" sous son tablier de boucher, waouh, super clin d’œil les gars ! Malgré une panoplie d’instruments intéressante (une tronçonneuse, une hache et autres armes blanches), notre tueur manque de charisme et d’un background suffisant pour faire de lui un personnage emblématique enthousiasmant. Tout juste apprendra-t-on qu’il a été brûlé à mort lors d’assassinats antérieurs et que depuis, il n’a pas été retrouvé. Tiens donc, cela ne vous rappelle rien ? Ben si, un truc que vous avez déjà lu dans l’introduction, mais chut !



A tous les clichés inhérents à ce type de productions de bas étage énumérés ci-avant, il faut ajouter : la famille de fermiers incestueux et lubriques, mais aussi lépreux (ça doit être la consanguinité !), l’absence de téléphones cellulaires et bien sûr la musique à base de synthétiseurs sans doute composée en 1980, d’un goût douteux. Mais le pire est à venir : le double twist final. Il est tellement ridicule mais imprévisible pour partie (car il n’y a aucun moyen de le voir venir), que c’est vraiment too much. Il ne fait pas beaucoup avancer les choses, sauf à compliquer un récit déjà désordonné, qui propose des choses ineptes comme des étudiants idiots qui se coursent dans un supermarché ou bien encore une sous-intrigue mettant en vedette une famille de « hillbillies » incestueux qui va littéralement nulle part, au lieu de se concentrer sur ce qui nous importe le plus : des meurtres bien gore !

Pourtant, ça ne commençait pas trop mal avec, au générique, des articles de presse, des photos de cadavres, des vêtements maculés de sang, d'inspiration très "Wrong Turn" tout de même. Puis ensuite c’est l’arrivée au camping après moult détours et la rencontre avec les fermiers locaux, le montage des tentes, la nuit qui tombe et le contage d'histoires pour se faire peur autour du feu de camp. La suite on la devine facilement : ils vont être tour à tour poursuivis, capturés, torturés pour certains et massacrés par notre tueur en série muet. On voit évidement que c'est du petit budget mais justement avec une équipe qui a envie de faire un film d'horreur, ça pouvait donner un truc d’enfer, et ça s’était déjà vu par le passé avec "Cold prey" ou bien "Laid to rest" et leurs suites. En tout cas pas ici, car c’est si mal fait que ça en devient choquant pour nos pauvres âmes de connaisseurs et nos yeux tant aguerris.



Ayant coûté la modique somme de 10 000 euros seulement, ce Slasher de 80 minutes (c’est déjà trop !) a donc du mal à s'élever au-dessus de ses origines de film à faible budget. Du coup, on a l’impression d’assister à un hommage aux slashers des années 80 avec sa musique pseudo électronique typique, ses personnages stéréotypés à mort et ses rebondissements de pacotille. Mais ce n’est même pas bien fait ! C’est sans imagination, mal écrit, mal filmé, les couleurs sont saturées (il n’y a qu’à voir le sang couleur myrtille !), il n’y a pas de suspense, le rythme est irrégulier, le méchant de service est tout sauf charismatique, la fin est complètement ratée et surtout il y a trop de retenue dans le gore. Si au moins le réalisateur s’était lâché ! Mais non, même pas ! Bref, c’est une véritable perte de temps indécente pour tous les fans de slashers qui se respectent. Allez donc revoir "Scream" qui lui, réinventait tous les codes de ce genre cinématographique pour notre plus grand plaisir !









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