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2045. Une nouvelle ère glaciaire a contraint les survivants à organiser une société sous terre : un réseau de colonies. Quand un avant-poste de rescapés, mené par Briggs, répond au signal de détresse de la colonie 5, une expédition spectaculaire au cœur de la neige commence afin de préserver l'humanité contre une menace encore plus sauvage que la nature. L’apocalypse n’est que le début…



Après avoir réalisé deux thrillers en 2004 et 2006, le réalisateur canadien Jeff Renfroe s’essaye au genre fantastique avec "Les sables de l’enfer", petit téléfilm pas désagréable qui met en scène une troupe de Marines dans le désert afghan en proie à une menace plus terrible que les talibans eux-mêmes : des sortes de serpents monstrueux qui se terrent dans les profondeurs ensablés, à la manière des monstres de "Tremors". Après quelques téléfilms et épisodes de séries télévisées, il revient au format long métrage avec "The Colony" en 2013, film beaucoup plus ambitieux et important, qui plonge son casting dans l’ère glaciaire et va lui faire affronter une menace bien pire que la neige et le froid.



Certes, "The Colony" ne prétend pas faire preuve d’une grande originalité dans les situations proposées. Le cadre même de l’histoire, une sorte de station enfouie sous la terre et un paysage enneigé, nous rappelle d’entrée de jeu le "The Thing" de John Carpenter. Les relations entre les personnages, la paranoïa qui s’empare de certains d’entre eux ou le désir de commander, de prendre l’ascendant sur les survivants, autant d’éléments qui lorgnent également vers ce classique de 1982 ou le plus récent "The Divide" de Xavier Gens. Phénomène cinématographique très à la mode actuellement, la peur de l’infection est également de rigueur dans le film de Jeff Renfroe, dans lequel les survivants ont une trouille bleue de toute personne qui se met à tousser, signifiant qu’elle peut avoir la grippe et donc contaminer l’ensemble de la station. Placement en quarantaine ou mise hors d’état de nuire sont donc à la clé pour enrayer tout départ d’épidémie. La première partie du film se concentre d’ailleurs sur ces éléments tout en nous présentant les principaux protagonistes de l’histoire, et même si Jeff Renfroe n’évite pas les clichés et le déjà-vu (la survie en milieu hostile, rationnement, tension interne…), l’ensemble est de bonne qualité, filmé avec une rigueur certaine et une envie de bien faire qui se ressent. Les effets-spéciaux et les images de synthèses sont d’un niveau très correct et permettent de nous immerger dans ce paysage désertique et enneigé de manière efficace. On a de plus la satisfaction de retrouver deux acteurs aux épaules solides et qui livrent ici une composition de qualité : Laurence Fishburne interprète le leader de la colonie avec son éternel charisme naturel quant Bill Paxton se montre bien plus froid et désagréable dans la peau du « bourreau » de la colonie, rôle ingrat qui lui fait endosser la responsabilité d’éradiquer les personnes infectées mais dont il semble prendre un plaisir malsain. Deux autres personnages auront leur importance également dans cette aventure : Sam, le vrai héros du film, interprété par Kevin Zegers, jeune homme simple et sensible qui va devoir apprendre rapidement à s’endurcir, et sa petite amie Kai, jouée par la ravissante Charlotte Sullivan. Les quatre acteurs semblent vraiment se donner à fond et prendre du plaisir devant la caméra, plaisir qui se communique à nous, spectateurs.



Si la première demi-heure laisse peu de place à l’action, préférant jouer sur l’aspect psychologique des différents personnages principaux, la suite va apporter plus de piment à l’histoire. Trois membres de la colonie, dont Laurence Fishburne et Kevin Zegers, vont devoir tenter une sortie pour essayer de rejoindre une autre colonie qui vient de lancer un signal de détresse. L’aventure s’anime et l’expédition n’est pas de tout repos, le froid et la neige n’aidant pas à avancer d’une manière sereine et efficace. L’arrivé à la colonie N°5 va alors faire bifurquer l’ambiance science-fictionnelle vers ce que les amateurs appellent le « film post-apocalyptique », la seule différence étant que le sable et le soleil ont fait ici place à la neige et à la glace. Tout ce qui fait le charme des films « post-apo » est bien présent ici et notamment l’élément numéro un : les hordes de barbares. Jeff Renfroe et ses scénaristes nous offrent une bande de tarés cannibales qui vont mener la vie dure à nos trois explorateurs, nantie d’un leader impressionnant et sans pitié. Encore une fois, l’originalité n’est pas de mise ici, on pense pêle-mêle à des titres comme "2019 après la chute de New-York", "Les nouveaux barbares" ou plus récemment "Doomsday" et même à "30 jours de nuit" ! Qu’importe ! Le spectacle est au rendez-vous, le suspense et l’horreur graphique font leur apparition, les explosions et autres courses-poursuites s’enchainent, la violence se fait plus rude, plus bestial et on passera sur quelques approximations ou incohérences (le dynamitage du pont, pas très crédible ou le fait que la horde de cannibales soit parvenue à rejoindre le reste de la colonie après l’explosion du pont justement…) pour se laisser emporter par le dynamisme de l’entreprise.



Avec son budget approximatif de 16,000,000$, "The Colony" s’en sort donc avec les honneurs et propose un divertissement entrainant, jamais ennuyeux. Ce n’est pas un film révolutionnaire dans ce qu’il propose, ni même très original comme on l’a vu puisqu’il recycle des thèmes et des idées déjà vus dans de nombreux autres films de ce type. Mais la qualité du casting, la mise en scène énergique et les codes du film « post-apo » appliqués à la lettre en font un divertissement sympathique, loin d’être désagréable, bien au contraire. Les amateurs de ce type de S-F se laisseront divertir assurément, chose que "The Colony" parvient plutôt bien à faire !


Disponible en DVD et BR chez Wild Side






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Bof, bof


2.04

Eh bien je préfère "The divide" ou encore "Tooth and nail", dont il se rapprocherait plus. C'est creux, lent à démarrer et au final, il ne se passe pas grand chose dans ce petit film qui marche sur des sentiers archi balisés, dommage...